mardi 27 juillet 2021

LE JOURNAL DU CENTRE NOUS PARLE DE POIL DE CAROTTE

 LE JOURNAL DU CENTRE - 26 juillet 2021 

Chitry-les-Mines et Lormes communes pionnières du 7e art ? 

En quelque sorte puisque c’est là que Julien Duvivier pose ses caméras, en 1932, pour tourner l’un des premiers films parlants du cinéma : "Poil de Carotte". Lorsque Julien Duvivier adapte le roman de Jules Renard au cinéma, en 1932, Poil de Carotte a déjà vécu plusieurs vies. Une vie littéraire d’abord. Le roman, sous forme de longue nouvelle autobiographique a été publié en 1864. Il a profondément marqué Duvivier, qui voit dans l’œuvre de Renard un sujet « éternel et bouleversant », déclarant même que selon lui « jamais une histoire plus bouleversante n’a été écrite. » Une vie cinématographique ensuite. En 1925, le réalisateur porte une première fois l’histoire à l’écran. Le cinéma muet vit alors ses dernières années. Le film américain le Chanteur de jazz, qui sortira deux ans plus tard, en 1927, marquera officiellement le début du parlant. En 1932 donc, Julien Duvivier reprend l’histoire de Poil de Carotte dans une nouvelle version parlante. Il voudra même plus tard s’atteler à une troisième adaptation, cette fois en couleur, mais ne concrétisera pas ce projet. Avant d’envisager, encore, pendant sa période américaine, au début des années 1940, le projet d’une autre version, se déroulant en Nouvelle-Angleterre. 

Duvivier s’attache à dépeindre ce monde rural  Duvivier a son histoire, il a aussi l’un de ses interprètes, Harry Baur, qu’il a déjà fait tourner deux fois et notamment dans David Golder, en 1931. Un long métrage tout à la fois première expérience du parlant pour Harry Baur et premier film parlant pour Duvivier, avec lequel il connaît son premier succès. Il ne manque au réalisateur que le lieu de son intrigue. Il tourne entre la Corrèze et la Nièvre, à Lormes et Chitry-les-Mines, dans les paysages qui ont vu grandir l’auteur du roman, Jules Renard. En 1866, sa famille s’était installée à Chitry, lieu de naissance de François Renard, le père de Jules, qui y était devenu maire. La scolarité de Jules et de son frère se déroule à Nevers où ils sont en pension. Dans son film, Duvivier s’attache à dépeindre ce monde rural, vivier de tant de personnages comme Poil de Carotte, enfant non désiré par sa mère, enfant battu, et M. Lepic, paysan taiseux qui se refuse à montrer ses sentiments. Les raisons de l’attachement du cinéaste pour cette histoire tiennent peut-être aux résonances qu’elle peut avoir avec sa propre enfance. Le père de Duvivier était un homme sec, rude, ne dévoilant jamais ce qu’il ressentait. Il ne serait pas étonnant que le personnage taiseux de Lepic lui ait rappelé ses relations avec son père et ce n’est certainement pas un hasard si, de ses films muets, le Poil de Carotte version 1925 était celui dont il était le plus fier. (Source : DVDCLASSIK) 

 Destins. Les acteurs du film, Harry Baur dans le rôle de Monsieur Lepic et Robert Lynen, qui interprète son fils, le petit François, dit "Poil de Carotte", seront plus tard liés par leurs destins tragiques. En 1942, Harry Baur est arrêté par la Gestapo qui le croit juif. Torturé, il est finalement libéré mais il mourra en 1943 à l’âge de 63 ans. Robert Lynen, lui, a été fusillé en 1944, alors qu’il n’avait que 24 ans, après avoir été déporté en Allemagne pour faits de résistance.

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