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lundi 9 février 2015

Actualité littéraire

Pierre Louÿs-Georges Louis, Correspondance croisée 1890-1917. Édition établie et annotée par Gordon Millan Préface de Dimitri Stolypine. Tome I 1890-1898.
Pierre Louÿs a entretenu des correspondances avec de nombreuses personnalités des lettres et des arts. Au fil des années, ces correspondances ont commencé à voir le jour: celles publiées récemment avec Paul Valéry, André Gide, et son beau-père José-Maria de Heredia complètent d’autres déjà connues avec Claude Debussy, Frédéric Lachèvre, Jean de Tinan, Curnonsky, etc. 
Aucune de ces correspondances, pour intéressantes qu’elles soient, n’égale en valeur tant par son contenu que par sa régularité celle que Pierre Louÿs entretint presque chaque jour et parfois plusieurs fois par jour pendant plus d’un quart de siècle avec son demi-frère, Georges Louis.
Après la dispersion des papiers de Louÿs, on a longtemps cru cette correspondance irrémédiablement perdue. Il n’en est rien. Réunie aujourd’hui après quarante années de recherches, cette correspondance croisée nous permet de suivre un dialogue passionnant entre un écrivain qui vivait au coeur des cercles littéraires et artistiques de Paris et un grand fonctionnaire de l’État qui occupa au Caire, à Paris et enfin à Saint-Pétersbourg les postes diplomatiques les plus importants de son époque. 
Témoignage sur une exceptionnelle relation affective, ces lettres nous fournissent d’intéressants commentaires sur les amitiés littéraires et artistiques de Louÿs avec Mallarmé, Heredia, Régnier, Gide, Valéry, Debussy, Oscar Wilde, pour ne citer qu’eux. 
Pour leur part, les lettres de Georges Louis, subtilement nuancées, pleines de conseils et d’encouragements et, le cas échéant, de critiques parfois brutales, donnent à cet échange épistolaire une importante dimension historique et politique. Les grands événements de la fin du XIXe siècle défilent devant nos yeux avec de savoureux commentaires souvent très informés: le scandale de Panama, le procès d’Oscar Wilde, l’affaire Dreyfus, Fachoda, la crise marocaine, la crise des Balkans et la catastrophique Première Guerre mondiale.
(Éditions Honoré Champion, janvier 2015, 656 p.)

jeudi 5 février 2015

Jules Renard vu par Pierre Louÿs

Tamaris, lundi 30 mai 1910
Ah! Avec quelle amertume j'ai lu depuis quinze jours tous les articles dithyrambiques qui sont faits sur Jules Renard ! "Il aimait la littérature. Il est mort pauvre. Il était célèbre et n'a jamais vendu sa plume. Quel exemple!" Ces journalistes me dégoûtent. Pensent-ils vraiment qu'il soit le seul? Ils vont lui donner une rue à Auteuil, une statue sur la place, et tout le reste; quand, de son vivant, personne dans l’État ni dans la presse ne s'occupait de savoir s'il était honnête écrivain et pauvre. On ne s'occupe des confrères que lorsqu'ils sont pourris. 
(Pierre Louÿs , Mille lettre inédites à Georges Louis, 1890-1917, Fayard, 2002.)

mardi 24 avril 2012

Actualité littéraire

Deux ouvrages viennent de paraître:
- Journal particulier 1935, de Paul Léautaud, édité et annoté par Édith Silve, Mercure de France, 2012, 346 pages.
"Les passionnés de Paul Léautaud connaissaient son existence et désespéraient de pouvoir le lire un jour. Le voici enfin, cinquante-six années après la mort de l'écrivain, apparu comme un miracle: Le Journal particulier, 1935 vient d'être publié chez l'éditeur historique de Léautaud, le Mercure de France, maison pour laquelle il travailla durant plus de trois décennies."
- Pierre Louÿs/ Henri de Régnier, Correspondance 1890-1913, Bartillat, 2012, 404 pages.
 "Le point commun de ces deux amis, outre leur passion immodérée pour la poésie, est d'avoir aimé la même femme: la sublimissime Marie une des filles du poète parnassien José-Maria de Hérédia, qui avait publié sous le nom de Gérard d'Houville. Régnier l'avait épousée, Louÿs fut son amant officiel et le père de son enfant avant de convoler avec l'autre fille de Hérédia."
(Le Figaro littéraire, jeudi 19 avril 2012).

Addendum
"Paul Léautaud a 64 ans et il bande comme un bouc. Même au Bon Marché! Le contact des étoffes suffit à muscler son entrejambe. Il se juge d'une "jeunesse extraordinaire". Surtout quand, chez lui, à Fontenay-aux-Roses, ou chez elle, à Paris, il contemple Marie Dormoy, nue, "un vrai Renoir"... Le Journal particulier de l'année 1935, resté jusqu'à présent inédit, confirme qu'au déduit il est resté gaillard et que Marie Dormoy continue de l'inspirer."
(Bernard Pivot, Léautaud misanthrope érotomane, le Journal du dimanche, 22 avril 2012).