lundi 12 mars 2012

Jules Renard par lui-même 4/6

Le renanisme. – Mon père, ayant lu la Vie de Jésus, que je lui avais prêtée, me dit : « Mais enfin, d’après ton monsieur Renan, Jésus-Christ était-il un dieu ou n’était-il pas un dieu ? »
Je crois qu’on peut aimer Renan comme les plus grands, et tout de même lui reprocher un peu son renanisme…
MM. Paul Desjardins et Melchior de Vogüé. – Je ne connais pas.
M. Bourget. – Je ne connais plus.
Le nationalisme. – Barrès le dit mort. Et je renonce à dire du mal de Barrès. Ça ne m’amuse plus. Gloire à cet homme qui nous donne de si lumineuses fêtes d’art avec des idées si obscures !
Mais ne pardonnons pas au nationalisme de nous avoir pris Jules Lemaître. Ça, ce fut une brisure douloureuse, une rupture (que Lemaître ne se fâche pas, j’ose le dire) de famille.

Le mercantilisme, la pornographie. – Ah !  ma foi, je les excuse. Cette indulgence, d’ailleurs, ne m’est pas naturelle. C’est le fruit de ma raison, et elle m’échappe à chaque instant.
Combien de fois n’ai-je pas désiré me vendre, à tout prix ? il y a de la pornographie dans l’Ecornifleur. Ça ne m’a servi à rien. Je ne recommencerai donc plus ; mais l’immoralité des autres ne me gêne pas, à condition qu’elle ne prenne pas des airs de vertu.
Les amateurs. – Je vous répète qu’il n’y a que le talent qui compte.
J.R.    Suite demain

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