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vendredi 23 août 2013
mardi 2 juillet 2013
Une rue de Paris au temps de Jules Renard 2/3
Bien distincts dans ce quartier si tranquille (où les bruits n'étaient plus un motif de tristesse pour Françoise et en étaient devenus un de douceur pour moi) m'arrivaient, chacun avec sa modulation différente, des récitatifs déclamés par ces gens du peuple, comme ils le seraient dans la musique, si populaire, de Boris, où une intonation initiale est à peine altérée par l'inflexion d'une note qui se penche sur une autre, musique de la foule qui est plutôt un langage qu'une musique. C'était: "Ah! le bigorneau, deux sous le bigorneau", qui faisait se précipiter vers les cornets où on vendait ses affreux petits coquillages, qui, s'il n'y avait pas eu Albertine, m'eussent répugné, non moins d'ailleurs que les escargots que j'entendais vendre à la même heure. Ici, c'était bien encore à la déclamation à peine lyrique de Moussorgsky que faisait penser le marchand, mais pas à elle seulement. Car après avoir presque "parlé ": "Les escargots, ils sont frais, ils sont beaux", c'était avec eux la tristesse et le vague de Maeterlinck, musicalement transposés par Debussy, que le marchand d'escargot, dans un de ces douloureux finales par où l'auteur de Pelléas s'apparente à Rameau ("si je dois être vaincue, est-ce à toi d'être mon vainqueur?"), ajoutait avec une chantante mélancolie: "On les vend six sous la douzaine..."
A suivre.
(Marcel Proust, La Prisonnière, Folio classique, p. 108)
A suivre.
(Marcel Proust, La Prisonnière, Folio classique, p. 108)
lundi 1 juillet 2013
Journal du 1er juillet 1906
Nevers. Émotion. Entrée au milieu des jardins. Le "tacot" devient tramway.
La musique le dimanche; un seul applaudissement.
Le proviseur, souvenirs sous les grands arbres du parc.
La pension Millet est encore là, sur ses pliants.
Cette cage et cet oiseau étaient là il y a vingt-cinq ans. Je vous jure que ce sont les mêmes. Mais comme la célébrité de Gresset est quelque chose d'injuste! Son perroquet idiot.
Les élèves sont les mêmes; un peu moins de sournoiserie, peut-être.
La Loire admirable. S'asseoir comme un duc sur un escabeau et regarder du haut de la tour.
Souvenirs. Les cordes des bains dans le fleuve. Mes impressions d'eau froide.
mardi 18 juin 2013
Journal du 18 juin 1894
Les fils télégraphiques rayaient la lune, comme une lune à Musique, au moment précis où, attendri, j'avais envie de chanter quelque chanson qui me serait venue au cœur.
mardi 19 mars 2013
Journal du 19 mars 1895
Chez Claudel, dîner et soirée fantomatiques. Sa sœur me dit:
- Vous me faites peur, monsieur Renard. vous me ridiculiserez dans un de vos livres.
Son visage poudré ne s'anime que par les yeux et la bouche. Quelquefois, il semble mort. elle hait la musique, le dit tout haut comme elle le pense, et son frère rage, le nez dans son assiette, et on sent ses mains se contracter de colère et ses jambes trembler sous la table.
Atelier traversé de poutres, avec des lanternes suspendues par des ficelles. Nous les allumons. Des portes d'armoires que Mlle Claudel a plaquées contre le mur. Des chandeliers où la bougie se plante sur une pointe de fer et qui peuvent servir de poignards, et des ébauches qui dorment sous leur linge. Et ce groupe de la valse où le couple semble vouloir se coucher et finir la danse par l'amour.
Je n'ai pas entendu un mot de ce que disait la mère. Et, pourtant, à chacune de nos paroles elle répondait, faisait sa petite réflexion pour elle seule, ou poussait un soupir.
jeudi 21 février 2013
Journal du 21 février 1901
M. Lepic. Sur ce, je résolus de me marier. Son attitude. Il se chauffe. Au morceau de musique, il dit: "Oui!" On n'entendit pas le mot "Assez!" mais on entendit qu'il le pensait.
