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lundi 25 mai 2015

Actualité littéraire

Paul Verlaine, de Stefan Zweig, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, Le Castor Astral, 156 p., 14 €.
L'auteur d'Amok a tellement écrit qu'on n'est pas surpris de découvrir un nouvel inédit. Dernier en date, la biographie consacrée à Paul Verlaine. A la vérité, "biographie" n'est pas le mot qui convient, il s'agit d'une analyse de l’œuvre à l'aune de son caractère. L'incipit donne la clé de la démarche de Zweig: "Les oeuvres des grands artistes sont de muets témoignages des vérités éternelles." Paul Verlaine n'est peut-être pas une biographie mais le texte reste un document exceptionnel que les français peuvent enfin découvrir. [...]
Avec Verlaine, il a la dent dure, très dure. On peut résumer ainsi son travail: oil adore l'oeuvre du poète, il déteste l'homme.
(Mohammed Aïssaoui, Le Figaro littéraire, jeudi 21 mai 2015, p. 6.)
Dans cette rencontre au sommet, tout porte à croire que Zweig est l'auteur et Verlaine le sujet. Or le rapport de force est plus équivoque. La vie du poète produit sur le jeune écrivain autrichien l'effet d'un répulsif, c'est-à-dire aussi d'un révélateur. Le lecteur est surpris par le tour moralisateur que prennent volontiers les commentaires de Zweig. Si ce dernier se garde bien de prononcer lui-même la sentence, nous avons souvent l'impression de lire le rapport d'un expert psychiatre établi en vue d'un procès. Bien sûr, Zweig admire profondément les vers de Verlaine, mais il juge avec sévérité son existence erratique et sa personnalité versatile: "Verlaine était une masse molle dénuée de force et de résistance (...). Dès lors, sa vie n'était pas une ligne paisiblement ascendante, mais une succession d'effondrements et de catastrophes, de soulèvements et de purifications, qui se résolvaient dans un grand abattement."
(Eric Chevillard, Le Monde des Livres, vendredi 22 mai 2015, p. 10.)

jeudi 30 avril 2015

Journal du 30 avril 1895

Vicaire, un Verlaine commun, dont les vers coulaient, hier, entre les bocks et les soucoupes, mous, mous.

dimanche 20 juillet 2014

Journal du 20 juillet 1892

Le Racine sur la table de Verlaine.
"- Un matin, dit Schwob, je suis allé chez Verlaine, dans une auberge borgne. Inutile de vous la décrire. Je pousse la porte. Il y avait un lit moitié bois, moitié fer, un pot de chambre en fer plein de choses, et ça sentait mauvais. Verlaine était couché. On voyait des mèches de cheveux, de barbe, et un peu de la peau de son visage, de la cire d'un vilain jaune, gâtée.
- vous êtes malade, Maître?
- Hou! Hou!
- Vous êtes rentré tard, Maître?
- Hou! Hou!
Sa figure s'est retournée. J'ai vu toute la boule de cire dont un morceau, enduit de boue, la mâchoire inférieure, menaçait de se détacher.
Verlaine m'a tendu un bout de doigt. Il était tout habillé. Ses souliers sales sortaient des draps. Il s'est retourné contre le mur, avec ses Hou! Hou!
Sur la table de nuit il y avait un livre: c'était un Racine."

vendredi 23 mars 2012

La vente de la Bibliothèque de Jules Renard 2/4

La plupart des grands libraires parisiens étaient là. M. Fernand Vandérem suivait les enchères avec intérêt. M. Tristan Bernard acheta quelques livres recherchés par lui sans doute depuis longtemps. Les gros prix furent réalisés par Tête d'or, de Paul Claudel (355), La Ville, du même auteur (500), Au pied du Sinaï, de Georges Clémenceau, sur vélin d'Arches, avec les lithographies de Toulouse-Lautrec sur Chine (430), L'Affaire Crainquebille, d'Anatole France, édition Pelletan sur Chine (1100), Le Latin mystique de Rémy de Gourmont, Vanier, 1892, sur japon pourpre (345), Ubu Roi, d'Alfred Jarry (340), L'Ecornifleur, de Jules Renard, Ollendorf, 1892, un des dix sur Hollande (1520), Chantecler , de Rostand (265), Mimes, de Marcel Schwob (300). Les Verlaine firent relativement peu, sauf Sagesse, 1881, qui monta à 420 francs. Salomé, d'Oscar Wilde, 1893, fut adjugé à 380 francs.
Suite demain.

lundi 9 janvier 2012

Journal du 9 janvier 1897

Les amis de Verlaine nous prient d'assister à une messe anniversaire qui sera célébrée, pour le repos de son âme, le 15 janvier 1897, en l'église Sainte-Clotilde, chapelle de la Sainte Vierge, à 10 heures précises, par M. l'abbé A. Mugnier, premier vicaire. C'est pourtant bien clair, mais je ne comprends pas.
Si nous savions prier, il nous serait permis d'intercéder auprès de Dieu pour Verlaine. Mais quelle drôle d'idée de faire prier des croyants comme nous pour une âme comme celle de Verlaine!
- Parlez pour vous.
- Laissez-moi donc tranquille!