Affichage des articles dont le libellé est Romain Coolus. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Romain Coolus. Afficher tous les articles

jeudi 7 janvier 2016

Journal du 7 janvier 1905

Coolus raconte que d'Annunzio, lors de sa première visite à Sarah Bernhardt, s'arrêta à quelques pas d'elle et dit, comme inspiré:
Belle! magnifique! D'Annunzienne!
Après quoi, il dit:
- Bonjour, madame.

vendredi 15 février 2013

Jules Renard vu par Han Ryner 2/3

  Sur Jules Renard et sur Vigny
Suite d'hier.
Il n'est pas question de prendre pour argent comptant tout ce que peux écrire Jules Renard. Ni ce que peut, dans l'occasion, écrire Jules Renard révisionniste de Jules Renard, si l'on peut dire.  Mais que de souffrance se cache derrière l'aigreur ou le dépit. "Un auteur dont le livre vient de paraître est un pauvre con stupide" écrit-il le 19 novembre 1908 à Edmond Sée. Et, au même, le 4 février 1909, il donnera ce conseil: "N'oubliez pas que vous ne serez jugé que par des cons." Il y a une sacrée part de vérité tant dans l'observation que dans le conseil, si dans un cas comme dans l'autre il faut se garder de généraliser. Un des plus méchants coup de patte de Renard est celui-ci, du 7 juin 1902: "Il me ferait regretter de ne pas avoir été antisémite." Il, c'est son ex-ami Marcel Schwob. Lorsque Schwob mourra, en 1905, il n'assistera à ses obsèques que pour rencontrer des confrères. C'est poussé par le même conformisme étudié qu’en 1909 il se rendra à l'enterrement de Catulle Mendès, autre juif qu'en fait Jules Renard a toujours méprisé. À la mort de Mendès, écrasé par un train, il ne lui ménage aucune petite méchanceté. "Pourquoi sa mort m'attristerait-elle, confesse-t-il sans détour: je lui fus toujours indifférent."
Humaniste à l'ironie grinçante, voire perfide, Jules Renard ne voyait dans les foules qui iront au cinématographe qu'un public vulgaire. C'était bien vu, cette fois encore.
Mais avec son caractère tout renardien, trop de ses bons et grands amis (Tristan Bernard, Léon Blum, Alfred Capus, Léon Daudet, Lucien Descaves, Marguerite Moreno, Maurice Pottecher, Rachilde, Ernest Raynaud, Marcel Schwob...) se trouveront un jour ou l'autre reléguée à une place beaucoup moins intime. Car le rouquin est tout susceptibilité. Aux noms que nous venons de citer, il faudrait en ajouter quelques-uns, ainsi que ceux de Romain Coolus, Louis Dumur, Léo d'Orfer, et aussi les Rostand, Edmond, Rosemonde et Maurice. Le nivernais Jules Renard a bel et bien appartenu au Tout Paris littéraire.
(Han Ryner, Les Messages de Psychodore, n°53, novembre 1992)

mercredi 15 février 2012

À Romain Coolus

Entre, Coolus.
Ce n'est ici qu'ombre et fraicheur. 
À peine quelques gouttes lumineuses tombent, çà et là, du soleil.
Vois ce scarabée sur cette bouse, comme une riche épingle sur une épaisse cravate.
Déplace ces moucherons et marche un instant, la tête dans leur fragile orchestre. 
C'est l'heure où le petit bois, comme une volière peinte, garde prisonniers les oiseaux.
Écoute un  merle qui flûte mieux que toi.
Observe, de loin, ce bouleau. il ne fait que se cacher derrière les chênes, comme un homme en veste claire qui voudrait fuir.
Et toi-même, Ô libre poète! avoue que si le garde-champêtre paraît, tu salueras le premier.
N'aie pas peur. Ce que tu entends, c'est une source invisible qui s'échappe des ronces lilliputiennes et cause toute seule. Il n'y a personne. Le petit bois est à Coolus. Je le lui prête.
Je te prête ses délices.
Je te prête son étroit chemin que tu ne peux suivre que d'un pied, et je te prête, comme des serviteurs, ses arbres élégants qui, pour te protéger, se passent l'un à l'autre une ombrelle de feuilles. 
Mais si tu veux goûter, comme il faut, le charme du petit bois va de temps en temps jusqu'à la lisière, ouvre les branches et regarde là-bas, ces prés sans herbe, cette route aveuglante et ce clocher pointu qui fond au ciel.
Tout brûle dehors, Coolus, Ferme vite les branches.
Jules Renard, L'Image, n°3, février 1897.

