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mardi 15 mars 2016

Journal du 15 mars 1898

Le Pain de ménage. Au Figaro. Veber, ce soir:
- Eh bien, Renard, avez-vous digéré votre succès?
- Et vous? lui dis-je.
Hervieu préfère le Plaisir de rompre. Çà a été un succès aussi délicieux à la répétition générale, moins l'étonnement. Dès les premières phrases, je suis tranquille. Je ne suis plus auteur, et je me laisse charmer, et j'applaudis comme le public, qui accompagne la pièce comme s'il l'avait écrite. Brandès et Guitry me disent: 
- Nous avons dû  les calmer d'autorité; sans quoi, nous n'aurions pas pu dire une phrase.
Trois ou quatre rappels à le fin, et mon nom tombant comme une mare à grenouilles charmantes.
Me voilà bien! Sans ce nouveau succès, j'aurais peut-être fait cinq actes passables. Maintenant, tout m'est interdit, excepté le merveilleux.
Le soir, je rejoins Guitry qui dîne avec Noblet chez Joseph, restaurateur de la rue Marivaux. Ce Joseph découpe un canard comme s'il jouait du violon, et nous sert une fine, si chère qu'il ne peut pas la vendre et préfère l'offrir à ses amis.
Tout de même je n'ai même pas osé embrasser Brandès.

jeudi 26 mars 2015

Journal du 26 mars 1897

- Cent découpures, dis-je, ont constaté le succès du Plaisir de rompre.
Pourquoi cent, puisque je sais très bien qu'il n'y en a pas encore soixante-dix.

lundi 6 octobre 2014

Actualité renardienne

A partir du 7 octobre 2014, au théâtre Daunou, Paris 2°
Le plaisir de rompre et Le pain de ménage, de Jules Renard,
Mise en scène Pierre Laville, avec Béatrice Agenin et Laurent D'Olce

jeudi 11 septembre 2014

Actualité renardienne

A partir du 7 octobre 2014, au Théâtre Daunou, Paris,
Le Plaisir de rompre, mise en scène de  Pierre Laville. Avec Béatrice Agenin, Laurent D'Olce.

mardi 29 avril 2014

Le Plaisir de rompre

21 décembre 1900. Théâtre de la Renaissance.
Les Escholiers.- Avec une pièce en trois actes, de Lucien Gleize, un peu naïve et maladroite, mais pleine de bonnes intentions, on a donné Plaisir de rompre de Jules Renard. L'effet a été énorme et l'interprétation de Jeanne Granier et de Henry Mayer est trouvée incomparable.
(André Antoine, Le Théâtre, T. I, Les Éditions de France, p. 404.)

mercredi 23 avril 2014

Le Plaisir de rompre

16 mars 1897.
Le Cercle des Escholiers, sous la présidence de Robert de Flers, donne aux Bouffes-Parisiens, Charité, pièce en trois actes de Lucien Gleize, et Plaisir de rompre  de Jules Renard qui va aux nues avec l'interprétation de Jeanne Granier et d' Henry Mayer.
(André Antoine, Le Théâtre, T. I  Les Éditions de France, p. 359.)

samedi 15 février 2014

Journal du 15 février 1897

Le Plaisir de rompre. - C'est bien théâtre. Nous allons au rendez-vous, Mayer et moi, chez Granier. Elle n'y est pas. Elle n'a prévenu personne, et son domestique ne sait rien. Quel plaisir ce serait de pouvoir lui dire: "Ma petite dame, rendez-moi mon manuscrit!" Mais il faudrait être malin.
Mayer s'arrête pour admirer un grillage en fer forgé.  Il trouve byzantines les tours du Sacré-cœur. Il dit que, dans les grandes maisons modernes, on a l'air d'habiter des tiroirs.
Je lis mal, en digérant, et il remue sur sa chaise avec une sorte d’impatience qui me donner hâte d'en finir. Peu d'effet, ou pas. Toujours son horreur des hommes de lettres au théâtre. Très papa, très mari, très brave garçon, il trouve ravissant le rôle de Granier et ne dit pas un mot du sien. Il ne s'occupe jamais de sa mémoire, n'apprend ses rôles qu'en répétant, et il se trouve les savoir malgré lui.

