jeudi 16 février 2012

Marthe Brandès à la Campagne

Elle apparaît blanche sur un fond de feuillage d'automne.
Elle semble la tige de toutes ces feuilles et ses cheveux sont dans les feuilles comme un nid où repose un rêve. 
Voilà le front d'une femme qui pense: je suis aimée.
Les yeux disent: nous sommes bons , mais pas si bêtes!
Elle vient de parler et le dernier mot de cette bouche entr'ouverte ne doit pas être loin. 
Un rayon de soleil, qui jouait sur le nez s'en va; ce rayon-là peut aller se coucher!
À cause de son cœur, un pli du corsage est plus droit que les autres.
Elle est pâle de tenir toutes ses promesses, de femme dans la vie, au théâtre de reine. 
Elle a mis un tablier, ce matin, pour recevoir ceux qu'elle attend, mais comme l'intrus peut venir, la Princesse Georges garde ses mains dans les poches de son tablier de servante.
Jules Renard, Le Canard sauvage, 2 mai 1903.

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