samedi 5 janvier 2013

Jules Renard vu par Paris-Centre 1/2

M. Jules Renard
M. Jules Renard fut, dit L'Univers, un aussi remarquable exemple de déformation professionnelle que les Goncourt eux-mêmes, mais qui avait étudié sous de meilleurs maîtres, qui savait choisir, écrire, sinon composer, inhabile à dresser un livre, curieux et savant dans le détail comme un artiste japonais.
C'est l'homme décrit sous le nom d'Éloi et MM.Paul Reboux et Charles Muller dépeignent Eloi sur la sellette dans les termes suivants:
" Éloi est assis, courbé en avant, les poings au menton. Il plisse le visage. Son regard est fixe, ses joues contractées s'empourprent. il pousse, il ahane, il geint. Le papier se froisse dans sa main. Allons, encore un effort!... Cela va venir!... Cela vient!.. Ouf!  Et toc, un petit mot tombe de sa plume."
On conviendra que c'est bien ça. 
Jules Renard était bien l'homme de son style. son visage jaune, sans sourire,  ses traits durs, ses yeux brillants et inquiétant correspondaient à son talent d'écrivain amer, observateur, laborieux.
Ses premiers écrits avaient indiqué les qualités sérieuses qui devaient lui faire une place dans le monde des lettres. Mais c'est l’Écornifleur, c’est surtout Poil de Carotte qui l'ont rendu célèbre. Pour les gens qui recherchent encore la responsabilité morale d'un écrivain dans ses productions, ce sont de mauvais livres.
La Bigote qui n'eut pas le succès que l'auteur attendait est une œuvre de sectaire qui montre qu'un homme d'esprit abordant certains problèmes, s'il est aveuglé par l'esprit d'un simple Homais, ne parvient à écrire que des niaiseries.
Suite demain.
(Non signé, Paris-Centre, (Nevers), 25 mai 1910.)

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