Affichage des articles dont le libellé est Le Vigneron dans sa vigne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Vigneron dans sa vigne. Afficher tous les articles

lundi 16 décembre 2013

Le Vigneron dans sa vigne aux enchères

Lot 622 - Jules Renard - LE VIGNERON DANS SA VIGNE. PARIS, MERCURE DE FRANCE, 1894. IN-16. DEMI-MAROQUIN VERT À COINS, DOS À NERFS ORNÉ D'UN DÉCOR DORÉ ET MOSAÏQUÉ, TÊTE DORÉE, COUVERTURE ET DOS, ÉTUI DOUBLÉ (P. L. MARTIN).                         Édition originale, tirée à un petit nombre d'exemplaires sur vergé. Avec un envoi autographe à Laurent Tailhade, signé de l'auteur, daté d'octobre 1894. 
Sont jointes, 2 cartes autographes signées d'Octave Mirbeau.
Estimation 700 - 900 €.
Sotheby's, 76 rue du Fg Saint-Honoré, Mercredi 18 décembre, 14 h.

jeudi 14 février 2013

Jules Renard vu par Han Ryner 1/3

 Sur Jules Renard et sur Vigny
Le premier livre important de Jules Renard, le premier de ceux dont les titres sont venus jusqu'à nous, est assurément l'Écornifleur. Il sera suivi du Vigneron dans sa vigne, des Histoires naturelles, du Plaisir de rompre, du Pain de ménage et, surtout, bien évidemment, de Poil de Carotte, publié respectivement en 1894, 1896, 1898, 1900 et 1894 pour Poil de Carotte roman et 1900 pour Poil de Carotte comédie. Mais c'est en février 1892 que paraît chez Ollendorf l'Écornifleur. Un centenaire donc. Et apparaissent pratiquement en même temps l'Écornifleur et le second enfant de Jules et de Marie Renard, la petite Julie Marie, dite Baïe, née le 22 mars 1892, et qui décèdera en 1945.
Tout le monde connait Jules Renard, et on peut avancer sans risque de se tromper que nul ne le connait vraiment tant sa personnalité est, plus que tout autre peut-être, bicéphale.
Tout d'abord, et je crois qu'on l'oublie trop souvent, Renard est mort jeune. À 46 ans (né le 22 février 1864, décédé le 22 mai 1910). comme Claude Tillier, 1801-1844, et on a souvent amorcé un parallèle Tillier-Renard. Comme Paul-Louis Courier, 1772-1825, ou encore Paul Verlaine, 1844-1896.
Très brièvement, les grandes dates de la vie de Renard sont le 28 avril 1888, son mariage avec Marie, dite Marinette, Morneau, 1871-1938; le 2 février 1889, naissance de leur fils Pierre-François, dit Fantec, qui décèdera en 1934; 22 mars 1892, naissance de Baie; 19 juin 1897, suicide de son père François Renard; 5 août 1909, noyade (suicide?) de sa mère, née Anne-Marie Colin (Mme Lepic).
On connaît bien les mots, parfois très durs, acides, de cet aigri et de ce déçu, et parfois, si tendrement bucoliques. Il définissait le papillon, ce petit châle pour les fleurs, "ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur".  Voici quelques-uns de ses aphorismes, quelques-unes de ses sublimes notations parmi tant d'autres: Il faut admirer une cérémonie religieuse si elle est belle, et non pas l'aimer ou la détester parce qu'elle est religieuse" (25 septembre 1908). "On ne s'habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il faudra nous habituer à la nôtre!" À propos de son Journal: "Des amis s'y reconnaîtront. Je pense avoir dit assez de mal d'eux pour les flatter". Et, qui n'est pas sans parenté avec la fraternelle poésie d’un Marcel Martinet ou d'une Sabine Sicaud: " Je sais déjà regarder les nuages qui passent. Je sais rester sur place. Et je sais presque me taire". Savoir regarder les nuages qui passent et savoir presque se taire, c'est déjà beaucoup plus que le commencement de la sagesse, mais cette sagesse là, combien de paysans l'ont acquise à leur naissance?
Suite demain.
(Han Ryner, Les Messages de Psychodore, n°53, novembre 1992)

