dimanche 20 juillet 2014

Journal du 20 juillet 1892

Le Racine sur la table de Verlaine.
"- Un matin, dit Schwob, je suis allé chez Verlaine, dans une auberge borgne. Inutile de vous la décrire. Je pousse la porte. Il y avait un lit moitié bois, moitié fer, un pot de chambre en fer plein de choses, et ça sentait mauvais. Verlaine était couché. On voyait des mèches de cheveux, de barbe, et un peu de la peau de son visage, de la cire d'un vilain jaune, gâtée.
- vous êtes malade, Maître?
- Hou! Hou!
- Vous êtes rentré tard, Maître?
- Hou! Hou!
Sa figure s'est retournée. J'ai vu toute la boule de cire dont un morceau, enduit de boue, la mâchoire inférieure, menaçait de se détacher.
Verlaine m'a tendu un bout de doigt. Il était tout habillé. Ses souliers sales sortaient des draps. Il s'est retourné contre le mur, avec ses Hou! Hou!
Sur la table de nuit il y avait un livre: c'était un Racine."

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