mardi 12 février 2013

Jules Renard vu par Tristan Bernard

C'est toujours un peu malgré lui que l'ironiste Jules Renard, dont on vient de jouer aux Escholiers un petit chef d-œuvre, le Plaisir de rompre, figure dans la collection des auteurs gais. Il rit de beaucoup de choses. Mais il vous dira que ce n'est pas sa faute, et que c'est les choses qui ont commencé. Il ne rit pas en tout cas pour faire rire, il rit parce qu'il voit des choses ridicules, autour de lui et en lui. Les petites vanités, les petites hypocrisies qu'il trouve en lui-même, il s'en châtie impitoyablement. Il se prend par le bout de l'oreille et s'attire au grand jour pour se donner la correction devant tout le monde. Voyez cet homme terrible, au front menaçant, aux yeux aigus, c'est le père Fouettard de lui-même.
Et l'étant de lui-même, il l'est de l'humanité. Nos petits neveux, qui n'auront pas de peine à le retrouver parmi la foule de leurs grands-oncles, lui seront reconnaissants d'avoir mis de côté pour eux, dans la cassette de sa phrase durable, toutes les trouvailles précieuses qu'il a faites dans son âme.
(Tristan Bernard, Le Rire, n° 25, 27 mars 1897.)

mardi 22 janvier 2013

Sur Jules Renard 1/2

 Jules Renard
L'Action française sous la signature de Rivarol (alias Léon Daudet) publie l'élogieuse appréciation suivante du talent de notre compatriote d'adoption, le regretté Jules Renard:
Le remarquable écrivain qui vient de mourir prématurément, hier matin, après une maladie de trois mois, était parvenu au grand public sans réclame ni publicité d'aucun genre, et c'est déjà là, à notre époque, une forte originalité.
Son premier ouvrage, Crime de village, passa inaperçu. Mais le second, Sourires pincés, tint les promesses de son titre et révéla un prosateur minutieux, précis, amer, de la lignée de Jules Vallès, avec quelque chose d'encore plus net et pénétrant dans le trait.
Avec Poil de Carotte, petit Jacques Vingtras rustique, la réputation de Jules Renard fut fondée dans les milieux littéraires, et elle devait de là se répandre un peu partout. On lui doit d'admirables Histoires naturelles d'un tour classique qui l'apparentent à la fois aux maître hollandais (Ver Meer, Terburg, Pierre de Hoogel) et aux malicieux conteurs du seizième siècle.
Sa verve était courte mais dure.  Il avait spontanément le sens du théâtre et son Plaisir de rompre, joué un nombre incalculable de fois, est un chef d’œuvre d'ironie bourgeoise. Par malheur, sa Bigote, révélait en lui un anticléricalisme de bourgade, absurde et désuet, qui déparait son intelligence.
Dans ces dernières années, le talent de Jules Renard avait pris plus d'ampleurs. La manière aussi se dégageait de cette imitation de soi-même qui restreint parfois les meilleurs artistes. Ragotte et Nos frères farouches annonçaient une transformation, un éclaircissement et ouvraient des perspectives nouvelles.
Suite demain.
(Paris-Centre, (Nevers) non signé, mardi 24 mai 1910.)

