dimanche 21 septembre 2014

Journal du 21 septembre 1908

Rentré à Paris le 18. Société des Auteurs. De Flers et Cavaillet s’arrondissent de plus en plus; ils montent à l'assaut en roulant.
Paul Hervieu me tend la main.
- Je vous remercie d'être venu, dit-il, et de ne  m'avoir pas fait d'opposition.
- Je n'y ai rien compris, dis-je. Je ne vous ferai jamais d'opposition sur des questions que je ne comprends pas.

vendredi 19 septembre 2014

Journal du 19 septembre 1892

Être gamin, et jouer tout seul, en plein soleil, sur la place d'une petite ville.

Les racines familiales de Jules Renard

Par Jean-Louis Beaucarnot 
Mort à Paris le 22 mai 1910, il se voulait et se sentait nivernais : il avait terminé sa vie comme maire du village de Chitry-les-Mînes, près de Corbigny, qu'il considérait comme son village natal. Car si Jules Renard était né à Châlons-du-Maine, en Mayenne (le 22 février 1864), cela n'avait tenu qu'au hasard, en ce sens que son père, entrepreneur de travaux publics, y avait été conduit par la construction du chemin de fer. Deuxième hasard, ce père, issu d'une vieille souche nivernaise, avait épousé, à Riom, en Auvergne, la nièce d'un de ses confrères entrepreneurs – toujours la vieille habitude de se marier dans son milieu socio-professionnel – Auguste Petit, qui s'était établi à Riom en y amenant apparemment sa sœur, veuve assez jeune et chargée d'une fille, qu'il avait dû aider à élever. La famille Petit, qui était originaire de Villiers-sous-Praslin, dans l'Aube, s'était d'abord établie à Chaumont-en-Bassigny, où Edmé Petit (1777 – 1842) avait été meunier au moulin du Val-des-Choux. Sa fille avait épousé Vallier Collin, graveur et quincailler, qui l'avait laissée veuve après trois années de mariage, et son fils, Auguste, s'était lancé dans les affaires, était devenu entrepreneur et avait fait fortune en participant à la construction de canaux et à celle du tunnel de Balesmes, près de Langres. Il avait acheté, en 1850, le domaine de Chaumont-le-Bois, où il avait fait construire une belle maison bourgeoise, entourée d'un grand parc, dans lequel, grand chasseur, il avait fait aménager une glacière, destinée à conserver le gibier. Voici donc les grandes lignes de la généalogie de Jules Renard, avec 50 % de ses racines en Nivernais –ses Renard sont originaires de Pazy, et 50 % dans l'Est, réparties entre l'Aube, la Haute-Marne et la Lorraine (les Col(l)in, de Lamarche, étant originaires de Moselle (mariage Colin/Grandmaire, Avricourt, 1709) et les Gerdol(le), menuisier, étant venus de Commercy et remontés à Nancy jusqu'à Nicolas, apparemment né à Lemainville (54), vers 1585.
1. Jules Renard, écrivain, Châlons-du-Maine (53) 1864 – Paris, 1910 ; 
2. François Renard, entrepreneur, né à Chitry-les-Mines (58) 1824, marié à Riom (63) en 1854 ;
3. Marie Rosa Collin, Nogent-en-Bassigny (52), 1836 - Chitry, 1909 ;
4. Etienne Renard, propriétaire, Chitry, 1787 – 1855 ; 
5. Marie Jeanne Lorillot, Chitry, 1792 – 1873 ;
 6. Vallier Collin, marchand quincailler et graveur sur métaux, Nogent, 1812 – 1839, marié à Chaumont en 1836 ; 
7. Marie Anastasie Petit, Gyé-sur-Seine (10) – (Chitry ?), 1898 ;
 8. Hugues Renard, Chitry 1742 – 1792, marié Chaumot (58) 1769 ;
 9. Françoise Perreau, Marigny-sur-Yonne (58), 1747 – Chitry, 1831 ; 
10. Claude Lorillot, voiturier ; 
11. Abnne Judas ;
 12. Renaud Collin, menuisier à Nogent (52), Lamarche (88), 1787 – Nogent, 1859 (fils de Jean Col(l)in et Marie Gerdolle) ;
 13. Marie-Louise Gendre, Vitry-les-Nogent (52), 1780 – Nogent, 1831 ;
14. Edme Petit, charpentier puis meunier (au Val-des-Choux, à Chaumont), Gyé-sur-Seine, 1777 – Chaumont, 1842 (issu d'une famille originaire de Villiers-les-Praslin, dans l'Aube) ; 
15. Anne Laurin, Gyé-sur-Seine, 1778 – Chaumont, 1855 ;
16. Philippe Renard, marchand à Chitry, Pazy (58), 1713 – Chitry, 1781 ; 
17. Catherine Apertot (alias Lapertot), Chitry, 1717 – 1774;
32. Jean Renard, mort à Pazy en 1719 ;
 33. Léonarde Garnier (sans doute de Cervon, 58). 
Pour approfondir, on pourra aller sur les adresses suivantes : 
La généalogie de Jules Renard, mise pour partie en ligne sur Gene@star, par Christophe Fourneau et Sylvie Augendre ;
Une bonne généalogie Renard ( arbre en ligne d'André Perrier, sur GeneaNet)
Pour les ancêtres maternels, l' arbre en ligne de François Guillon (bulledesavon), sur GeneaNet ; 
Pour les Gerdolle, celui de Jean-Fred Boisselier ; 
Enfin, pour en savoir plus sur la curieuse glacière de Chaumon-le-Bois (monument se visitant), on pourra aller sur le blog de Michel Montignon. 
(Source:  Jean-Louis Beaucarnot, rfgenealogie.com)

