Migraine. Parfois, il me semble que ma tête, petite et lourde, est tout là-haut, loin de moi, perchée au bout de mon corps comme un gratte-cul au bout de sa ronce.
jeudi 11 décembre 2014
mercredi 10 décembre 2014
Philippe Bouvard, Jules Renard et Mitterrand
... Et Mitterrand m'a invité à prendre un petit déjeuner [...] Après quoi on s'est découvert une passion commune pour Jules Renard, qu'il connaissait beaucoup mieux que moi. Sachant qu'il y avait deux titres de Renard qui ne figurait pas dans mon édition, il les a cherchés dans des librairies qu'il fréquentait et me les a envoyés, avec un mot de sa main. Délicate attention alors qu'il savait que je n'étais pas de son bord politique.
(Philippe Bouvard, Valeurs actuelles, n° 4071, 4 décembre 2014, p. 74.)
mardi 9 décembre 2014
Journal du 9 décembre 1895
Hier soir, Rostand et moi, nous venons de faire faire un grand pas en avant à notre rupture. C'est ainsi que j'ai la manie des lettres, que celle d'hier matin n'était pas spirituelle, que je veux toujours m'expliquer, et que cela est inutile.
Dès que vous n’êtes plus sérieux avec votre ami, la brouille est proche. Je le sens bien, moi qui use mes amis par douzaines.
lundi 8 décembre 2014
Journal du 8 décembre 1895
Borneau gagne 3 fr. 50 par jour en été, à douze heures par jour de travail, et 3 francs en hiver, à dix heures. Il travaille au château, où il y a "de la Renaissance, du Louis XV et de l'Empire".
La mère Françoise va tous les jours à Corbigny. Elle se lève à quatre heures, fait cuire son petit café et part un quart d'heure avant les autres, parce qu'elle marche moins vite. Elle rentre à huit heures du soir. Elle gagne ses quinze sous par jour.
dimanche 7 décembre 2014
Journal du 7 décembre 1906
Mme Rostand. Reine, à l'hôtel du Quai-d-Orsay, à six heures, elle reçoit sa cour: hommes en habit, femmes décolletées, sans compter ce vieux bonhomme de neige d' Henry Bauër.
Maurice Rostand, longs cheveux et culottes longues, fait des grâces. Il baise la main des dames, fait la cour à sa mère, l'embrasse dans le dos, ne veut jamais la quitter. Il aimerait mieux mourir que de la laisser venir seule à Paris.
Trouve Jules césar mal traduit, mal joué et bien monté. A traduit lui-même la Samaritaine, en anglais, "rare merveille", dit sa mère.
Il aime moins son papa que ne l'aime son frère, qui est un scientifique, de génie aussi.
samedi 6 décembre 2014
Journal du 6 décembre 1889
Rosny, une sorte de Zola compliqué, avec une phrase artiste où les incidentes se bousculent.
vendredi 5 décembre 2014
Journal du 5 décembre 1903
On a vite fait de savoir si un poète a du talent. Pour les prosateurs, c'est un peu long.
Les prisons anglaises au temps de Jules Renard
C'est du fin fond de pareille misère que Wilde dut accomplir, pendant tout le premier moi de cette période d'emprisonnement, le plus éprouvant de ses travaux forcés: le treadmill, ou "moulin de discipline", énorme roue de bois que le détenu, debout à l'intérieur, était obligé de faire tourner continuellement, six heures par jour, en actionnant, à l'aide de ses pieds nus, des palettes mobiles. Ce dispositif barbare, proche de l'instrument de torture, sir Edward Clarke, l'avocat de Wilde, le décrivit comme suit:
"Figurez-vous une immense roue à l'intérieur de laquelle se trouvent des marches circulaires. Oscar Wilde, placé sur une des marches, fait mouvoir aussitôt la roue à l'aide de ses pieds. Les marches se succèdent sous son pas à un rythme rapide et régulier. Ses jambes sont soumises à un mouvement précipité qui produit une fatigue énervante et affolante au bout de quelques minutes. Mais il doit maîtriser cette fatigue, cet énervement, cette souffrance, et il lui faut continuer à jouer des jambes sous peine d'être renversé, enlevé et projeté par l'action même de la roue. Cet exercice fantastique dure un quart d'heure. On donne à Wilde cinq minutes de repos. Puis l'exercice recommence pour une durée totale de six heures."
(Daniel Salvatore Schiffer, Oscar Wilde, splendeur et misère d'un dandy, Éditions de La Martinière, 2014, p. 164)
jeudi 4 décembre 2014
Journal du 4 décembre 1908
Chez Boylesve. Et je ne reconnaissais pas sa femme aux jeudis de l'Odéon! Elle avait l'air d'une fillette avec son papa. Avec son mari, elle a à peine l'air d'une femme.
Hôtel, domestique qui se foutent de nous. Les dames dînent en chapeau. Jet d'eau dans une cour, mais Boylesve n'ose plus le faire marcher. Il le cache même derrière des rideaux.
Boylesve, un homme qui souffre physiquement, je crois, et dans son coeur littéraire. On a dû le traiter d'amateur. Il souffre peut-être aussi du succès (?) d'un Henry Bordeaux.
mercredi 3 décembre 2014
Journal du 3 décembre 1889
Vu, chez Rachilde, Trézenik, figure bien franche et sympathique. Il essaie, lui, l'ancien directeur de Lutèce, de faire un journal qui soit lu de tous les lettrés. Tout le monde y vient donc!
Trézenik nous disait qu'aucun étudiant ne lisait Lutèce, ce petit journal qui faisait tant de tapage dans la grande presse.
mardi 2 décembre 2014
Journal du 2 décembre 1899
Un auteur dramatique qui fait une pièce ne doit pas aller au théâtre, car il trouve dans toutes les pièces qu'il voit, quelque chose de la sienne.
Actualité littéraire
En livre audio,
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. L'intégrale lu par: André Dussolier, Lambert Wilson, Robin Renucci, Guillaume Gallienne, Denis Podalydès, Michel Lonsdale.
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. L'intégrale lu par: André Dussolier, Lambert Wilson, Robin Renucci, Guillaume Gallienne, Denis Podalydès, Michel Lonsdale.
Coffret de 35 CD. 128 heures d'écoute.
Éditions Thélème. 225 €
lundi 1 décembre 2014
Actualité théâtrale
L'importance d'être Constant, d'Oscar Wilde
Par la compagnie des Framboisiers
Laurette Théâtre, 36 rue Bichat, Paris 10°
Samedi à 18 h. Jusqu'au 20 décembre.
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