mardi 30 septembre 2014

Journal du 30 septembre 1895

Le juge avec sa toque, coiffé comme un gros crayon.

Le Bateau-lavoir au temps de Jules Renard

De 1903 à 1912, au numéro 13  de la rue Ravignan, à Montmartre, une inconfortable maison de bois, surnommée le Bateau-lavoir, abrita des peintres, des sculpteurs, des littérateurs, des humoristes, des acteurs, des blanchisseuses, des couturières et des marchandes des quatre saisons.
Glacière l'hiver, étuve l'été, les locataires s'y rencontraient à l'unique fontaine, un broc à la main. 
Picasso s'y fixa dès 1903, au retour d'un séjour en Espagne. C'est alors que je le vis pour la première fois. Il bavardait sur la petite place Ravignan (devenue depuis la place Emile-Goudeau) avec son compatriote le peintre catalan Ricardo Canals, arrivé en même temps que lui à Paris, quelques années auparavant.
(Fernande Olivier, Picasso et ses amis, Stock, Delamain et Boutelleau, 1933, p. 24.)

lundi 29 septembre 2014

Journal du 29 septembre 1902

Ragotte ne fait jamais rien le dimanche. Elle croise et décroise ses mains sur son ventre, et elle rêvasse.

Actualité culturelle

Les Affaires sont les Affaires
Une comédie  d'Octave Mirbeau
Mise en scène et direction d'acteurs: Rui Ferreira et Olivier Bruaux
Première: 28 septembre 2014
Représentation du 10 octobre au 31 décembre 2014
Théâtre du Nord-Ouest, 13 rue du Faubourg Montmartre, Paris 9°.

dimanche 28 septembre 2014

Journal du 28 septembre 1909

Deuxième répétition. Averse de compliments au foyer. Hirsch, qui a écouté le second acte, trouve ça définitif et dit que ce sera une bataille. Il est très fier de passer avec moi.
Il faudrait une horloge qu'on ne verrait que de dos. 
Antoine me dit que, depuis les Corbeaux, il n'a rien vu d'aussi bien que le second acte. J'ai réussi ce que tant d'autres ont essayé avec les pièces à prêtre. Il m'a tendu la main en disant:
- L’œil de M. Lepic! Je reconnais l’œil de M. Lepic! Répétition assez pauvre. La scène d'Honorine est lourde, presque inutile. Faire des coupures.

samedi 27 septembre 2014

vendredi 26 septembre 2014

Journal du 26 septembre 1895

Ce qui me gâte les animaux de Grandville, c'est leur costume. l'air suffisait. J'ai tâché de me contenter de l'air dans mes histoires naturelles. Les animaux ne sont pas ridicules.
La tortue ressemble à une blouse qui sèche sur une corde et ballonnée par le vent.
La girafe porte-drapeau.
Le hérisson frisé comme des baguettes de tambour.
L'âne au sabot d'enfant, modeste chanteur des rues.

jeudi 25 septembre 2014

Journal du 25 septembre 1893

Comme homme, accepter tous les devoirs, comme écrivain, s'accorder tous les droits, et même celui de se moquer de ses devoirs.

Jean Jaurès dans la Nièvre

Jean Jaurès n’est jamais venu dans la Nièvre pour soutenir des ouvriers en grève. Ni pour aller voir son ami Jules Renard. 
Il a répondu à l’invitation de la fédération socialiste de la Nièvre. Et a donné trois conférences en tout. Toutes bondées. C’est l’affluence, qui frappe, d’abord. Entre 700 et 800 personnes à Nevers, au moins 400 à Guérigny. À Nevers, dans la salle de la Paume, tout le monde n’a pas pu entrer. Pour assister à la première conférence de Jean Jaurès, ce 26 octobre au soir, on se presse. Ouvriers, enseignants, officiers en civil, « quelques dames » : le rapport de police fait le portrait d’un public très divers. 
À Guérigny le lendemain soir, en revanche, les ouvriers seront majoritaires. Rien d’étonnant dans cette ville marquée par les forges. 26 et 27 octobre 1901. Jean Jaurès est de passage dans la Nièvre, donc. Deux conférences très politiques, à l’invitation de la fédération socialiste de la Nièvre. « On est déjà à ce moment-là dans la précampagne pour les élections de 1902, explique Catherine Moulin, agrégée d’histoire, enseignante à Villeurbanne, et membre de la société d’études jaurèsiennes. Jean Jaurès vient pour parler du socialisme et du capitalisme.
 Ce sont deux réunions très classiques, dans lesquelles il s’agit de développer les grands points de l’idéologie socialiste de l’époque : la condamnation du capitalisme, la nécessité d’un nouveau système économique et social et l’appel à voter socialiste et, pour les ouvriers, à s’organiser et à s’unir ».
(Valérie Mazerolle,  Le Journal du Centre, 31 juillet 2014.)

