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lundi 29 juillet 2013

Jules Renard Poète (Cahiers Jules Renard n°15 - Appel à contribution)

Information publiée le mercredi 17 juillet 2013 sur le site Fabula par Perrine Coudurier (source : Perrin-Doucey Agnès)
Date limite : 1 septembre 2013
 
L’Association des Amis de Jules Renard publiera en février 2014 son quinzième Cahier subventionné par le CNL et la DRAC Bourgogne. Ce volume explorera, dans sa première partie, la problématique suivante :
Jules Renard poète
Parmi les célèbres formules de Jules Renard, on connaît celle qui semble stigmatiser une certaine conception de la poésie : « Des vers, c’est de la prose avec des gants et des bretelles américaines ; c’est de la prose qui pose, fait plastron comme un invité en soirée » (Journal, 17/1/1890).
Mais ne nous y trompons pas. Dans ses premiers vers un peu maladroits comme dans ses œuvres en prose ultérieures, Renard se veut poète et à ce titre assume les trois fonctions dévolues à cet art. Il sera donc à la fois créateur, artisan et inspirateur, ce qui le « sauv[era] de l’infecte maladie de la rosserie » (J, 9/1/1908).
Dans le droit fil d’Aristote et des grands écrivains classiques qu’il affectionne, il pense que ce n’est pas le mètre qui fait la poésie, mais le sujet lui-même de l’œuvre, pour peu qu’il ait une portée générale.
Mais l’art de Renard, c’est aussi une approche poétique résolument nouvelle du monde dont il nous offre une vision syncrétique. Observateur intransigeant et passionné de la nature et de l’homme, il « appren[d] à tout voir » et, au terme d’une ascèse qui souvent rompt l’illusion mimétique, il tente de saisir l’essence des êtres et des choses dans un souci permanent de vérité.
Ces quelques pistes (et bien d’autres) pourraient être explorées dans des articles n’excédant pas 300000 signes. Voici, à titre d’exemples, une liste non exhaustive d’axes qui pourraient orienter votre réflexion: Renard, poète classique ?
  • Renard « chasseur d’images » (cf. le prologue des Histoires naturelles)
  • Une poétique de l’insolite, de l’écart, de la rupture
  • Renard, « anti poète maudit » ? (cf. ces quelques formules bien frappées du Journal :
  • On peut être poète avec des cheveux courts / On peut être poète et payer son loyer / Quoique poète, on peut coucher avec sa femme / Un poète, parfois, peut écrire en français [J, 2/1/1890])
  • Jules Renard ou la « sécheresse idéale » (J, 30/9/1897) 
  • il parle aussi de « style blanc » (J, 1/8/1890)
  • Jules Renard, poète apollinien ? (cf. les trois figures fondatrices de l’art poétique : Orphée, Apollon et Dionysos)Vous êtes invité(e) à soumettre par courriel, au plus tard le 1er septembre 2013 un résumé de votre proposition d’article (3000 signes maximum), accompagnée d’une courte notice biographique à l’adresse suivante : amisjulesrenard@gmail.com. Elle sera  soumise au comité scientifique des Cahiers Jules Renard.

Calendrier
Date limite d’envoi des propositions 1er septembre 2013
Retour du comité scientifique 20 septembre 2013
Date limite pour l’envoi de l’article 20 novembre 2013 
Responsable : Association Les Amis de Jules Renard
Url de référence : julesrenard.org

samedi 16 mars 2013

Jules Renard vu par sa nièce 2/2

Suite d'hier.
À un de nos séjours dans la Nièvre, à Corbigny près de Chitry, où habitait Jules Renard, mon mari a interrogé devant moi un des amis d'enfance de mon oncle, M. X...Celui-ci a répondu qu'il ne s'était jamais aperçu que mon oncle Jules fut moins bien traité que son frère. D'ailleurs, on ne l'a jamais appelé "Poil de Carotte", c'est ma mère qui me l'a affirmé.
Il est exact qu'il n'était pas le préféré de sa mère, mais ainsi que vous le dites, c'était un "écorché" dont les griefs ont produit une amertume qui a alimenté une partie de ses œuvres. Il a été élevé à Nevers dans la même pension que son frère et que le docteur X..., qui vit toujours à Paris.
Mon grand-père l'a entretenu à Paris pour ses études beaucoup plus longtemps que son frère.  Ce dernier n'était pas arrogant, mais, au contraire, doux et gentil: il nous a laissé le meilleur souvenir. J'ai bien connu ma grand-mère, qui ne mérite certainement pas les qualificatifs péjoratifs qu'on lui applique. J'avais dix-huit ans quand elle morte, et j'étais à ce moment dans sa maison de Chitry. Je peux vous assurer que son fils, qui s'y trouvait également, était très impressionné par cet accident. Le grand drame de cette famille a été la mésentente. 
Je crois que mon oncle se faisait paraître plus mauvais qu’il ne l'était. La dernière année avant sa mort, j'ai eu l'occasion de parler longuement avec lui seul, et je l'ai jugé bien meilleur.
Je tenais à vous donner ces précisions pour éviter des appréciations injustes.
(Mme Capponi, Le Monde, 13-14 juin 1954.)

