mardi 24 septembre 2013

Journal du 24 septembre 1902

Chasse. Dans la luzerne humide, la caille fuit devant le chien qui "ondule", relève de temps en temps le nez, qu'il a couvert de feuilles jaunes, et souffle comme un phoque. La caille file. On voit les brins de luzerne remuer, léger sillage. Les plumes trempées, elle ne peut pas partir. Parfois, le chien s'arrête, tient trop, et la caille en profite pour gagner du terrain. On traverse ainsi un petit océan de luzerne. Enfin, Philippe tire et l’abat. Trois domestiques du Bouquin se mettent à crier: un peu plus... Les plombs ont " viouné " à leurs oreilles. 
- Pourquoi donc, dit Philippe, que vous restez là, dans le chemin, derrière la "trace"?
Parole imprudente! Est-ce que le chemin n'est pas à tout le monde? Il faut rattraper. Je retrouve les trois gars plus loin, et ils finissent par dire que c'était pour blaguer. 
On entendait la pluie venir sur le bois. Elle faisait du bruit comme une rivière.
Il pleut, il pleut! Des chiens boivent debout.
Des paysans arrachent leurs pommes de terre, courbés comme s'ils les mangeaient.

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