mardi 21 août 2012

Journal du 21 août 1905

Le comité républicain du 20 août. Pas le moindre salut au comité provisoire. Quand j'arrive, les trois hommes politiques s'installent au bureau. Quelques-uns demandent pourquoi je n'en suis pas.
M. d'Aunay. Sa petite tête de fruit confit, à cheveux blancs et à moustache noire, si ce n'est le contraire: je ne sais plus bien. Gilet blanc, chou rouge à la boutonnière. Grêle silhouette de diplomate.
Place, avec des temps, des sourires, des pauses, des reprises, un excellent discours pour le peuple, cent fois récité par cœur, où jamais une idée neuve n'est venue troubler la banalité d'un style officiel. Sur la table, des feuilles où de temps en temps il jette un coup d’œil: ça donne au discours quelque chose de neuf. Parfois, un mot dit par cœur est l'opposé de celui qu'il eût fallu. Parfois, il se reprend. "Gambetta... Waldeck-Rousseau... Le Sénat plus républicain que la Chambre...La commission dont je fais partie...Nous allons pouvoir nous occuper des questions sociales... La paix, mais la guerre... Les guerres économiques..." Succès à chaque période. Quelques ratés.

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