lundi 8 septembre 2014

Jules Renard vu par Léon Daudet 3/5

Suite.
Un jour, au cours d'une conversation littéraire qui n'avançait pas, - car nous nous inhibions tous les deux, étant séparés par plusieurs précipices, - je découvris avec amusement, dans Renard, un anticlérical à la Homais. Il réfutait aigrement le bon Dieu, à l'aide de la chimie, de la physique et même de l'histoire naturelle. Comme je riais, il faillit se fâcher, lui placide d'ordinaire, et me déclara tout de go qu'il haïssait: 1° les nobles, 2° les curés, 3° les riches, et qu'il voulait les voir tous à la lanterne. Il devint ainsi, pendant une bonne demi-heure, un personnage de ses Philippe et je le regardais maintenant avec une certaine stupeur. C'est ce qui lui fit écrire rageusement, à je ne sais plus quel endroit, que: "la République est solide et Léon Daudet perd son encre".
A suivre.
 (Léon Daudet, L'Entre-deux guerres,  Bernard Grasset,1932.)

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