lundi 20 octobre 2014

Journal du 20 octobre 1902

Treize jours. Pauvres capitaines dont la seule joie intellectuelle est d'accorder des sursis à des gens de théâtre et de lettres!
- Quel motif invoquez-vous pour demander un sursis? dit le gendarme.
- Je fais jouer une pièce de théâtre dont il fait que je surveille les répétitions.
- Bien. Quel est votre métier?

Actualité littéraire

Proust écrivain de la Première Guerre mondiale, sous la direction de Philippe Chardin et Nathalie Mauriac Dyer avec la collaboration de Yuji Murakami.
192 p. 15 x 23 cm.
20 €
2014, Éditions universitaires de Dijon

dimanche 19 octobre 2014

Journal du 19 octobre 1906

Le bonheur, c'est d'être heureux; ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on l'est.

samedi 18 octobre 2014

Journal du 18 octobre 1904

Flammarion tire le pied sur le trottoir boueux.
- Non, ça ne va pas, dit-il.
- A la campagne?
- Je suis resté à Paris.
- Pour travailler?
- Toujours, et puis, je suis fâché avec mon gendre . Oh! j'ai bien vieilli. La vie me dégoûte.
- Voyons! dis-je.
- Si! Si! Et vous, qu'est-ce que vous faites?
- Ma foi, rien.
- J'ai lu votre interview. Vous n'avez rien dit. Au revoir.
Pourquoi ne se désolerait-il pas? Il est bien libre!
Et, sur le boulevard, le même Montégut, celui qui est en train de faire un roman "immense".

vendredi 17 octobre 2014

Journal du 17 octobre 1893

Je crois que, voulant faire un chapeau, tu n'as réussi qu'un abat-jour. A présent, mets-le sur la lampe, sur le verre de la lampe. Il me semble que je jugerai mieux de l'effet.

Actualité théâtrale

Théâtre de Nesles 
« J’ai encore quelque chose à dire : Sacha Guitry !» 
Un one man show consacré à l’une des plus belles figures de la scène au XXeme siècle, où les bons mots pétillent, amusants, lucides, drôles, grinçants parfois, emblématiques toujours, d’une passion pour la vie, le théâtre, l’élégance et l’esprit français, Sans oublier, bien sûr, sa passion pour les femmes !... 
Spectacle conçu et écrit par moi, 
mis en scène par : toujours moi, 
interprété par : encore moi, alias Pierre-André HELENE
Les mardi et mercredi 25 et 26 novembre, 2 et 3, 9 et 10 décembre 2014 à 19h15
Théâtre de NESLE 8 rue de Nesle 75006 Paris
Réservation : 01 46 34 61 04 Tarif :25€-20€

jeudi 16 octobre 2014

Journal du 16 octobre 1891

J'ai vu, monsieur, sur une table de boucher, des pareilles à la vôtre.

Actualité culturelle

Le Mythe des Courtisanes
Exposition Vendredi 7 novembre 2014 – dimanche 29 mars 2015 
Portraits - Photos – Caricatures - Bijoux- Exceptionnelles robes du soir présentés dans un authentique décor Art Nouveau.
Découvrez l’histoire extraordinaire de celles qui ont symbolisé en leur temps la beauté, le chic, le luxe, l’amour et le scandale. Des demoiselles d’opéra de la fin du XVIIIème siècle aux grandes courtisanes de la Belle Époque, c’est un monde de glamour souvent tragique qui s’offre à vous.
Nous les évoquerons jusqu’à nos jours, dans leurs étonnantes reconversions modernes.
Visite en français tous les jours – sauf lundi et mardi - à 15h15.
Tarif 15 €. Durée : une heure quinze. Il n’est pas nécessaire de réserver.
Musée Maxim’s. 3 rue Royale 75008 Paris. 0142653047

mercredi 15 octobre 2014

Journal du 15 octobre 1896

Elle aime mieux adopter un enfant que d'en avoir un: ça fait moins mal.

