Affichage des articles dont le libellé est le flottage des bûches. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est le flottage des bûches. Afficher tous les articles

mercredi 4 avril 2012

Journal, un autre jour d'avril 1898

Le flottage à bûches perdues. Elles arrivent de Château-Chinon et vont à Clamecy. On les jette à Château-Chinon le matin. elles arrivent à Chitry vers quatre heures, selon la force du courant, à Clamecy, vers dix heures du soir. Assis au moulin, Bouliche, armé de son croc, les attend et les surveille. Il les surveille jusqu'à Marigny. Il ne faut pas qu'elles s'arrêtent à quelque fond où la rivière manquerait d'eau; elles feraient obstruction, le flot de bois serait immobilisé, et la rivière, débordant, entraînerait les bûches dans les prés. L'eau reviendrait peut-être, pas les bûches.  
Quand Bouliche voit que quelques-unes se prennent au milieu de la rivière, il quitte ses sabots, relève sa culotte, entre dans l'eau et, avec son croc, les déprend. Sur le bord de la rivière, nous suivons le flot. Parfois, deux bûches sonnent, comme quelqu'un qui marche avec des sabots. En voici une, lourde, imbibée comme une éponge, qui s'en va lentement, levant à fleur d'eau un nez d'hippopotame. Ce n'est pas près qu'elle arrive à Clamecy! Ce doit être une bûche de l'année dernière. elle a passé l'hiver au fond de la rivière; elle est remontée aujourd'hui seulement, saoule d'eau.

mardi 3 avril 2012

Journal, un jour d'avril 1898

Sur le pont, regarder le flottage des bûches qui se poursuivent et s'entrechoquent, et paraissent vraiment animées. C'est une foule de bêtes  vivantes et bizarres de simplicité: ni tête ni membres. elles culbutent au bas du moulin, et descendent, d'une allure rapide, aussi loin que va la rivière, qui n'a plus l'air de couler. Les bûches ruisselantes glissent, marchent ou bondissent sur elle. Quelques-unes, lasses, se séparent du troupeau et se retirent dans un coin d'eau dormante où elles s'immobilisent peu à peu. D'autres se noient. Et les poissons, que cette invasion effare, se collent contre les bords, sous l'épervier.