lundi 30 juillet 2012

En politique, par Léon Daudet, juillet 1898

En politique
Je méprise le métier de politicien, tel que je le vois pratiquer en France, par la plupart des parlementaires. Hypocrisie, mensonge, tel est le programme de ces niais. Ils ne croient qu'à une chose: la patience populaire. Et ils l'exploitent de mille façons.
J'estime chaque régime à peu près supportable s'il est sincère. Graver sur les monuments: Liberté, Égalité, Fraternité, et conserver, en les faussant, des cadres autoritaires, me parait une affreuse duperie. Une immense partie de la nation, le prolétariat, n'a pas le bien-être, c'est certain. Personne ne s'occupe vraiment de l'éclairer, d’améliorer son sort, de libérer son âme robuste, simple et généreuse.
Je souhaite à mon pays le minimum de gouvernement possible. Je suis persuadé que les hommes pourraient vivre heureux sans maîtres ni contraintes, dans une société  puissante et souple, où chacun trouverait l'emploi de ses facultés. Si l'éducation, qui est la lumière, consumait l'égoïsme, illuminait la vertu et la sincérité, montrait la beauté du dévouement et du sacrifice, les petits Français deviendraient de vrais hommes, au lieu d'être une foule avide, tiraillée en divers sens par les besoins et les intérêts.
Ceci n'est pas une utopie. Un effort réel, un désir soutenu de justice aboutiraient, j'en suis sûr, à d'étonnants résultat.
(Léon Daudet, Interviews de littérature et d'art, par Jules Huret, Éditions Thot, 1984)

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