L'automobile au temps de Jules Renard

En 1900, on n'achète une automobile que pour se donner du standing. Sa possession, comme celle d'un cheval de course, vous distingue du commune des mortels. Cela vaut bien de verser à la commande un acompte d'un tiers du prix et d’attendre la livraison près d'un an. Quand l'auto est enfin prête, la garantie est subordonnée  à un apprentissage de plusieurs jours. Le client,  disons plutôt l'amateur, comme pour une œuvre d'art, doit l'effectuer aux usines ou chez le représentant de la marque.
Pour démarrer, on tourne la manivelle, et souvent la voiture reste immobile. On tourne, on tourne, jusqu'à ce que la tête vous tourne. alors, on se met à deux, on appelle un domestique. Tandis qu'il tourne à son tour, on ouvre et on ferme le volet d'air. Un peu plus ou un peu moins. Tout à coup, une explosion lance la manivelle à contresens sur le bras du domestique.
- Aïe!
- Ce n'est rien. Courage, dit-on, le moteur a parlé!
Le conducteur est souvent  un chauffeur de maître. Avant de partir, il réchauffe le moteur avec du carburant enflammé.  En cours de route, il doit souvent changer de vitesse, régler l'avance à l'allumage, surveiller le graissage et même refroidir les pneus qui ont tendance à chauffer, surtout l'été. 
Les autos ne s'éloignent guère des villes, les pannes étant fréquentes et les épiceries où se procurer de l'essence encore plus rare. que les mécaniciens.
On ne se fixe jamais une heure d'arrivée. D'ailleurs, une fois sur la route, on se trouve en plein inconnu; à part les petites plaques bleues des Ponts et Chaussées, rares et à peine visibles, aucun repère pour se guider.
(Alain Frerejean, Les Peugeot, deux siècles d'aventure, Flammarion, p. 87.)

mardi 14 octobre 2014

Journal du 14 octobre 1893

Oh! critique, je comprends très bien votre critique. Vous savez, entre nous, moi, je ne me plais pas toujours, non plus.

Actualité littéraire

Le chiffre de la semaine
30 ans
Le salon du livre et de la presse jeunesse célèbre sa 30e édition. Il se tiendra du 26 novembre au 1er décembre, à Montreuil. Avec plus de 160.000 visiteurs, c'est l'une des plus importantes manifestations littéraires.
(Le Figaro littéraire, jeudi 9 octobre 2014, p. 7.)

lundi 13 octobre 2014

Journal du 13 octobre 1887

Homme de peu de lettres

Réédition de Poil de Carotte

Le Figaro du 8 octobre 1915 se réjouit de la réédition du chef-d'œuvre de Jules Renard, à un prix très raisonnable: 50 centimes. «Ce délicieux roman, le chef-d'œuvre de Jules Renard, reparaît, aujourd'hui, en librairie. Il reparaît en un délicieux volume. Il reparaît sous une très jolie couverture illustrée en couleurs signée Albert Guillaume. Il reparait au prix infime et extraordinaire de cinquante centimes. Oui, de cinquante centimes seulement. En effet, Poil de Carotte est republié par Select-Collection, cette collection de romans que l'éditeur Flammarion avait commencé à publier peu de temps avant la guerre et qui offre aux lecteurs à un prix invraisemblable tous les chefs-d'œuvre des maîtres du roman contemporain. 
Au prix de cinquante centimes, Select-Collection avait déjà publié: Rose et Ninette et Tartarin de Tarascon d'Alphonse Daudet, Thérèse Raquin et Madeleine Férut d'Emile Zola, Madame André et Césarine de Jean Richepin, La Petite Dernière et Les Amours d'Estève d'André Theuriet, Les Vacances d'un jeune homme sage de Henri de Régnier, A table d'Henri Lavedan, […] et tant d'autres œuvres passionnantes, émouvantes ou souriantes. Select-Collection publie aujourd'hui Poil de Carotte. N'est-ce pas un choix merveilleux? Et n'est-il pas particulièrement agréable de penser, en ce moment, que c'est grâce à des efforts de ce genre de l'édition française que les meilleures œuvres de nos plus grands écrivains peuvent être répandues partout à l'étranger, à des prix qui les mettent à la portée de toutes les bourses?...» écrit Le Figaro du 8 octobre 1915. 
(le figaro.fr, 8 octobre 2014)

dimanche 12 octobre 2014

Journal du 12 octobre 1908

Il est bien difficile de résister à Guitry, mais grâce à Bourget, on y arrive. Il ne reçoit plus que les académiciens et les futurs académiciens.
L’Émigré, vraiment une très pauvre chose, d'un romancier qui ne comprend rien au théâtre ni, hélas, au progrès humain.
Un vieux spectateur applaudit à tout ce que disent les officiers. Tout ce que dit un officier est bien.
Dès qu'on le complimente, Guitry se met à raconter de petites histoires, avec des temps d'arrêt pour que le reste du compliment puisse se placer.
Une femme dort à L’Émigré. Allons! il y  a encore des honnêtes  femmes.
Les derniers marquis ne veulent pas désavouer tout à fait Bourget: ils envoient leurs larbins à L’Émigré.
- L'Égypte? dit Guitry. Des gens qui depuis quatre mille ans se foutent de nous.

samedi 11 octobre 2014