- Puisque vous avez tout arrangé sans moi...
En 70, on l'accusait d'avoir correspondu avec Bismarck.
Je le vois avec les yeux de l'enfant, puis du jeune homme, puis de l'homme. Sa mort.
Ça m'amuserait, d'apprendre qu'il est cocu, que je ne suis pas son fils. Ça m'expliquerait bien des choses, mais il n'y a qu'à moi que ces choses n'arrivent pas.
Pour faire prospérer ma famille je n'aurai qu'à faire le contraire de tout ce que je vois.
Sa haine pour les curés.
Je tâche de les faire divorcer. Dialogue entre lui et moi dans l'écurie, mais Mme Lepic avait écouté à la porte.
Parfois, j'ai peur qu'il me donne une calotte ou me décharge son fusil en pleine figure.
samedi 16 février 2013
Jules Renard vu par Han Ryner 3/3
Sur Jules Renard et sur Vigny
Suite d'hier.
Il a été de son vivant, mis en musique par Maurice Ravel, été illustré par Pierre Bonnard, Henri de Toulouse-Lautrec et quelques autres, et son théâtre a été joué par Antoine, Marthe Brandès, Jeanne Chéreil, Suzanne Desprès (Mme Lugné-Poe), Firmin Gémier, Jeanne Granier, Lucien Guitry, Marthe Mellot, Henry Meyer, Cécile Sorel, et autres Signoret. De son vivant! Et cet ex-Carolingien (Ernest Raynaud était son condisciple au lycée Charlemagne où Renard, externe libre, a suivi les cours de réthorique) a connu aussi bien Jean Jaurès que Sarah Bernhardt. Le nom de tous ses interprètes, et celui de Danièle Davyle (Mme de Saint-Hilaire), la première a avoir lu des textes du futur auteur du Plaisir de rompre, ne sont assurément pas tous passés à la postérité, mais tout de même, Antoine, Desprès, Gémier, Guitry ou Sorel, cela n'en constitue pas moins une belle carte de visite.
Mais Jules Renard était né pour être aigri et il semble dans la logique des choses que son Journal soit, en bien des passages, aussi grinçant que Mes poisons de Sainte-Beuve. À ce sujet, Maurice Toesca, qui après les biographies de Jean Paulhan, George Sand, Alphonse de Lamartine, Alfred de Musset, et Alfred de Vigny, a publié chez Albin Michel un Jules Renard en 1977, écrit justement: "Dommage que Jules Renard n'ait pu prendre connaissance des Carnets de Sainte-Beuve! Il y aurait lu cette réflexion qui s'applique à tous les hommes de lettres de tous les temps: les littérateurs français font aujourd'hui avec leur esprit ce qu'autrefois les gentilshommes français faisaient avec dans les duels avec leur épée: il s'entre-tuent". Cependant ajoute Toesca, "Jules Renard n'est pas Sainte-Beuve, et c'est à son éloge: il ne blesse pas pour le plaisir de blesser; il n'y a pas de parti une fois pour toutes pris, comme Sainte-Beuve à l'endroit de Vigny par exemple". Que Maurice Toesca ne tienne pas Sainte-Beuve en très haute estime, nous le savions depuis quelques lustres déjà. Il a raison lorsqu'il déplore que Renard n'ait pas pu prendre connaissance des Poissons beuviens. Il s'en serait assurément délectés, en disciple qui s'ignorait. Je suis moins sûr que Toesca que son modèle ne blesse jamais pour le plaisir de blesser. Quitte à s'en repentir. Sainte-Beuve il est vrai ne se repentait pas du fiel qu'il dispensait[...]
(L'article se poursuit sur Vigny.)
(L'article se poursuit sur Vigny.)
(Han Ryner, Les Messages de Psychodore, n°53, novembre 1992)
mercredi 21 novembre 2012
Jules Renard vu par Franc-Nohain 1/3
Suite d'hier.
Une heure avec Franc-Nohain.
Le journaliste - Comme Jules Renard, Franc-Nohain est nivernais. Les deux écrivains furent très liés. La politique un jour les sépara car tous les deux firent de la politique. Pas la même, naturellement.