mercredi 24 septembre 2014

Journal du 24 septembre 1902

Chasse. Dans la luzerne humide, la caille fuit devant le chien qui "ondule", relève de temps en temps le nez, qu'il a couvert de feuilles jaunes, et souffle comme un phoque. La caille file. On voit les brins de luzerne remuer, léger sillage.Les plumes trempées, elle ne peut pas partir. Parfois, le chien s'arrête, tient trop, et la caille en profite pour gagner du terrain. On traverse ainsi un petit océan de luzerne. Enfin, Philippe tire et l'abat. Trois domestiques du Bouquin se mettent à crier: un peu plus... Les plombs ont" viouné" à leurs oreilles.
-Pourquoi donc, dit Philippe, que vous restez là, dans le chemin, derrière  la "trace"?
Parole imprudente! Est-ce que le chemin n'est pas à tout le monde? Il faut rattraper. Je retrouve les trois gars plus loin, et ils finissent par dire que c'était pour blaguer.
On entendait la  pluie venir sur le bois. Elle faisait du bruit comme une rivière.
Il pleut, il pleut! Des chiens boivent debout.
Des paysans arrachent leurs pommes de terre, courbés comme s'ils les mangeaient.

mardi 23 septembre 2014

Journal du 23 septembre 1899

Les jardins qui s'éteignent, à l'automne.

L'instruction au temps de Jules Renard

L'instruction gratuite et obligatoire. Pour mieux former des citoyens modèles, bien soumis aux règles du régime et bien crédules aux bourdes qu'on leur sert. Le bon sens détruit, remplacé par la prétention. Ânes à diplômes qui n'en restent pas moins des ânes, rien ne remplaçant l'intelligence et la curiosité d'esprit natives. 
Disparition de l'esprit de fronde, de l'esprit satirique. Le gavroche loustic qui dégonflait les baudruches sociales d'un lazzi, n'existe plus;
Même appréciation pour ces jeunes gens, si grossiers de propos et de façons, pour ces gamines, si prétentieuses, que je vois chaque jour dans le train, munis de manuels et de cahiers d'études, qui peuplent les Facultés. De futurs déclassés qui, je l'espère bien, végèteront et expieront leur fétichisme des diplômes, qui ne leur auront rien conféré de plus qu'un petit savoir momentanément.
Un bon artisan, auprès de tous ces sots vaniteux, quel personnage sympathique!
 (Paul Léautaud,  Journal littéraire)

lundi 22 septembre 2014

Journal du 22 septembre 1902

Le guichard, sonore chevalier du raisin mûr.

Actualité littéraire

Lettres inédites de Jack london
Les éditions Finitude vont publier la correspondance inédite  de Jack London avec ses deux filles, Joan et Becky, entre 1907 et 1916, à la veille de sa mort, à 40 ans. Selon l'éditeur, "elle fait découvrir un Jack London au caractère explosif, une personnalité hors du commun qui tolère difficilement qu'on s'oppose à lui. La première à en faire les frais est son ex-femme..." La parution est annoncée pour le 21 octobre, sous le titre Je suis fait ainsi (128 pages).
(Le Figaro littéraire, jeudi 18 septembre 2014, p. 3.)

dimanche 21 septembre 2014

Journal du 21 septembre 1908

Rentré à Paris le 18. Société des Auteurs. De Flers et Cavaillet s’arrondissent de plus en plus; ils montent à l'assaut en roulant.
Paul Hervieu me tend la main.
- Je vous remercie d'être venu, dit-il, et de ne  m'avoir pas fait d'opposition.
- Je n'y ai rien compris, dis-je. Je ne vous ferai jamais d'opposition sur des questions que je ne comprends pas.