jeudi 24 avril 2014

Journal du 24 avril 1899

La fausse modestie, c'est déjà très bien.

La théorie du genre au temps de Jules Renard

Rainer Maria Rilke (1875-1926) a visité l'école de Samskola au cours de l'été 1904, lors d'un voyage à travers la Scandinavie. Le texte issu de cette expérience fut écrit sur-le-champ, puis publié l'année suivante dans une revue berlinoise.
Le bref essai de Rilke, Samskola, noue et dénoue les enjeux de cette condition difficile, pour mieux les renouer autrement. Il décrit avec des yeux fascinés une jeune école expérimentale, et mixte, qui a ouvert ses portes quatre ans plus tôt en suède, près de Göteborg. Là, pas de hiérarchie ni d'apprentissage imposé: l'enseignement  est placé sous le signe de la joie et de la liberté. Il vise à l’épanouissement individuel de chaque enfant, au développement attentif de ses goûts et de ses capacités. C'est un lieu protégé des pressions dominatrices de la société, mais ouvert à la vie du dehors et à ses infinies richesses, qui se livrent peu à peu aux enfants, comme sous l'effet d'un filtre. Tous les cloisonnements artificiels tombent d'eux-mêmes. L'école de Samskola ne forme pas en vue d'un avenir imprécis, mais pour mieux vivre le présent.
- Samskola, dans Poupées, trad. de Pierre Deshusses, Rivages-Poche, 96 p., octobre 2013, 5,10 €.) -
(Gauthier Ambrus, Le Temps (Genève), samedi 1er mars 2014, p. 40.)

mercredi 23 avril 2014

Journal du 23 avril 1892

Chaque homme dans une discussion est nombreux comme les grains de sable de la mer.

Le Plaisir de rompre

16 mars 1897.
Le Cercle des Escholiers, sous la présidence de Robert de Flers, donne aux Bouffes-Parisiens, Charité, pièce en trois actes de Lucien Gleize, et Plaisir de rompre  de Jules Renard qui va aux nues avec l'interprétation de Jeanne Granier et d' Henry Mayer.
(André Antoine, Le Théâtre, T. I  Les Éditions de France, p. 359.)

mardi 22 avril 2014

Journal du 22 avril 1899

Les romantiques, des gens qui n'ont jamais vu l’envers de rien.

Jules Renard inconnu


Henri POINCARÉ (1854-1912) mathématicien.
L.A.S., [à Alfred Massé] ; 1 page et demie in-8.

Il ne désire pas faire partie du comité Jules Renard : « Je fais déjà partie d’un grand nombre de comités analogues et je ne saurais accepter d’entrer dans un nouveau conseil de patronage que si mes études, ou quelque autre raison spéciale, me rapprochaient de l’homme dont il s’agirait d’honorer la mémoire. Or je suis obligé de vous l’avouer à ma grande honte, j’ignore absolument ce que c’est que Jules Renard ». Peut-être un titre d’ouvrage lui raviverait la mémoire, mais l’oubli du nom de cet auteur montre qu’il n’est pas qualifié pour l’honneur qu’on lui propose...
ALDE SVV-lot 359 - vente du lundi 28 avril à Paris Drouot - Estimation: 300/400 €.

lundi 21 avril 2014

Journal du 21 avril 1890

Quand on commet une indiscrétion, l'on se  croit quitte en recommandant à la personne d'être... plus discrète qu'on l'a été soi-même.

Poil de Carotte pour les bibliophiles

Renard Jules - Poil de Carotte - Flammarion, Paris 1894 - 12 x 19 cm - relié.
Édition originale sur papier courant. Reliure à la bradel en demi percaline amande, dos lissé légèrement  passé orné d'un fleuron typographique doré, double filet doré en queue, pièce en titre de chagrin rouge, plats de papier marbré, couvertures conservées comportant de légères déchirures marginales sans gravité, reliure de l'époque.
Précieux envoi autographe signé de l'auteur à Jean Ajalbert.
Provenance de la bibliothèque de Jean Ajalbert avec son ex-libris japonisant dans le style des Nabis gravé sur bois à tout petit nombre, signé d'un monogramme, probablement celui de Félicien Rops.
2800 €.
Librairie le Feu Follet - 31 rue Henri Barbusse - 75005 Paris.

dimanche 20 avril 2014

Journal du 20 avril 1901

Huret avoue qu'il ne comprend rien à Rabelais. Pour se rattraper, il dit que Montaigne est le plus grand écrivain de tous les siècles.

samedi 19 avril 2014

Journal du 19 avril 1909

Sa cheminée fume, et elle laisse sa porte ouverte même en hiver.
Deux pauvres tisons, comme une pipe de vieux s'allume à la pipe du voisin.
- je me  mets dans le feu, dit-elle. Pour me réchauffer, je mets sur mon lit tout ce que j'ai dans la maison.
Une vieille toute blanche, qui ne se nourrit que de pain trempé dans du lait.

vendredi 18 avril 2014

Journal du 18 avril 1893

- Comment trouvez-vous Peints par eux-mêmes?
- J'aime mieux les Liaisons dangereuses, dit Schwob.
- Mais vous avez écrit une belle lettre à Paul Hervieu.
- Oui.
- Alors, dis-je, ce que vous avez écrit, et rien...
- Çà dépend.
-Oui! On ne sait jamais.

jeudi 17 avril 2014

Journal du 17 avril 1890

Les deux Dumas ont renversé la théorie de l'économie. C'est le père qui fut le prodigue, et le fils qui fut l'avare.

Actualité littéraire

En 1905, le critique d'art Félix Fénéon rejoint la direction du quotidien Le Matin et y crée la rubrique "Nouvelles en trois lignes" inspirées de la gamme infinie des faits divers, du plus cocasse au plus sordide. Avec humour ou cynisme, il a arrangé ou réécrit des dépêches de dernière minute donnant naissance à de véritables incipits ou arguments de roman, proches de l'esprit de Jarry ou d'Alphonse Allais.
Illustration de cette "marée quotidienne": "Mme Olympe Fraisse conte que dans le bois de Bordezac (Gard) un faune fit subir de merveilleux outrages à ses 66 ans"; "C'est au cochonnet que l'apoplexie a terrassé M. André, 65 an, de Levallois. Sa boule roulait encore qu'il n'était plus"; et pour finir: "Les nuits du Bas-Meudon. Une errante entraînait Loret vers un antre nuptial; quand quatre brutaux en espadrilles le dévalisèrent." Une réédition particulièrement bien venue!
Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes, Éditions Macula, 208 P. 18 €
 (Signé: T.C. Le Figaro littéraire, jeudi 10 avril 2014, p. 7.)

mercredi 16 avril 2014

Journal du 16 avril 1906

Elle se voûte. Debout, je ne vois plus ses yeux terribles. Quelquefois, pourtant,  un éclair pâle monte jusqu'à moi, mais ça ne tonne plus comme autrefois.

Actualité littéraire

Nouvelles de Maupassant.
L'intégrale des 300 nouvelles et contes de Guy de Maupassant va être réunie dans un volume "Quarto" préfacé par Martine Reid. On y retrouvera un quart de siècle de création du "taureau à face humaine, couvert d'écriture", comme l'appelait Paul Morand. L'occasion de redécouvrir La Horla, l'ambition crapuleuse de Georges Duroy (Bel-Ami) ou encore la prostituée Elisabeth Rousset (Boule de suif). À paraître le 4 juin.
(Le Figaro littéraire, jeudi 10 avril 2014, p. 4.)