Franc-Nohain - - Jules Renard était fermé à tout ce qui n'était pas la littérature. Il était le vrai type de l'homme de lettres. Peinture et musique n'existaient pas pour lui. N'allez pas vous imaginer qu'il eut l’esprit étroit et incapable de comprendre les arts qu'il ne pratiquait point. Il n'avait pas le temps, tout simplement. Il ne se reconnaissait pas le droit de voler du temps à son œuvre. Quand on travaille pour l'éternité, il faut avoir le courage de choisir et de suivre la voie étroite. Renard avait eu l'atroce courage de se limiter pour s'approfondir. il voulait être un maître. Il le serait devenu. Quel dommage qu'il soit mort si jeune! Il aurait aujourd’hui une situation considérable et il en serait bien heureux.
Quand il nous a été enlevé, il arrivait à la pleine maturité de son talent et il nous eût encore donné de nombreuses œuvres, riches de substances. Ce qu'il a eut le temps d'écrire suffit à lui assurer cette immortalité qu'il désirait exclusivement et de si touchante façon... Il y a peu d'exemples dans notre littérature d’œuvres qui, aussi rapidement, aussi naturellement, se soient classées à la juste place qui leur revient et d'où rien - chacun le sent - ne pourrait les déloger.
Sans le concours d'aucun snobisme ni d'aucun fanatisme, sans l'attaque d'aucune cabale ou coterie, d'aucune école, le solitaire et farouche Jules Renard est entré, à peine mort, dans la grande famille classique... Aucun livre de lui ne peut périr. Pourquoi? Tout simplement parce qu'ils sont écrits, parce que Renard avait la passion et le sens de l'écriture.
Ainsi un peintre, son dessin, sa composition, sa conception en un mot, aura beau être géniale, s'il emploie de mauvaises couleurs, si la matière où ses intuitions prennent forme n'est pas assez durable pour en transmettre le reflet, la figure à nos petits-enfants, génie ne saurait équivaloir pour lui à immortalité.
Suite demain.
(Franc-Nohain, Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 10 janvier 1925.)
dimanche 18 novembre 2012
L'homme ligoté
Suite du 8 novembre.
C'est qu'aussi Renard n'a jamais vécu seul. Il appartenait à une "élite"; il se considérait comme un artiste. Cette notion d'artiste venait des Goncourt. Elle a leur cachet de bêtise prétentieuse et vulgaire. C'est tout ce qui reste du poète maudit de la grande époque: l'Art pour l'Art a passé par là. Ce qui pèse sur la tête de Renard et de ses amis, ce n'est plus qu'une malédiction blanche, embourgeoisée, confortable: non plus celle du solitaire jeteur de sort, mais un signe d'élection.
Vous êtes maudit si vous avez une "cervelle" particulièrement friable et des nerfs en dentelle. Et, de fait, cette idée d' "artiste" n'est pas seulement la survivance dégradée d'un grand mythe religieux - celui du poète, vates - ; elle est surtout le prisme à travers lequel une petite société de bourgeois aisés et cultivés - qui écrivent - se saisissent et se reconnaissent comme l'élite de la IIIe République. Elle peut surprendre aujourd'hui: sans doute, Romain ou Malraux accorderaient-ils qu'ils sont des artistes, puisque enfin il est entendu qu'il y a un art d'écrire. Mais il ne paraît pas qu'ils se considèrent eux-mêmes sous cet angle de vue.
Il s'est fait de nos jours - surtout après la guerre de 1914 - une division du travail plus poussée. L'écrivain contemporain se préoccupe avant tout de présenter à ses lecteurs une image complète de la condition humaine. Ce faisant, il s'engage. On méprise un peu, aujourd'hui, un livre qui n'est pas un engagement. Quant à la beauté, elle vient par surcroît, quand elle peut. C'est la beauté et la jouissance d'art que Jules Renard met au premier rang de ses soucis. L'écrivain de 1895 n'est ni un prophète, ni un maudit, ni un combattant: c'est un initié. Il se distingue de la masse moins par ce qu'il fait que par le plaisir qu'il prend à le faire.C’est une volupté esthétique, fruit de ses nerfs "exquis", hypertendus, etc..., qui en fait un être d'exception. Et Renard se met en colère parce qu'un vieux violoniste prétend éprouver un plaisir d'art plus vif que les siens:
"Comparaison entre la musique et la littérature. Ces gens voudraient nous faire croire que leurs émotions sont plus complètes que les nôtres... J'ai peine à croire que ce petit bonhomme à peine vivant aille plus loin dans la jouissance d'art que Victor Hugo ou Lamartine, qui n'aimaient pas la musique."
