lundi 31 décembre 2012
dimanche 30 décembre 2012
Journal du 30 décembre 1908
Est-ce que je vais m'endormir tout-à-fait? Découragement, torpeur. Puis une lettre avec un compliment me donne un peu de vie passagère.
samedi 29 décembre 2012
Journal du 29 décembre 1903
Maman a fait le voyage avec un soldat qui venait de Nice et qu'elle a présenté à Marinette, à la gare.
J'avais préparé: "Bonjour, maman. Ça va bien? Bon voyage? Installe-toi." Je n'ai pu lui dire que bonjour et lui donner deux baisers avec des lèvres jointes, desséchées.
Dans son "Oh! ce Paris!" il y a quelque chose de familier et d'attendri que Poil de Carotte n'a jamais eu.
vendredi 28 décembre 2012
Journal du 28 décembre 1903
On parle croix.
- Et Guitry? dis-je à Capus.
- Et Guitry? dis-je à Capus.
- Ce n'est pas le moment. Au ministère, ils ne veulent pas le décorer avant Féraudy, et puis à cause de quelque chose pour moi.
- Tu va avoir la rosette?
- Oui, c'est promis. Ils m'ont dit: "Vous nous avez rendu un fier service."
- Ah?
- Oui. "Quand on vient nous solliciter pour une rosette, nous répondons que nous vous l'avons promise.
- Oh! à Capus, très bien!" Tout le monde est content.
jeudi 27 décembre 2012
mercredi 26 décembre 2012
mardi 25 décembre 2012
Journal du 25 décembre 1898
Chauve, quand il pose sa main sur la pomme polie de sa tête, il se figure qu'il monte la première marche d'un escalier.
lundi 24 décembre 2012
Journal du 24 décembre 1896
Dîner Veber.
- Ma femme, raconte Capus, me dit: "J'ai rêvé de mort, cette nuit, et je n'aime pas ça." Je me moque, et, par hasard, lui demande où elle va aujourd’hui. Elle me répond qu'elle va faire une course rue Notre-Dame-des-Victoires. Je pars. Au Gaulois je vois arriver un garçon qui me dit: " Je viens de voir écraser une femme rue Notre-Dame-des-Victoires." Je crois que c'est elle. Je cours chez le commissaire de police, qui m'envoie à l'hôpital, d'où l'on me renvoie à un autre hôpital. J'ai enfin l'idée de rentrer chez moi, et je trouve ma femme, à qui je fais une scène.
dimanche 23 décembre 2012
Journal du 23 décembre 1903
Je viens de lire la Souris, et je ne me crois pas digne de dénouer les cordons des souliers de Pailleron. Et je ne t'en crois pas digne non plus, Capus, ni vous, Hervieu.
samedi 22 décembre 2012
Journal du 22 décembre 1896
Cette forme de dialogue intermittent que je croyais avoir inventé pour l'Écornifleur, voilà que je la retrouve dans les livres de la comtesse de Ségur.
Jules Renard vu par André Antoine
Mesdames et Messieurs,
Il y a une dizaine d'années, M. Guist'hau, alors ministre de l'Instruction publique, et sous les ordres duquel je me trouvais placé comme directeur de l'Odéon, ayant à m'accorder je ne sais quoi, m'avait dit: "Antoine, c'est entendu, mais à la condition que vous viendriez à Nantes faire une conférence!" Il ne se doutait guère de ce qui l'attendait, et ni moi non plus du reste. Au jour convenu, je me rendis là-bas pour parler du théâtre contemporain; et pris d'un bel accès de fanatisme, je fis, paraît-il, une causerie dont la vivacité eut des échos à Paris.[...]
Pour aujourd'hui, et pour terminer, je ne voudrais retenir que l'un des auteurs qui allaient sortir de la scène de Strasbourg, et c'est Jules Renard. Jules Renard a peu produit; nous n'avons de lui que trois ou quatre pièces, il a disparu trop tôt; mais, après avoir esquissé un théâtre qui allait laisser des traces profondes.