vendredi 3 février 2012

Jules Renard vu par Romain Coolus

RONDEL
Pour célébrer l'auteur de Sourires pincés et de l'Écornifleur.

Sourire énigmatique, en x
Celui que Jules Renard pince.
Son œil rôde comme un bombyx
Sur la ville et sur la province.

Et sa claire prunelle Lynce
A des éloquences de Pnyx.
Sourire énigmatique, en x,
Celui que Jules Renard pince!

Môme souffreteux ou phénix,
Gens qu'on encense ou qu'on évince,
Renard met sur votre âme mince
son verbe net comme un onyx -
Sourire énigmatique, en x.

Romain Coolus, Petit Tussaud du Rondel, Revue Blanche, n°28, février 1894.

dimanche 22 janvier 2012

X...roman impromptu, suite et fin

Cinq écrivains avaient publié dans un journal du matin,  un roman feuilleton qui s'appelait X...roman impromptu et qui était composé à la façon de cette figure de quadrille qu'on appelle la Boulangère, où les cavaliers changent de danseuse. 
Courteline, Jules Renard, Georges Auriol, Pierre Veber et moi, nous donnions notre feuilleton chacun notre tour, sans nous concerter. On prenait la suite, on écrivait les six colonnes, et l'on passait la main aux camarades.
Chacun de nous s'étant mis à l'ouvrage cinq fois, le roman achevé (ou à peu près terminé) fut publié en volume.
J'adressai un exemplaire à Coolus avec un sonnet qui se terminait par les vers suivants: 
C'est ton verdict que je réclame
Romain, si ta critique est exempte de blâme
Mon front calme attendra le laurier mérité.
Mais si ton jugement est cruel, je m'incline,
Et t'offre en holocauste à ta sévérité
Renard, Georges Auriol, Veber et Courteline.
(Tristan Bernard, 60 ans de lyrisme intermittent, Éditions littéraires de France, 1945.)
Demain lundi 23 janvier, Jules Renard vu par Sacha Guitry.

dimanche 15 janvier 2012

Monument Jules Renard

Le monument Jules Renard (Chitry-les-Mines). - Le sculpteur choisi pour l'exécution du monument est le statuaire nivernais Pourquet. Nous donnons ci-dessous l'état de la souscription. (Extrait).
Alapetite, résident général à Tunis, 50. - Romain Coolus, 50. - Mme et M. Maurice Pottecher, 100. - Mme Emile Zola, 50. - Romain Rolland, 20. - Courteline, 20. - Octave Mirbeau, 50. - Goujat, ancien député de la Nièvre, 10. - Henri Bachelin, 10. - Le Mercure de France, 50. - Alfred Vallette, 20. - Mme Suzanne Desprès, 50. - Alfred Athis, 50. - Maurice Le Blond, sous-préfet de Clamecy, 20. - Mme Marthe Brandès, 100. - Edmond Rostand, 300. - Thadée Natanson, 50. - Léon Blum, 50. - Robin, maire de Chitry-les-Mines, 50. - Roy Auguste, instituteur à Chitry, 10. - Sacha Guitry, 50. - Fernand Vandérem, 20. - Alexandre Natanson, 20. - Etc. Total jusqu'à ce jour...2.351, 55.
Mercure de France, 1er juin 1912, p. 667.