mardi 30 octobre 2012

Jules Renard vu par René Benjamin 6/10

Suite d'hier.
Comparez, s'il vous plaît, un instant , ces pièces délicieuses entre un homme et une femme, à ce que l'adorable Musset nous a légué! Retournez à Un Caprice, ce soir. Ah! Je me doute bien de ce qu'un Jules Renard devait penser d'Un Caprice! Il devait dire: "M. de Chavigny et Mme de Lérys, des nobles, des heureux..., des poseurs!" Mais je suis sûr qu'il pensait qu'un cheval de sang était un poseur! Il aimait mieux, sûrement, un bon percheron entre les brancards d'un tombereau, car alors là, lui, Jules Renard, se sentait un peu supérieur, il pouvait le blaguer, n'est-ce pas...en faisant une "histoire naturelle"! Donc allez voir comment M. de Chavigny parle à Mme de Lérys; en effet, c'est peut-être un peu mondain et Jules Renard, évidemment, a fait le sien plus prosaïque, exprès, parce qu'il s'est dit: "Moi, j'ai les pieds en terre, moi, je suis de la bonne province, moi, je n'ai pas un salon, je ne suis pas un parisien (on le voit avec son front têtu) moi, je ne suis pas un malin!"  Et il a l'air d'avoir un avantage de sincérité sur le charmant Musset.
Seulement, tout à coup, au milieu du papillotement mondain et printanier de ce grand poète, tout à coup, comme une flèche, il y a l'éclat du coeur. Tout à coup, dans l'âme du spectateur il y a l'éveil de la douleur humaine. Tout à coup, sur la scène, il y a Mme de Chavigny aux pieds de son mari, et elle le supplie. Ah: là, nous sommes revenus à la vie, telle que nous la côtoyons tous les jours: celle qui fait souffrir le coeur des hommes.
Eh bien! c'est là où je voulais en arriver - en analysant le Plaisir de rompre et le Pain de ménage, pour... n'y plus revenir, pour les classer, pour atteindre, enfin, à ce qu'il y a de mieux - cette souffrance sans amertume, cette souffrance tout court, Jules Renard, une fois dans sa vie l'a eue; et alors, une fois dans sa vie, il a été grand: c'est quand il a écrit Poil de Carotte. Avec cette pièce-là, nous nous dégageons pendant une grande scène au moins, de la funeste amertume. Et, - cas bien curieux, - s'il eut jamais une occasion d'être amer ce fut là, puisqu'il traitait précisément le sujet d'où était née l'amertume même de sa vie: son enfance!
Suite demain.
(René Benjamin, Conférencia, n°10, 1er mai 1926)

lundi 29 octobre 2012

Jules Renard vu par René Benjamin 5/10

Suite d'hier.
Puis, Messieurs, en 1914, la guerre est venue, et je vous jure qu'il m'a suffit, le 8 août, de voir l'Allemand entrer dans la Lorraine et y brûler systématiquement, délibérément les villages, avant même d'avoir tiré un coup de fusil, pour jeter par-dessus moi, comme un sac de soldat trop lourd, toute la littérature de Renard, de Becque et de tous ceux qui avant tout aimaient la forme et les attitudes.
Je dis: "La littérature de Becque, la littérature de Renard..." Et je sens bien que je suis injuste. Je sens bien que s'ils étaient encore vivants ils souffriraient de cette violence comme ils n'ont cessé de souffrir toute leur vie de ce qu'ils entendaient...ou de ce qu'ils pressentaient, et je tiens loyalement à me rattraper sur un point qui me semble aussi indiscutable que les autres.
Quand Jules Renard a fait, messieurs, un acte comme  Le Plaisir de rompre, il n'a écrit qu'une chose amère et légère où un homme et une femme, en face l'un de l'autre, se regardent, se guettent et vont se séparer parce qu'ils se marient chacun de leur côté, essayant, avec un égoïsme forcené, d'avoir l'un sur l'autre un dernier avantage. On se juge, et c’est à qui sera le plus spirituel. Acte charmant si on ne cherche pas plus loin, et ma foi, demi-heure délicieuse à passer. Mais ce n'est, encore une fois, qu’œuvre d'homme de lettres et d'homme de lettres amer qui se dit:
- Je vais être profond. Pour être profond, il faut que j'étonne. Pour étonner, il faut que je détonne. Pour détonner, il faut bien que je soit un peu cynique.
Toujours la même histoire! Il l'a été aussi dans Le Pain de ménage, qui semble être d'une qualité supérieure, mais qui le semble seulement. C'est bien entendu une très jolie chose. Mais..."la jolie chose" ne suffit pas aux gens de bien, complètement bien. Ecoutez-moi ces deux êtres, encore un homme et une femme, en présence. Marthe est venue causer avec son ami Pierre, un soir, à la campagne, tandis que son mari dormait, revenant de la chasse. Et lui, de son côté, il a laissé sa femme avec les enfants; elle les veille. Ils parlent donc entre eux. On sent s'établir cette sentimentalité si facile entre une jolie femme et un homme d'esprit.
Suit un court extrait de la pièce.
Toujours la méfiance de l'intelligence! Homme de lettres! Homme de lettres!
Suite demain.
(René Benjamin, Conférencia, n°10, 1er mai 1926)

