dimanche 4 novembre 2012

Journal du 4 novembre 1889

Non, décidément, Barrès se retient trop. Il sera malade quelque jour. Sa sincérité contenue fera péter sa peau. Il mourra d'une conviction rentrée, étouffera de civilisation comme d'autres d'un manque d'air. Des sensations courtes rendues par des phrases brèves.
Est-ce neuf, ce qu'il dit? Il dore la tranche des manuels classiques.  Quand on a dit: "Il n'y a rien", une fois, une seule, n'est-ce pas suffisant? Restent les apparences, les belles et variées apparences qui composent un Univers bien assez réel pour notre petite vie jusqu'à notre petite et proche mort.
Barrès, mon ami, déboutonnez-vous: vous sentez le concentré. On étouffe chez vous. Aérez!

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