A suivre.
(Jean-Paul Sartre, Situations I, Gallimard, 1947.)
Vous êtes maudit si vous avez une "cervelle" particulièrement friable et des nerfs en dentelle. Et, de fait, cette idée d' "artiste" n'est pas seulement la survivance dégradée d'un grand mythe religieux - celui du poète, vates - ; elle est surtout le prisme à travers lequel une petite société de bourgeois aisés et cultivés - qui écrivent - se saisissent et se reconnaissent comme l'élite de la IIIe République. Elle peut surprendre aujourd'hui: sans doute, Romain ou Malraux accorderaient-ils qu'ils sont des artistes, puisque enfin il est entendu qu'il y a un art d'écrire. Mais il ne paraît pas qu'ils se considèrent eux-mêmes sous cet angle de vue.
Il s'est fait de nos jours - surtout après la guerre de 1914 - une division du travail plus poussée. L'écrivain contemporain se préoccupe avant tout de présenter à ses lecteurs une image complète de la condition humaine. Ce faisant, il s'engage. On méprise un peu, aujourd'hui, un livre qui n'est pas un engagement. Quant à la beauté, elle vient par surcroît, quand elle peut. C'est la beauté et la jouissance d'art que Jules Renard met au premier rang de ses soucis. L'écrivain de 1895 n'est ni un prophète, ni un maudit, ni un combattant: c'est un initié. Il se distingue de la masse moins par ce qu'il fait que par le plaisir qu'il prend à le faire.C’est une volupté esthétique, fruit de ses nerfs "exquis", hypertendus, etc..., qui en fait un être d'exception. Et Renard se met en colère parce qu'un vieux violoniste prétend éprouver un plaisir d'art plus vif que les siens:
"Comparaison entre la musique et la littérature. Ces gens voudraient nous faire croire que leurs émotions sont plus complètes que les nôtres... J'ai peine à croire que ce petit bonhomme à peine vivant aille plus loin dans la jouissance d'art que Victor Hugo ou Lamartine, qui n'aimaient pas la musique."
A suivre.
(Jean-Paul Sartre, Situations I, Gallimard, 1947.)
mardi 14 août 2012
Journal du 14 août 1904
Le marquis tape sur le ventre d'une femme enceinte et dit:
- C'est du bon travail, ça! Moi aussi, je suis un bon taureau: j'ai sept enfants;
Il écrit dans ses remerciements: "La main dans la main, nous travaillerons dans ce but. C'est le rêve de ma vie au milieu de vous, parce que c'est la seule raison d'être du riche dans la société moderne."
Voilà un mot qui a l'air beau. Allons! Tant mieux, si le riche se met à restituer!
Mais, à peine élu, le marquis montre le bout de l'oreille.
Il veut bien donner 300 francs pour le concours de musique de Corbigny, mais à la condition que son nom figure à côté des prix offerts avec son argent. Il donne, mais il ne veut pas perdre.
dimanche 27 mai 2012
Journal du 27 mai 1893
Il faudrait renaître une vie pour la peinture, une autre pour la musique, etc. En trois ou quatre cents ans, on pourrait peut-être se compléter.
