dimanche 2 novembre 2014

Journal du 2 novembre 1901

La Loië Fuller en face de moi dans l'omnibus. Une figure commune de grosse fille qui aurait la manie de se peindre comme une actrice.
De gros doigts sans phalanges où les bagues seules marquent une division. Sourire intermittent, comme si, tous ces gens de l'omnibus, c'était encore du public. Des yeux vagues. Myope. De hauts talons comme à la scène. Il faut se hausser dans la vie aussi.
Elle n'a pas de monnaie pour payer sa place. Elle est obligée de descendre pour en faire chez un marchand de vins. 
Envie de lui dire: "Mademoiselle, je vous connais et vous admire: voilà six sous." A quoi bon!

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