jeudi 25 juin 2015

Actualité intellectuelle

Baccalauréat- littérature
Sujet:  En quoi le roman et le film, Zazie dans le métro, peuvent-ils être perçus comme la découverte d'un nouveau monde?

Zazie a découvert des choses qu'elle ne connaissait pas et moi j'ai découvert qu'on pouvait écrire des mots qui ne veulent rien dire.

On peut y voir un nouveau monde du langage parce que Raymond Queneau appartenait au mouvement de lou-lipo.

Zazie découvre le monde des adultes et l'homosexualité, mais on peut dire que de nos jours  elle aurait découvert tout ça avant.
(Brèves de copies de Bac, Chiflet et Cie, p. 29, mai 2015)


mercredi 24 juin 2015

Journal du 24 juin 1900

A l'exposition de la Grande-Bretagne, Guitry me montre des Reynolds, je crois. Pas besoin de m'expliquer: c'est beau jusqu'au fond de notre coeur. C'est de la peinture d'amant. Enfants, petites filles, femmes, nous laissent la tristesse de n’être pas aimés d'eux. 
-Et puis, dit Guitry, c'est fait avec rien. A travers la peinture on voit le grain de la toile.
- Oh! ça, je m'en fiche.
Aux machines, halte joyeuse. Il y a des danseuses cocasses, des rageuses, des voluptueuses, des pistons qui jouissent. Huysmans en ferait tout un livre.

Actualité intellectuelle

Baccalauréat - Philosophie.
Sujet: L'artiste est-il maître de son œuvre?
Réponses:
Peut-être de son vivant  mais s'il est mort et que ses chansons sont chantées par un interprète mauvais, il doit se retourner dans sa tombe.

Si j'étais le peintre  je ne supporterai pas comme on l'a fait (je ne sais plus qui mais je l'ai vu sur le net) que l'on mette une moustache et une barbe à ma Joconde et je ferai un procès.

Pas toujours! Je prends le cas d'un chanteur de rap qui passe sur une radio de bourges qu'il déteste. Il ne peut rien faire.
(Brèves de copies de Bac, Chiflet et Cie, mai 2015.)


mardi 23 juin 2015

Journal du 23 juin 1890

La nuit d'orgie dans une pension: il ne reste plus qu'une odeur, une odeur bizarre d’œufs de Pâques écrasés. L'ange du mal, perché sur les rideaux du maitre d'étude, chante victoire et, d'une voix fêlée, s'écrie: "Je tiens ces âmes! - Mais non! Tu ne tiens rien du tout!" dit l'ange du bien, tranquille, assis au chevet d'un amant et sur une table de nuit. "Mais non. Comme dans les contes de la mère l'Oye et les poésies de Charles Baudelaire, pour ma part, je n’y vois aucun mal Cela les calme, les chers petits, et cela ne tire pas à conséquence."
L'ange du mal pleurant de dépit dans un vase...
- Moi, je dors, mes amis, je dors, allez!
Aussitôt ils vont, c'est-à-dire ils s'aiment.
Le premier frottement d'une peau de femme enlèvera ce vice comme un papier de verre efface une moisissure.

lundi 22 juin 2015

Journal du 22 juin 1894

Raoul Ponchon disait à Mme Steinlen, de sa voix douce et appuyée:
- J'avais lu l’Écornifleur, mais je ne croyais pas Renard comme ça. Il me plaît, oui. Ce garçon-là me plaît par des qualités que je lui prêtais si peu que je lui croyais plutôt les défauts contraires.
Ponchon, un poète qui doit dire: "Les femmes sont belles, les hommes sont doux, le vin est bon et j'aime la vie de toute ma vie."
- Ponchon dit Courteline, habite depuis plus de vingt-cinq ans dans la même maison. Elle a été vendue plusieurs fois, et les différents propriétaires ont toujours stipulé sur l'acte de vente que Ponchon n'avait pas de loyer à payer, cela, sans qu'il l'ait jamais demandé.

dimanche 21 juin 2015

samedi 20 juin 2015

Journal du 20 juin 1893

Et le ruisseau murmure sans cesse contre les cailloux qui voudraient l'empêcher de courir.