vendredi 30 mars 2012
L'Inauguration du Monument Jules Renard (5 octobre 1913)
Le grand banquet du 5 octobre
Voici le menu du banquet qui sera servi, salle des fêtes de Corbigny, par M. Sauvan, propriétaire de l'hôtel du Commerce (prix de la carte, 4 fr.):
Jambon du Morvan
Galantine de volaille
Poisson
Pièce de boeuf nivernaise
Cuissot de Chevreuil sauce grand veneur
Épinards aux croutons
Chapons rôtis
Salade
Gâteaux - Dessert
Café- Liqueurs - Champagne Davesne
Pendant le banquet, l'excellente musique du 13e régiment d'infanterie, de Nevers, exécutera les morceaux suivants, sous l'habile direction de M. Doye, chef de musique:
Lazzaronilla, tarentelle, Marietti -- Symphonie pastorale, 1ère partie, Bethoven -- Danse macabre, poème symp., Saint-Saëns -- Sigard Iorsalfar, suite d'orch., Grieg -- Les Saltimbanques, sélection, Granne.
(Source: Écho de Clamecy, 5 octobre 1913).
mercredi 21 mars 2012
Jules Renard vu par Rachilde
Tous les jeudis le salon de notre collaborateur et ami Jules Renard est le salon le plus littéraire de Paris.
La charmante maîtresse de maison reçoit avec une délicieuse simplicité l'élite de la littérature d'avant-garde. Madame Vallette/Rachilde et M. Alfred Vallette directeur du Mercure, Léo Trezenick, auteur de la Confession d'un fou, Ernest Raynaud le poète de Chairs profanes, le chevalier Maurice du Plessis, auteur de quinze sonnets, jamais les mêmes! le peintre connu M. Béron; l'éclairé amateur d'art M. Clément et la poétesse Madame Barra y viennent souvent ainsi que beaucoup d'autres artistes. Chaque fois notre ami P. Marius André cherche à convertir Jules Renard aux charmes de la musique et chante un morceau de son inépuisable répertoire sur les Romances sans paroles de Verlaine.
Signé: La Hygne (alias Rachilde), La Caravane, 6 avril 1890.
jeudi 8 mars 2012
Jules Renard et les arts
Cher Monsieur Francis Jammes,
J'ai reçu votre lettre à la campagne. Vous m'y demandiez presque l'impossible. Je n'ai jamais regardé un tableau. je ne m'en vante pas. Tout de même, je le fais un peu exprès. Je me limite le plus que je peux, sourd à la musique, aveugle à la peinture. Je crois que nous naissons tous avec un génie diffus, dont il faut savoir se débarrasser. Rien n'est plus facile, je pense, que d'être un connaisseur dans tous les arts. Et je tâche de me résigner à un seul. [...]
Jules Renard
(Lettre à Francis Jammes, 27 octobre 1898)
jeudi 1 mars 2012
Monument Jules Renard
Télégramme
Origine: Nevers -- Destinataire: Clamecy -- 20 septembre 1913 -- 10 heures 45 -- Nombre de mots: 55.
Arrivé le 20 à 11 heures.
Préfet Nièvre à Sous-préfet Clamecy.
"Avant de transmettre au commandant du 8e corps la demande du Comité Jules Renard relative à la participation d'une musique militaire, je vous prie de me faire connaître si le Comité prend l'engagement réclamé par le règlement de couvrir tous les frais occasionnés par déplacement des militaires."
(Nota: Il s'agit du Comité chargé d'élever le Monument Jules Renard à Chitry-les-Mines, inauguré en grande pompe en octobre 1913)
mardi 21 février 2012
Journal du 21 février 1890
Ah! Tant pis pour moi! La musique m'embête. La peinture, j'en ignore, et une sculpture me ravit autant qu'une figure de cire chez un coiffeur. Encore celle-ci est-elle animée; elle semble vivre. Elle tourne lentement sur une vis, et elle soulève et abaisse, comme un président de Cour, son faux toupet avec une régularité opiniâtre.
C'est qu'il vous manque un sens, me dira-t-on. La psychologie m'avait déjà dit que je n'en ai que cinq. Un sens de plus, un de moins, qu'importe, pourvu qu'il me reste le bon!
dimanche 15 janvier 2012
Journal du 15 janvier 1897
Je ne tiens pas à savoir la musique. Ça me rapporterait peut-être d'avoir le sens du mot bémoliser, mais je m'en passe bien.
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