samedi 26 mai 2012

Jules Renard vu par Maurice Pottecher 1/2

Je l'ai connu par Marcel Schwob...Les rapports avec lui étaient très difficiles. Tenez! Il était venu passer un mois à Gérardmer. Et je me rappelle que, le soir même de son arrivée, lui, ou moi, ou les enfants, prenaient des photographies. Une plaque vint à se casser. J'en donnai une explication que je croyais la bonne. Renard en donna une autre. Nous en vînmes à une discussion extrêmement pénible. Je m'en aperçus et lui dis: "Voyons! Renard, c'est stupide de discuter de cette façon pour si peu de choses...". Il n'en démordait pas et voulait repartir immédiatement. Alors, je me décidai à lui faire des excuses. Ma femme me disait: "Mais tu n'as aucune excuse à lui faire. Ce serait plutôt à lui..." En effet, il était évident que j'avais raison. Enfin, pour arranger les choses, il fallut les lui faire, et je vous assure qu'il ne me facilita nullement.
Il resta un mois à Gérardmer. C'est là qu'il conçut le Pain de ménage, qu'il écrivit à Gérardmer, ou immédiatement après Gérardmer. Le décor et la situation du Pain de ménage sont empruntés à Gérardmer. Il était dans la maison de campagne d'un ami, chez moi, et la situation des deux couples était la même: celle d'un double ménage d'amis. Je dis cela pour vous montrer comment il se servait toujours d'éléments réels, et transposait dans un décor observé des sentiments ou des situations ressentis ou observés ailleurs.
Suite demain.
(Cité par Léon Guichard, Dans la vigne de Jules Renard)

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