jeudi 18 septembre 2014

Journal du 18 septembre 1906

A chaque instant je m'éteins et je me rallume. Mon âme est pleine de petits bouts d'allumettes.

Intermède

André Gide a confié à la Virginia Quarterly Review que, s'il se retirait dans une île déserte, il emporterait les livres suivants, La Chartreuse de Parme, Les Liaisons dangereuses, La princesse de Clèves, Dominique, La Cousine Bette, Madame Bovary, Germinal, Marianne.
Voici les miens: La Rochefoucauld,  Tallemant des Réaux, Le Misanthrope, Chamfort, Le Neveu de Rameau, Le Brulard, Les Souvenirs d''Égotisme, La correspondance de Stendhal.
(Paul Léautaud, Propos d'un jour, Mercure de France, 1947, P. 58.)

mercredi 17 septembre 2014

Journal du 17 septembre 1897

Moi qui n'aimais pas la chasse et qui n'y voyais qu'un jeu de barbares, voilà que je l'aime pour faire plaisir à mon  père. Chaque fois que je tue une perdrix, je jette de son côté un coup d’œil qu'il comprend bien, et, le soir, en rentrant, si je passe devant la porte de son cimetière, je lui dis: "Tu sais, mon vieux, j'en ai cinq!"
Oh! étrangler une perdrix, lui serrer le cou, sentir entre ses doigts cette petite flûte de vie!
Mais, si je rentre bredouille, je tâche de ne point passer devant la porte de cimetière.

mardi 16 septembre 2014

Journal du 16 septembre 1901

Horloge. Le pas lourd du balancier, ce pas de vieux paysan qui peine toujours.
- Oui, tout petit, au collège,  dans tes narrations, tu faisais déjà des phrases.
- Je n'en fais plus, dis-je.

Poil de Carotte aux enchères

SVV BALSAN  --  La Ferté Bernard   --   4 octobre 2014
LOT n°145 [LOBEL-RICHE] RENARD (Jules) Poil de carotte. Illustré de 52 eaux-fortes originales en noir dont 1 portrait-frontispice & 13 hors-texte. 1 fort vol. de 282 pp. in-4 relié maroquin rouge, roulette & filets dorés en encadrement à décor de palmes, large motif fleuri à décor de même, doublures de soie moirée olive dans un large encadrement de maroquin rouge orné de palmes et de fleurons aux angles & sur les côtés, gardes de soie moirée olive et gardes de papier marbré, dos à nerfs à caissons fleuris, double filet sur les bords, tranches dorées, emboîtage bordé. Reliure signée Affolter. Paris Romagnol 1911. Tiré à 350 ex. numérotés, celui-ci 1 des 150 du tirage de tête (n° 26) sur japon, comprenant 3 états dont 1 à l'eau-forte pure, 1 terminé avec remarques & 1 état terminé avec la lettre pour les en-têtes et avant la lettre pour les hors-texte. Réf: Monod II - 9629 - Carteret IV - 338 - Mahé III - 250-251 - Rahir 611
Estimation: 800 - 1000 €

lundi 15 septembre 2014

Journal du 15 septembre 1906

Une institutrice refuse un mari qui a 100.000 francs parce qu'il a l'air d'un ouvrier, et parce que, dit-elle, elle ne veut pas avoir un mari au-dessous d'elle par l'éducation; et, dans la lettre où elle fait ainsi la mijaurée, il y a quatre fautes d’orthographes.
Scène. Il lit la lettre lui-même, et se met à rire.

Le buste de Jules Renard aux enchères.