mardi 25 septembre 2012

Jules Renard vu par René Boylesve 1/3

 L'art de jules Renard
Il faut, pour bien goûter Jules Renard, consentir à admettre une littérature qui est l’antipode de notre romantisme, une littérature sans geste, sans "drapés" et sans cris, où tout se passe à l'intérieur. Jules Renard dans ses plus fortes pages, est l'auteur le moins propre à piquer la curiosité superficielle  et le plus sûrement destiné à retenir l'intérêt profond et durable. Ce n'est que moelle. On peut dire aussi que c'est de la littérature "d'homme"; avant tout, point de mensonges et point de mollesse. Il a écrit lui-même dès ses débuts: "Et, surtout, il ne faut jamais tricher." C'est de la littérature de témoin, sous la foi du serment.
Jules Renard est surtout connu par Poil de Carotte, sorte de tragi-comédie où l'amertume et le rire sont si étroitement mêlés qu'elle étonne, comme une œuvre sans pareille; et par ses Histoires Naturelles qui, si je suis bien informé, sont apprises par cœur dans les écoles, avec les fables de La Fontaine. La profusion d'images d'éclatantes couleur - à mon gré, parfois trop satisfaites d'elles-mêmes - dont le style de ce dernier livre est tout entier composé a procuré un si vif agrément chez les lecteurs de tout âge et de toute condition qu'une renommée quasi populaire a salué Jules Renard comme un de nos plus brillants humoristes. Quoique ce titre n'ait rien qui dépare, il ne semble pas juste dans le cas présent, et il offre le danger d’exalter les paillettes d'un très riche talent au détriment de l'âpre génie du poète qui a écrit le Vigneron dans sa vigne, les Bucoliques et Ragotte.
Suite demain.
(René Boylesve, Les Annales politiques et littéraires, 29 mai 1910)

dimanche 10 juin 2012

Jules Renard vu par le docteur Renault

Extrait d'une lettre où le docteur Renault
répond au docteur Tixier, et proteste contre le "paysan parvenu" qu'aurait été Renard, selon Rachilde.
"Renard n'avait rien d'un paysan, ni rien d'un parvenu... C'était un grand anxieux, toujours malheureux, difficile pour lui-même, très indulgent pour ses amis... Un de nos amis communs me disait que Renard n'avait pas compris sa mère très probablement parce qu'il lui ressemblait trop. 
Une de ses dernières lettres, où il reconnait lui-même son erreur d'appréciation, confirme à mes yeux cette opinion d'un condisciple de la pension Rigal, un peu plus jeune que nous.
Vous me dites que Vallette le considérait comme un richard-radin: il n'était ni l'un ni l'autre."
(Extrait publié par Léon Guichard, Dans la vigne de Jules Renard)

lundi 9 avril 2012

Noisettes creuses

J'essaie de fuir la vie et ses tracas, de me réfugier comme on dit, dans le rêve, et j'ai rêvé toute la nuit que je n'étais pas fichu de trouver mon chapeau.
(Jules Renard, Le vigneron dans sa vigne.)

vendredi 9 mars 2012

Jules Renard par lui-même 1/6

Nous allons reproduire sur plusieurs jours une interview épistolaire peu connue de Jules Renard, publiée dans le quotidien Le Matin du 28 août 1904.
Jules Renard d’hiver et Jules Renard d’été, jolie formule pour désigner celui chez qui un autre  voyait  « le côté de Chitry et le côté de Guitry », le paysan et le parisien.
Loin de l’interviewer, il s’épanche  avec ironie, toujours, mais  sans méchanceté, sans amertume. Son esprit vagabonde sur l’école, sur Dreyfus, les politiques et les poètes, sur Renan, le mercantilisme littéraire, les femmes-écrivains, l’Académie et la vie qui s’écoule paisiblement face à la vallée de l’Yonne et les collines du Morvan. Étrange sérénité alors que depuis plus d’un an, face à cette vallée et au pied de ces mêmes collines, il se livre à ce que Léon Guichard a appelé « La guerre au village », violente polémique, par journaux locaux interposés, avec ses détracteurs politiques. Toujours, Jules Renard nous surprendra.
(Voir : Association les amis de Jules Renard, volume 10, année 2009, « Jules Renard, l’apôtre de Chitry ».)
T.J.

AU PAYS DES LETTRES
M. JULES RENARD
LES DEUX JULES RENARD – GENS DE LETTRES, FAITES DE LA POLITIQUE – LE RENANISME DE RENAN - RACHILDE ET Mme de NOAILLES – DE L’UTILITE DE LA CRITIQUE LITTERAIRE – « POIL DE CAROTTE », MAIRE DE SON VILLAGE – L’ACADEMIE FRANCAISE EST UN BOUI-BOUI.