vendredi 15 mars 2013

Jules Renard vu par sa nièce 1/2

À la suite de sa Vie littéraire consacrée à la Correspondance de Jules Renard, notre collaborateur et ami Émile Henriot a reçu de la nièce de l'auteur de Poil de Carotte, Mme Capponi, le lettre suivante:
Monsieur,
J'ai lu dans le Monde du 21 avril votre article sur la correspondance de Jules Renard. Mon attention a été particulièrement sollicitée par l'intérêt habituel de vos chroniques, mais aussi parce que le sujet me touche de près. Je suis en effet la nièce de Jules Renard (la fille de sa sœur); ma sœur et moi-même sommes les seules personnes vivantes de sa famille qui l'ont connu, ainsi que son père et sa mère.
Il y a une sorte de légende affreuse qui s'est formée sur Jules Renard, l'enfant martyr et sur sa mère. On a transformé en histoire vécue ce qui était une exagération de la réalité. Cette transformation est évidemment le fait du littérateur, qui raconte non pas l'Histoire mais une simple histoire. Voici d'ailleurs ce qu'il écrivait à mes parents (sa sœur et son beau-frère) dans une lettre inédite du 2 novembre 1890:
" Un détail: mettez-vous bien, dans vos chères boules, une fois pour toutes,  que je ne fais jamais de personnalités dans ce que je pense écrire. Si sous chaque mot vous vous ingéniez à trouver quelque épigramme, vous ne tarderez pas à devenir des ennemis mortels. Non, je ne fais pas d'allusions à votre bourgeoisisme. Je prend mes mots où je les trouve et je les dénature comme il me plait. J'ai dûment prévenu Marinette, je vous préviens à votre tour. Si je suis bon mari, bon frère et même bon beau-frère, tenez-moi quitte du reste. Le littérateur ne vous regarde pas. 
Si je le prends un peu de haut, c'est que je sais combien un coup de plume peut faire de mal quand on l’interprète tortueusement. C'est entendu, n'est-ce pas, vous avez bien saisi et nous ne reviendrons pas là-dessus. Je me f... un peu de moraliser mes semblables et ne tiens à faire que de la pure littérature. Voilà. Embrassades multiples.
Suite demain. 
(Mme Capponi, Le Monde, 13-14 juin 1954.)

mardi 20 novembre 2012

Jules Renard envoie ses témoins

Je dois à Mme M. Renard, belle-fille de l'écrivain, la communication du procès-verbal suivant:
"M. Jules Renard, s'étant cru visé personnellement par un mot détaché dans un article de M. Franc-Nohain, a prié MM. Marcel Boulenger et André Picard de se mettre en rapport avec les témoins de M. Franc-Nohain: Celui-ci a désigné, pour le représenter, MM. Abel Hermant et Marcel l'Heureux.
Les témoins de M. Jules Renard ayant acquis, par leur entretien avec les témoins de M. Franc-Nohain, l'assurance que l'interprétation donnée par M. Jules Renard au mot en question n'était nullement fondée, les quatre témoins ont reconnu que cette affaire ne comportait pas d'autre suite."
Fait en double à Paris, le 2 novembre 1909.
(Léon Guichard, Dans la vigne de Jules Renard, p. 296.)
Léon Guichard suggère deux articles pouvant avoir chatouillé la susceptibilité de Jules Renard. Le second est le bon. Il s'agit d'un article sur la Bigote publié dans La Vie Parisienne du 30 octobre 1909, comme le raconte Franc-Nohain dans une interview accordée à Frédéric Lefevre dans les Nouvelles littéraires du 10 janvier 1925.
A suivre demain.