Jules Renard, au début, s'était consacré à des croquis de son pays et de son entourage; puis, un jour, il en a tiré Poil de Carotte. Je le connaissais peu, il vivait à l'écart. On lui avait dit que sa pièce n'était pas du théâtre, qu'elle était longue, sans action, sans mouvement, et qu'il aurait tort de la faire jouer. Je ne veux pas dire le nom du camarade célèbre qui lui donnait ce conseil et je ne conte cette histoire que pour montrer combien, en ces matières, les plus experts peuvent se tromper. De sorte que Renard vint me trouver.
- Je suis très perplexe, me dit-elle. Cet ami a peut-être raison...
Après la lecture, mon opinion était nette.
- Vous venez de faire un chef d’œuvre, lui dis-je, en lui sautant au cou.
Et, en effet, c'était un chef d-œuvre, un chef d’œuvre que la Comédie-Française a pu accueillir plus tard, et encadrer dans ses lambris dorés cette petite cour de province où vivent ces humbles êtres, personnages désormais classés à côté des figures les plus solides du répertoire. C'est pourquoi j'ai voulu terminer cette causerie en vous faisant entendre une des scènes principales de Poil de Carotte.
Mon ami Léon Bernard a bien voulu se charger de ce rôle du père Lepic, qu'il tient à la Comédie-Française avec Mme Bovy, le Poil de Carotte le plus complet que j'ai jamais vu. Et chaque fois que je la vois dans ce personnage, je pense au pauvre Renard, en me disant:
- Quel dommage qu'il n'ait pas pu voir ce Poil de Carotte-là!
(André Antoine, Conférencia, journal de l'université des annales, n°2, 1er janvier 1923.)
Jules Renard, au début, s'était consacré à des croquis de son pays et de son entourage; puis, un jour, il en a tiré Poil de Carotte. Je le connaissais peu, il vivait à l'écart. On lui avait dit que sa pièce n'était pas du théâtre, qu'elle était longue, sans action, sans mouvement, et qu'il aurait tort de la faire jouer. Je ne veux pas dire le nom du camarade célèbre qui lui donnait ce conseil et je ne conte cette histoire que pour montrer combien, en ces matières, les plus experts peuvent se tromper. De sorte que Renard vint me trouver.
- Je suis très perplexe, me dit-elle. Cet ami a peut-être raison...
Après la lecture, mon opinion était nette.
- Vous venez de faire un chef d’œuvre, lui dis-je, en lui sautant au cou.
Et, en effet, c'était un chef d-œuvre, un chef d’œuvre que la Comédie-Française a pu accueillir plus tard, et encadrer dans ses lambris dorés cette petite cour de province où vivent ces humbles êtres, personnages désormais classés à côté des figures les plus solides du répertoire. C'est pourquoi j'ai voulu terminer cette causerie en vous faisant entendre une des scènes principales de Poil de Carotte.
Mon ami Léon Bernard a bien voulu se charger de ce rôle du père Lepic, qu'il tient à la Comédie-Française avec Mme Bovy, le Poil de Carotte le plus complet que j'ai jamais vu. Et chaque fois que je la vois dans ce personnage, je pense au pauvre Renard, en me disant:
- Quel dommage qu'il n'ait pas pu voir ce Poil de Carotte-là!
(André Antoine, Conférencia, journal de l'université des annales, n°2, 1er janvier 1923.)
vendredi 21 décembre 2012
Journal du 21 décembre 1891
C'est une erreur commune de prendre pour des amis deux personnes qui se tutoient.
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Ce blog a été configuré et installé par Axel. il est mis à jour quotidiennement par Tristan.
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jeudi 20 décembre 2012
Journal du 20 décembre 1900
Capus me dit qu'il va mettre de l'ordre dans ses affaires, prendre une assurance pour sa femme, etc., que, d'ailleurs, il n'est pas inquiet, car, s'il venait à mourir, nous, ses amis, nous nous mettrions en quatre pour arranger son héritage de pièces.
- Sois tranquille, lui dis-je. Tu peux mourir.
Il projette d'aller rejoindre Guitry à Sienne et à Florence. Ils ne savent pas où ça se trouve. Pas d'atlas.
- Moi, dit Capus, je mets Florence au bord de la mer, pas loin de Rome. Ça donnera ce que ça donnera.
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