mercredi 29 avril 2015

Les Humanités au temps de Jules Renard

Les Humanités, depuis trente ans, ont été attaquées avec violence par des abrutis anticléricaux, pour qui le latin est condamnable comme langue d’Église, et le grec sans intérêt: "Tout ça - disait Edgar Monteil - c'est fait pour les jésuites et les sophistes." A la bonne heure! En effet, les Humanités, créant une élite, créent du même coup une aristocratie, aussi haïssable que l'autre, aux yeux des pauvres diables qui prennent le concile de Trente pour une réunion de trente curés.
Heureux Goethe, assis à la table des Grecs! Moins heureux sont les jeunes français d'aujourd'hui, que le régime de mort de la démocratie éloigne des sources vives de la civilisation, en les privant de la culture et de la sagesse antiques. N'est-il pas urgent d'examiner, sous quelques-uns de ses aspects, un des plus graves effondrements sociaux, - un des plus lourds de conséquences pour l'avenir le plus prochain, - l’effondrement de l'instruction et du haut enseignement en France et la chute de l'écrivain  dans la Cité ruinée par la démocratie.
(Léon Daudet,  les Humanités et la culture, Éditions du Capitole, 1931.)

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