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dimanche 31 janvier 2016

Journal du 31 janvier 1895

Hier soir, entre Capus, Muhlfeld et moi, la conversation a roulé - au risque de les aplatir un peu - sur l'extraordinaire habileté marchande des P... et des V.. Ils offrent des volumes dédicacés même aux petites vendeuses des gares. Ils sont du dernier bien avec Achille. Ils font des voyages en Allemagne, en Angleterre, en Danemark même, pour surveiller la vente, etc. Et ils envoient aux critiques des exemplaires sur Vélin avec marge. 
Le mal, c'est qu'ils donnent aux éditeurs des habitudes d'indifférence. Confiant en son auteur, l'éditeur ne s'occupe plus de rien.

mardi 17 décembre 2013

Journal du 17 décembre 1899

Concours du Journal. Comme on discute, d'Esparbès, plus petit encore qu'il n'en a l'air, va dire à Mendès: "Il n'y a plus que vous qui ayez  le droit de parler." Mendès a un léger petit cri de protestation.
D'Esparbès fait la gaffe de me présenter à Judith Gautier. Oh! ce salut! Et, peu après, il lui communique ma liste en disant: "Cet homme-là a du goût. Vous n'avez qu'à copier."
Tous ces gens ne sont pas difficiles en esprit. Ils donnent un prix à une histoire d’œil de verre qui est la dernière imbécilité.
Claretie, ce lièvre furieux depuis les articles de Muhlfeld.
Vandal, tout de même étonné de mon arrogance, vient me serrer la main.
De Heredia, lourd, bon garçon et bègue, me demande si je suis content du concours.
Theuriet, et son air de vieux colonel bougon.
- Je n'ai peut-être qu'une qualité, dit Marni, mais je veux, en littérature, rester femme.
Chère femme!