samedi 6 février 2016

Journal du 6 février 1901

La nuit passée, je n'ai plus peur de ce que va dire un homme qui, pour parler de ce que j'ignore, n'en est pas moins capable d’erreurs. Et, d'abord, Hutinel me prend pour mon domestique et ne me salue pas. Premier conciliabule entre lui et Collache dans mon cabinet de travail. C'est long.
Il monte. Questionnaire sur l'état habituel de la petite, sur son enfance. Et les parents? Je crois qu'il s'agit des miens, mais c'est de nous, de moi.
- Pas nerveux?
Oh! si. La langue, l'intérieur de l’œil, le ventre. Auscultation.
Un mot inintelligible à Collache: c'est peut-être le seul vrai. 
Il se redresse, rassure par quelques mots et redescend avec Collache dans mon cabinet de travail. C'est l'instant pénible. Ils remontent. 
- Eh! bien madame, voici la vérité. Nul danger pour maintenant. La pleurésie n'augmente pas. La fièvre tombera. Convalescence à surveiller de très près. Voici ce que nous vous conseillons. 
Ordonnance. Alimentation au lieu de diète. Autres gouttes. Poitrine dans un corset d'ouate. Convalescence: la campagne d'abord, puis, en été, un mois en Suisse. Repos complet, vie de petit animal.
- Et le pays où est Rostand?
- Non.
Hostilité contre Grancher.
- C'est moi, dit Hutinel, qui ai trouvé la pneumonie de Rostand.

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