jeudi 5 février 2015

Jules Renard vu par Pierre Louÿs

Tamaris, lundi 30 mai 1910
Ah! Avec quelle amertume j'ai lu depuis quinze jours tous les articles dithyrambiques qui sont faits sur Jules Renard ! "Il aimait la littérature. Il est mort pauvre. Il était célèbre et n'a jamais vendu sa plume. Quel exemple!" Ces journalistes me dégoûtent. Pensent-ils vraiment qu'il soit le seul? Ils vont lui donner une rue à Auteuil, une statue sur la place, et tout le reste; quand, de son vivant, personne dans l’État ni dans la presse ne s'occupait de savoir s'il était honnête écrivain et pauvre. On ne s'occupe des confrères que lorsqu'ils sont pourris. 
(Pierre Louÿs , Mille lettre inédites à Georges Louis, 1890-1917, Fayard, 2002.)

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