jeudi 24 mai 2012

Chitry-les-Mines et son curé

Ce post fait suite à celui du 19 mai. Quatre ans plus tard, François Renard (père de J.R.) revient avec force détail sur cette querelle de village dans un tract éléctoral:
...Il y a quatre ans, le conseil actuel a jugé qu'il était nécessaire de refuser une subvention à M. le curé. A-t-il eu raison? Nous estimons que oui: car il n'est vraiment pas besoin d'un examen bien attentif pour voir que M. le curé est, sous tous les rapports, le plus fortuné des hommes de Chitry, puisqu'il possède cheval et voiture, chien de luxe, etc., etc. Pourquoi la commune lui donnerait-elle de l'argent lorsqu'il y a tant de malheureux qui ont si grand besoin de secours? On prétend que M. le curé dépense pour se parfumer de quoi nourrir un modeste ménage; on dit aussi que ce grand électeur préfère de beaucoup la politique à l'eau bénite.
A un moment donné, on a jugé à propos d'ajouter à la toute petite et modeste église un clocher monumental, qui a coûté une somme considérable, dix-neuf mille francs environ. Cela ne prouve-t-il pas que l'orgueil et la vanité passent souvent avant l'humanité, car enfin, en admettent que le clocher était un peu, mais un tout petit peu utile (ce qui serait difficile à prouver), on pouvait bien en construire un qui aurait coûté six fois moins; et avec la différence on aurait pu faire une foule de choses très nécessaires, notamment le lavoir dont nous avons déjà parler...
(Tract électoral, 22 avril 1896, ancienne collection de Mme Capponi, nièce de Jules Renard).

vendredi 18 mai 2012

La famille Renard

La famille Renard vue par Madeleine Capponi nièce de Jules Renard.

Mon grand-père (le père de J.R.) était entrepreneur de travaux du chemin de fer et c'est lui qui a construit, avec son frère, avant la guerre de 70, le fameux tunnel de Tavannes dont il a été tant parlé au sujet de la bataille de Verdun. 
Je savais que mon grand père était Franc-Maçon, mais je suis bien étonnée qu'il l'ait été aussi jeune, car à 30 ans il s'est marié à l'église, ce qui est, il me semble, incompatible. 
Mon grand-père était, quoique d'origine paysanne, un homme très bien, intelligent et distingué, pas du tout sectaire, et quand on le présente dans la Bigote comme un homme veule, cela donne vraiment envie de rire. Il faut, du reste, que Jules Renard n'ait jamais su ce qu'était une bigote puisqu'il affuble sa mère de ce défaut.
il avait tout simplement envie de faire une pièce contre les curés, laquelle pièce n'a eu d'ailleurs aucun succès, et il faut bien avouer qu'elle ne le méritait pas.
(Lettre de Madeleine Capponi à Léon Guichard, 18 décembre 1957, extrait, Dans la vigne de Jules Renard).

jeudi 29 mars 2012

Témoignage de la nièce de Jules Renard

Mon grand-père était entrepreneur de travaux du chemin de fer  et c'est lui qui a construit, avec son frère, avant la guerre de 70, le fameux tunnel de Tavannes dont il a été tant parlé au sujet de la bataille de Verdun. Je savais que mon grand-père était Franc-Maçon, mais je suis bien étonnée qu'il l'ait été aussi jeune (26 ans), car à 30 ans il s'est marié à l'église, ce qui est, il me semble, incompatible. Mon grand père était, quoique d'origine paysanne, un homme très bien, intelligent et distingué, pas du tout un sectaire, et quand on le présente dans la Bigote comme un homme veule, cela donne vraiment envie de rire. il faut, du reste, que Jules Renard n'ait jamais su ce  qu'était une bigote puisqu'il affuble sa mère de ce défaut. Il avait tout simplement envie de faire une pièce contre les curés, laquelle pièce n'a eu d'ailleurs aucun succès, et il faut bien avouer qu'elle ne le méritait pas.
Je puis vous dire aussi que certaines lettres adressées à ma mère (la sœur de Jules Renard) resteront à jamais inédites; elles étaient tellement désagréables que ma mère les a détruites et cependant, à part sa femme et ses enfants, c'est bien une des rares personnes pour laquelle mon oncle avait quelque affection.
Nantes, le 17 avril 957.
(Extrait d'une lettre de Mme Capponi, nièce de Jules Renard à Léon Guichard, in Dans la vigne de Jules Renard, p. 285)

dimanche 18 mars 2012

Bonne nouvelle

Le cahier n° 13 de l'année 2012 de l'Association des Amis de Jules Renard est paru. Il est disponible en s'adressant à : amisjulesrenard@gmail.com
Il s'intitule: "Jules Renard, l'art de la pointe sèche". on lira avec intérêt les contributions regroupées en trois chapitres aux titres judicieusement choisis: - Jules Renard, l'art de la pointe sèche - Jules Renard, indiscrétions et confidences - Présence renardienne - . Quatorze articles documentés, variés, apportant un éclairage complémentaire et passionnant  à l'œuvre  et à la vie de Jules Renard.