mardi 23 septembre 2014

L'instruction au temps de Jules Renard

L'instruction gratuite et obligatoire. Pour mieux former des citoyens modèles, bien soumis aux règles du régime et bien crédules aux bourdes qu'on leur sert. Le bon sens détruit, remplacé par la prétention. Ânes à diplômes qui n'en restent pas moins des ânes, rien ne remplaçant l'intelligence et la curiosité d'esprit natives. 
Disparition de l'esprit de fronde, de l'esprit satirique. Le gavroche loustic qui dégonflait les baudruches sociales d'un lazzi, n'existe plus;
Même appréciation pour ces jeunes gens, si grossiers de propos et de façons, pour ces gamines, si prétentieuses, que je vois chaque jour dans le train, munis de manuels et de cahiers d'études, qui peuplent les Facultés. De futurs déclassés qui, je l'espère bien, végèteront et expieront leur fétichisme des diplômes, qui ne leur auront rien conféré de plus qu'un petit savoir momentanément.
Un bon artisan, auprès de tous ces sots vaniteux, quel personnage sympathique!
 (Paul Léautaud,  Journal littéraire)

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