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jeudi 28 juin 2012

B. de Nadaillac, maire de Chitry, écrit à M. Toesca

Document inédit.
16 rue Dupont-des-Loges (7e)                          20 février 1977
Monsieur,
Le beau livre sur Jules Renard que vous avez eu l'amabilité de m'envoyer m'a passionné.
Je connaissais, au fond, bien mal l'homme dont j'ai l'honneur d'être le lointain successeur à la mairie de Chitry. L'incompréhension totale entre lui et mes grands-parents, et pas plus d'un côté que de l'autre on n'aurait imaginé faire un geste de rapprochement. Aussi, dans mon enfance, n'ai-je guère entendu parler de lui.
J'admire l'impartialité du jugement que vous portez sur lui. Après vous avoir lu, l'explication de son caractère, à la fois antipathique et attachant, apparait toute simple: blessé par la dureté de sa mère, il prend en haine tout ce à quoi elle attache de l'importance. (Et je vous sais gré de n'avoir fait, malgré la mode actuelle, qu'une allusion passagère à Freud sur ce point).
Sur sa vie conjugale irréprochable vous avez une phrase parfaitement juste, mais, au fond, accablante: il lui aura manqué d'aimer de cet amour merveilleux.
Et vous le ramenez à ce qu'il était uniquement: un homme de lettres à l'état pur, pour qui le talent et, surtout, les succès littéraires étaient les seules chose qui puissent compter.
En vous redisant combien nous avons pris plaisir à vous lire, je veux vous dire combien ma femme  et moi serions heureux de vous accueillir, moins brièvement que la première fois, si une occasion vous ramène, ainsi que Madame Toesca à Chitry.
B. de Nadaillac
(Fond Maurice Toesca, IMEC)

samedi 19 mai 2012

Chitry-les-Mines

Lettre de François Renard (père de J.R.), maire de Chitry, au sous-préfet de Clamecy
(Le Conseil municipal vient de supprimer l'allocation de 200 fr. versée au curé de Chitry) 
2 juillet 1892
D'abord la commune de Chitry est aussi pauvre que possible, de plus M. le curé dessert actuellement la commune de Pazy en même temps que celle de Chitry, ce qui lui procure des ressources plus que suffisantes. 
À la suite  de cette décision du conseil municipal, M. le curé m'a fait écrire par l'évêque; il a fait aussi colporter dans la commune une pétition ayant pour but d'inviter le Conseil à rétablir au budget de la commune la subvention supprimée; j'ajouterai même que le porteur de cette pétition menaçait ceux qui hésitaient à la signer. Le Conseil municipal n'a tenu aucun compte de la pétition qui d'ailleurs n'est pas l'expression de la vérité. 
Sur ces entrefaites, Madame la Comtesse de Nadaillac, qui depuis de longues années faisait distribuer du pain chaque semaine aux veuves pauvres de la commune, a supprimé radicalement cette distribution. J'estime, sans crainte de me tromper, que cette mesure a été inspirée à Madame de Nadaillac par M. le Curé.
(Source: Archives départementales de la Nièvre.)