Il y a deux Jules Renard, le Jules Renard d’hiver et le Jules Renard d’été.
Le Jules Renard d’hiver est vêtu d’une douillette robe de chambre et tient à la main un porte-plume. Il est situé au deuxième étage d’une maison bourgeoise, rue du Rocher, à Paris, dans un cabinet de travail sobre de fanfreluches, et où je vois, entre autres, un subtil portrait dû au poète Henry Bataille. Quand un ami vient, le matin, vers dix heures, le maître de céans pose son porte-plume ; son visage sérieux et placide, ses yeux aigus d’analyste s’éclairent d’un sourire accueillant ; il parle littérature, journaux, théâtre, d’une voix posée, sans effets, sans phrases. Point d’énervements, un équilibre parfait. Et ses propos sont judicieux ; l’ami part, lesté d’un bon conseil…
C’est là, dans ce cabinet paisible, près de sa femme et de ses beaux enfants, que Jules Renard, avec une sûre et sagace lenteur, a écrit ses Sourires pincés, et le Vigneron dans sa vigne, et l’Écornifleur, et Monsieur Vernet, et les Histoires naturelles.
Réaliste probe et concis, il décrit l’âme des bêtes, et l’âme, moins souple, des gens. Il voit net et ne déforme pas. Il peint avec l’art méticuleux du miniaturiste. Son « écriture », nullement gênée par le goncourtisme, est d’une pureté classique et s’apparente aux meilleures pages de La Bruyère.
C’est là qu’il a conçu Pain de ménage et Plaisir de rompre, chefs-d’œuvre de railleuse sensibilité ; c’est là qu’est né Poil de Carotte, gosse amer, douloureux ironiste de quinze ans.
Le Jules Renard d’été est un homme d’action et un politique. Il est maire de son « patelin », Chitry-les-Mines, par Corbigny (Nièvre). Il tient le curé par un bouton de sa soutane et lui prouve qu’il a tort. Il s’arrête dans un champ et enseigne la République au cultivateur. Il lutte contre le presbytère et le château. Sa parole est simple et chaleureuse.
Cela ne l’empêche pas de jeter des escargots à ses poules, de sourire de son coq vernissé, de rêver, silencieux, parmi les familles d’arbres, escorté de Pointu, son chien, de jouir des tons fins du ciel et de l’eau, et peut-être bien de pêcher à la ligne…
Jules Renard m’a envoyé les notes suivantes, avec l’autorisation de les arranger. Je préfère vous les soumettre telles quelles, nature, de peur de les déranger. Vous goûterez mieux ainsi l’accent de sincérité de cette confession :
Louis Vauxcelles (Le Matin du 28 août 1904).
Suite demain.

dimanche 12 février 2012

Divorce

Le divorce serait inutile, si le jour du mariage, au lieu de mettre l'anneau au doigt de sa femme, on le lui passait dans le nez.
Jules Renard, Le Vigneron dans sa vigne.

vendredi 10 février 2012

Jules Renard vu par André Gide

Je ne crois pas avoir encore eu l'occasion de dire combien j'admire Jules Renard. Je l'admire comme s'il était mort, - tant je suis étonné qu'on écrive si bien aujourd'hui. Je le relis comme un classique. Peu m'importe si, dans le cours du livre, de ci de là je trouve quelques petits morceaux moins bons: La Fontaine a bien écrit aussi de mauvais contes; ils sont même plus fréquents que les bons. L'important c'est que les bons y soient. Honorine, Mademoiselle Olympe, Le Petit Bohémien, et combien d'autres! sont des chefs-d'oeuvres, - ou ce mot n'a pour moi plus de sens... Je crains d'exagérer, relis encore une fois ces pages, et pas plus qu'à ma première lecture, je ne trouve rien à reprendre, rien à vouloir de plus, rien à gratter. Et vive la littérature française.
André Gide, L'Ermitage, n°12, décembre 1901.
Nota: Honorine, Mademoiselle Olympe, Le Petit Bohémien, in le Vigneron dans sa vigne.

mardi 7 février 2012

Le bonheur

Si chacun de nous s'appliquait toute sa vie au bonheur de deux personnes, nous serions chacun deux fois plus heureux, c'est-à-dire une fois de trop.
Jules Renard, Le Vigneron dans sa vigne

dimanche 5 février 2012

Le vigneron dans sa vigne.

Êtes-vous comme moi? quand j'ai de petits ennuis avec une personne, je voudrais tout de suite la voir morte.
Jules Renard, Le vigneron dans sa vigne.