vendredi 19 juin 2015

Journal du 19 juin 1897

Une heure et demie. Mort de mon père.
On peut dire de lui: "Ce n'est qu'un homme, un simple maire d'un pauvre village",et cependant parler de sa mort comme celle de Socrate. Je ne me reproche pas de ne pas l'avoir assez aimé: je me reproche de ne pas l'avoir compris.
Après déjeuner j’écrivais quelques lettres. Le timbre de la porte cochère sonne. C'est Marie, la petite bonne de papa qui vient me dire qu'il me demande.. Pourquoi, elle l'ignore.  Je me lève, seulement étonné. Peut-être plus inquiète, Marinette me dit: "J'y vais." Sans me presser je mets mes souliers et gonfle mes pneumatiques.
Arrivé à la maison, je vois maman dans la rue. Elle crie: "Jules! Oh! Jules!" J'entends: "Pourquoi s'est-il fermé à clef ?" Elle a l'air d'une folle. A peine plus agité qu'avant, je veux ouvrir la porte. Impossible. J'appelle: il ne répond pas. Je ne devine rien. Je suppose qu'il s'est trouvé mal, ou qu'il est au jardin.
Je donne des coups d'épaule, et la porte cède.
De la fumée et une odeur de poudre. Et je pousse de petits cris: "Oh! papa, papa! " Qu'est-ce que tu as fait là? Ah! ben, voilà! Oh! Oh! Et pourtant, je ne crois pas encore: il a voulu plaisanter. Et je ne crois pas à son visage blanc, à sa bouche ouverte, à ce qui est noir, là, près du coeur.
Borneau, qui revenait de Corbigny, et qui est entré le second dans la chambre, me dit:
- Il faut lui pardonner. Il souffrait trop, cet homme-là.
Pardonnez quoi? Quelle idée! Je comprends à présent, mais je ne sens rien. Je vais dans la cour, et je dis à Marinette qui a ramassé maman par terre:
-C'est fini. Viens!
Elle rentre, droite, toute pâle, et regarde de travers, du côté du lit. Elle étouffe. Elle défait son corsage. Elle peut pleurer. Elle dit, pensant à ma mère:
- Empêchez-l d'entrer. Elle est folle.
Nous restons tous deux. Il est là, couché sur le dos, jambes étendues, buste incliné, tête renversée bouche, yeux ouverts. Entre ses jambes, son fusil, sa canne du côté de la ruelle. Ses mains, libres, avaient lâché la canne et le fusil. Elles étaient encore chaudes sur le drap, pas crispées. Un peu plus haut que la ceinture, une place noire, quelque chose comme un petit feu éteint.

jeudi 18 juin 2015

Journal du 18 juin 1890

Un homme qui pêche à la ligne dans la mer.

Actualité intellectuelle

Baccalauréat- Français
Question:  À quoi sert le journal dans Robinson de Daniel Defoe?

Robinson se dit que s'il réussit à quitter son île, son journal pourra devenir un best-seller et qu'il pourra gagner beaucoup d'argent avec, comme celui d'un ancien bagnard Jacques Charrier ou Charrière.

Des fois les auteurs, surtout les débutants, ne savent plus où ils en sont dans leur roman, avec le journal Daniel Defoe peut se repérer plus facilement.

Qui dit que c'est pas Vendredi qui a écrit ce journal, puisque on parle de plus en plus souvent de nègre littéraire.
(Brèves de copies de Bac, Chiflet et Cie, p. 14, mai 2015)

mercredi 17 juin 2015

Journal du 17 juin 1900

Guitry à l'Exposition. Devant le Petit Palais, une vieille femme voûtée lui dit:
-Voulez-vous me donner la main, monsieur, pour m'aider à monter l'escalier?
- Mais comment donc, madame!
Et voilà le beau Guitry, gêné, un peu rouge, montant l'escalier, le poing tendu où la main de la vieille femme s'appuie comme un vieux faucon. J'entends:
- Quand on est jeune!...Il devrait y avoir une rampe.
- Oui, madame.
Sur le bord de la dernière marche, il se débarrasse. Puis il me dit:
- Je regarde si j'ai encore ma montre, car c'est toujours ainsi que ça finit.

mardi 16 juin 2015

Journal du 16 juin 1896

Je prétends qu'une description qui dépasse dix mots n'est plus visible.

La ministre de l'éducation nationale au temps de Jules Renard

Tenez, madame, pas plus tard qu'il y a huit jours je mets sur Lohengrin la ministresse de l'Instruction publique. Elle me répond: "Lohengrin? Ah! oui, la dernière revue des Folies-Bergère, il, paraît que c'est tordant."
(Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs.)

lundi 15 juin 2015

Journal du 15 juin 1893

Elle dit:
- Je regrette de ne pas savoir faire la poésie. Je sens bien,  mais je ne peux pas rendre ce que je sens. Je trouve que la campagne, c'est plein de charme; mais, si on regardait toujours les étoiles, le dîner ne serait jamais cuit. C'est joli, des plates-bandes de fleurs, mais un plant de salade qui vient bien, c'est utile, et l’utile, voyez-vous, on ne peut pas s'en dispenser.

dimanche 14 juin 2015

Journal du 14 juin 1894

Je voudrais un cabinet de travail dont la fenêtre ouvrirait sur une ferme. Je verrais chauffer au soleil le café de la mare, se dandiner les canes, et les oies dresser leurs têtes aux ouïes fines comme des trous d'aiguilles. Devant les vaches rangées dans les étables et soufflant fort, je me dirais: "c'est nous, les hommes, qui devrions être à la place de ces grosses bêtes. Pourquoi, d'un coup de corne au derrière, ne jettent-elles pas dehors le vacher qui les trait, assis sur son escabeau, et qui vide leurs tétines deux par deux, comme s'il grimpait avec les mains le long d'une corde? Et, quand on veut les caresser, elles reculent. D'ailleurs, le vacher n'a guère conscience de sa force, de sa supériorité humaine. Moi seul, je m'émeus, je crois comprendre et m'imagine dominer. C'est que je reviens de loin, pour arriver là, dans cette écurie. Et le vacher y est né."
Et j'aurais une casquette avec ces mots en lettre d'or: Interprète de la Nature."