SVV ADER  --   3 rue Favart  Paris  --  2 octobre 2014.
Lot. 280. Sacha GUITRY. Buste de Jules Renard, [vers 1910]. Plâtre, signé sur le bas du cou à droite. Hauteur : 39 cm Grand buste en plâtre réalisé peu après la mort de Jules Renard (1864-1910). « J’ai fait trois bustes dans ma vie… Le premier était un buste de Jules Renard, le deuxième était un buste de Jules Renard – et le troisième aussi… […] Trois bustes du même homme ! Et c’est vous dire assez quelle admiration, quelle tendresse j’avais pour Jules Renard ».
1 200 / 1 500 €.
Lot 280 bis. Sacha GUITRY. Jules Renard. Dessin original à la mine de plomb.27,5 x 18,5 cm.  600 / 800 €.
Lot  281. Sacha GUITRY. Jules Renard. Dessin original à l’encre de Chine et gouache, signé en bas à gauche en rouge. 39 x 32 cm.
Très beau portrait en buste, de profil, de Jules RENARD (1864-1910). Au verso, dédicace autographe sur carton au chanteur et comédien René KOVAL (1885-1936) : « à mon ami René Koval qui a autant de coeur que le talent de Sacha Guitry.
1 000 / 1 500 €.

dimanche 14 septembre 2014

Journal du 14 septembre 1903

On peut faire toutes les boutiques de Corbigny sans trouver une lime à ongles, une brosse à dents, et il n'y d'éponges que pour les voitures.

samedi 13 septembre 2014

Journal du 13 septembre 1895

M. Rigal est encore venu me voir ce matin, comme une leçon. Il a une chaîne de montre en or, une cravate blanche, une chemise moins blanche, et des accrocs à ses manches, à son pantalon d'un noir poli, poli. Il ne veut pas d'une situation qui l'humilierait aux yeux de ses anciens administrés, mais il leur tend volontiers la main. Il parle d'organiser une loterie à vingt francs le billet. A deux cents billets, il trouverait quatre mille francs, avec quoi il recommencerait sa vie. Dans une heure de conversation, il trouve quatre ou cinq idées qui le tirerait d'affaire.
- Qu'est-ce que vous en pensez, Renard? Il vaudrait mieux faire cela, peut-être?
Arrive l'instant où ses yeux s’emplissent d'eau. C'est une habitude qu'il a prise. Il réussit très bien.
Et il est toujours gras, de cette graisse des petits restaurants où l'on mange beaucoup de pain. Il a gardé son bon appétit  et ses petites dents d'Auvergnat rongeur; et il a une poignée de main en chair froide.
La misère ne le corrige pas. On voit qu'il se fait à mendier. Il se contente de traiter le siècle de "positif". Ses mains courent à toutes ses poches, disparaissent, ressortent, vont et viennent pour tirer des lettres: "Tenez, lisez ça!, " des lettres dédoublées pour que ça pèse moins, et sales. On reste les yeux dessus le temps nécessaire pour faire croire qu'on les lit. Et tout d'un coup:
- Si je retournais à Nevers fonder une nouvelle maison?
Je le regarde. Et sa grosse tête, bouffie, chauve et cuivrée, me fait l'effet d'une cloche dont le battant, soudain, devient fou.
Et, tout le temps, la peur du "tapage". mais ça ne tombe pas.

vendredi 12 septembre 2014

Journal du 12 septembre 1890

Ma phrase de demain: le sujet, le verbe et l'attribut.

Actualité littéraire

Le jeune homme et le peintre.
De lui, Cocteau avait dit: "Le seul portraitiste qui nous lègue les usages de son époque avec un talent pointu postimpressionniste." Lui, c'était Jacques-Émile Blanche, le peintre de la belle Époque, de ses mondaines et de ses artistes... Mais Blanche ne fut pas que cela. A jamais son nom reste lié à celui de Marcel Proust. Il a été en effet son premier portraitiste et son premier critique littéraire: Blanche était aussi doué pour la plume que pour le pinceau. [...] En 1913, Proust n'est aux yeux de tous qu'un mondain et un salonnard, méprisé par ses pairs en littérature. Du côté de chez Swann est ignoré. Blanche sera le premier à défendre le roman en prenant la plume, dans L’Écho de Paris.
C'est ce texte, ainsi que deux autres, inédits en volume, que nous retrouvons ici réunis.
Portraits de Marcel Proust en jeune homme, de Jacques-Émile Blanche, Bartillat, 128 P. 12 €.
(Thierry Clermont, Le Figaro littéraire, jeudi 4 septembre, p. 7)

jeudi 11 septembre 2014

Journal du 11 septembre 1908

Ragotte gagnait 15 francs chez sa vieille dame. On l'avait mise là de confiance. Elle était bien nourrie, et, en gardant les cochons, sauf votre respect, elle mangeait des bons quartiers de pain dans les fossés.