jeudi 12 septembre 2013

Journal du 12 septembre 1890

Hier soir, longuement causé avec Vallette. Babylas, c'est lui, l'homme auquel il n'arrive rien, l'homme triste, navré, qui le sera toujours, dont la vie, quoique finie, se continue pourtant, il ne sait pourquoi. Il a plusieurs idée de romans: la fille de l'officier supérieur, l'homme qui a épousé une femme froide. C'est le roman gris, le roman des petits, pour lesquels il a une grande pitié. 
Il n'ose pas regarder en lui: il se fait peur. Il vient de me raconter le thème des Aveugles, et, encore tout tremblant du frisson de la petite mort, nous parlons de la vie, de son imbécilité. Il me dit: 
- Nous nous sommes faits, nous autres, et, vous, vous êtes encore ce que vous êtes né.

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