lundi 7 mars 2016

Journal du 7 mars 1897

Hier soir, lecture de la Samaritaine de Rostand. Un admirable lecteur. Des vers jolis, jolis comme des cœurs. Une samaritaine originale, et un Christ qui rappelle celui de Victor Hugo dans la Fin de Satan. Je n'ai pas de peine à dire à Rostand qu'il est un grand poète, comme Musset, Gautier, Banville, qu'il est plus fort que tous les poètes actuels, et qu'il est dans la poésie ce que je voudrais être dans la prose. Enfin, je l'admire en toute sécurité, et je suis sûr de ne pas me tromper. Il y a des admirations qui exigent effort, que le doute suit de près. Rostand, un peu pâle, dit: "Oh! il est drôle!" Et il a l'air heureux.
- J'aime bien mieux Cyrano de Bergerac que je suis en train d'écrire, dit-il.
Naturellement.

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