lundi 1 septembre 2014

Journal du 1er septembre 1901

Une perdrix blessée tombe dans les pommes de terre et nous fait battre le coeur, comme un lièvre. 
Une mare: des petites carpes longues d'un doigt sautent en l'air comme des chiquenaudes. Deux grenouilles, l'une, verte, l'autre, presque bleue, sur un morceau de bois, immobiles, comme fascinées par un serpent invisible, ou attendant qu'un gamin exerce son adresse.
L'haleine de foin de la grange ouverte.
Un beau serpent, vert, jaune et blanc, file entre les joncs sur l'eau. C'est une fine caresse sur le ruisseau. Je lui coupe la tête. Pourquoi? Pourquoi? C'était une parure du pré, son amusement, son orgueil peut-être.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

En publiant un commentaire sur Jules Renard, vous vous engagez à rester courtois. Tout le monde peut commenter. Les commentaires sont publiés après modération (Pas de langage SMS), Merci.