mercredi 9 janvier 2013

Journal du 9 janvier 1891

Vu, ce matin, Daudet. Il dit de Vignier: " Il porte la mort de Robert Caze en bandoulière"; de Zola: qu'il travaille tant qu'il en est tout noir.
Goncourt, paraît-il, a lu Sourires pincés et va m'écrire...
Il est plein d'une grande pitié pour les pauvres honnêtes, pour les femmes qui savent résister aux besoins de l'entre-cuisses. Il s'est battu deux fois en duel, l'une, au pistolet, l'autre, à l'épée, avec Delpit qu'il a blessé au ventre et au bras. Au duel Drumont-Meyer, après que Drumont fut blessé, Daudet quittait sa veste et demandait à se battre à son tour...
Mme Daudet: une femme bien plus artiste que moi, la femme d'art par excellence.
Il a peur que ses enfants héritent de sa maladie, et sa pièce L'Obstacle lui a été particulièrement douloureuse à faire. Il a dit: 
- Je voudrais mourir de pitié comme je ne sais plus quel roi ancien, auquel on avait amené des captifs si misérables qu'il en est tout de suite tombé malade.

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