samedi 16 mai 2015

Journal du 16 mai 1908

Ce qui gâte le Bois de Boulogne, c'est le riche. Et ces cavaliers qui se plaisent à faire crier le cuir de leur selle! Et les pauvres vieux qui font un peu de bicyclette avant de mourir!
Les gouvernantes qui lisent, sur un banc, des livres imprimés toujours très fins. Elles s'abîment les yeux.
Le Bois, qui sur le moment me ferait pleurer de joie, me laisse l'envie, d'aller à la campagne, et non de revenir le voir.
Combien peu de gens savent regarder une belle chose sans la préoccupation spontanée de pouvoir dire: "j'ai vu quelque chose de beau"!
La nature frissonne d'être peinte par une jeune fille.

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