mercredi 10 juillet 2013

Journal du 10 juillet 1897

Son cimetière. Des coquelicots, de hautes herbes où les perdrix viendront se remiser. Un long ver sort de la terre remuée. Quelques fourmis. À chaque instant j'oublie qu'il est là, que je marche sur lui. 
Si loin que ma vie m'égare, la mort me ramènera près de lui. 
Nous lui avons fait comme une petite cage de bois blanc. 
Déjà je peux retenir ma part de terre.
Assis à l'ombre étroite du mur, je tâche de me le rappeler.
J'use son souvenir.
Les fleurs deviennent laides sur une tombe, comme de vieilles enseignes de mauvais cabarets.

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