vendredi 15 juin 2012

Réponse de Jules Renard à Gustave Larroumet

À Gustave Larroumet,
Lettre inédite. Jules Renard répond à l'article de G. Larroumet. Voir blog d'hier.
17 mars 1902
Mon cher Maître,
Je vais tout de suite à ce qui me chagrine. C'est ce que vous dites de la mise en scène du Plaisir de rompre. Guitry, vous le savez mieux que moi, est un merveilleux artiste. C'est encore un homme au goût le plus rare. Enfin c'est un ami que j'aime beaucoup. Je vous assure qu'il n'a pas pu faire mieux. Vous avez failli voir le Plaisir de rompre dans le salon d'un appartement de 7 à 8000 f. Entre ce luxe et notre petit décor, il n'y a rien:
Tout a brûlé!
J'ai entendu quelque fois cette réponse.
Je ne me plains pas car la Comédie-Française est une une maison délicieuse mais elle souffre encore de son incendie et de ses déménagements.
Vous pensez bien que le reste de votre chronique me touche jusqu'à la confusion.
D'abord je vous remercie d'être venu écouter ce petite acte qui n'avait pas de première, - et je n'en réclamerai pas.
Et puis il m'arrive de me dire que je ne me foule guère, du moins au théâtre. Trois actes en cinq ans, même retravaillés à chaque reprise, c'est peu. Et tout de même Marivaux a cette supériorité de l'abondance.
Je ne vous en voudrais donc pas si vous attendiez autre chose et mieux pour écrire son nom à propos du mien. Je souhaite de justifier votre confiance, mais comme c'est long, trois actes, quand on a beaucoup de peine à en faire un! Elle n'est pas plus précieuse, et je l'accepte avec gratitude.
J.R. termine sa lettre pour féliciter Larroumet du mariage de sa fille.
Croyez mon cher maître à la sincérité de mes meilleurs sentiments.
Jules Renard
(Nota: Créé en 1897 au Cercle des Escholiers, le Plaisir de rompre fut repris le 12 mars 1902 au Théâtre-Français.)

jeudi 14 juin 2012

Le Plaisir de rompre vu par Gustave Larroumet

Article publié dans le journal Le Temps:
"...Nous attendons maintenant l'auteur à ses grandes preuves, la pièce en trois actes. Pour ma part, j'ai pleine confiance qu'il les fera...
La Comédie-Française a bien fait de reprendre ce Plaisir de rompre car la pièce est typique en son genre. J'aurais même souhaité qu'elle y mit un peu plus de soins et d'égards. elle l'a donnée en lever de rideau. Pour commencer tout au moins, elle aurait pu nous l'offrir en milieu ou fin de spectacle.
En outre, elle a perdu une jolie occasion d’enchâsser un bijou dans une monture appropriée. La mise en scène est quelconque: un appartement plus que simple, avec des meubles vulgaires et dépareillés, des bibelots à bon marché, rien de féminin, rien qui dénote la recherche élégante du plus ordinaire demi-castor.
Or que dit la brochure? "Un petit salon au cinquième. Ce qu'une femme qui a beaucoup aimé et ne s'est pas enrichie, peut y mettre de bibelots offerts, de meubles disparates, d'intimité".
Le metteur en scène avait dans ces quatre lignes l'indication d'un joli tableau d'intérieur. Dix ans de vie galante pour cette femme sans vénalité, cela devait se traduire par le fond de mobilier en palissandre offert par le premier amant, avec un peu de Maple, de modern style et de Lois XVI, voire d'Empire..."
(Gustave Larroumet, Le Temps, 17 mars 1902, extrait)
Lire demain la réponse de Jules Renard à cet article.

dimanche 3 juin 2012

3 lettres inédites de Jules Renard en vente à Drouot, Étude ADER

Jeudi 14 juin 2012
Lot n°277
Jules RENARD (1864-1910) écrivain
L.A.S., 27 février 1900, à sa «chère Poil de Carotte» [Suzanne Després]; 1 page in-8 à son adresse 44, rue du Rocher. À la créatrice du rôle-titre de Poil de Carotte [créée au Théâtre Antoine le vendredi 2 mars 1900]. «Vous voyez qu'Antoine nous fait passer vendredi! Je lui ai dit: mais la pièce n'est même pas faite! C'est affolant. Voici un texte qui, par prudence, allège notre scène 10 d'au moins deux pages. S'il y a d'autres longueurs, ne craignez pas de me le dire»

Lot n°278
Jules RENARD
L.A.S., 17 mars 1902, [à Gustave Larroumet]; 3 pages in-8 à son adresse 44, rue du Rocher. «Je vais tout de suite à ce qui me chagrine, dans votre chronique, c'est ce que vous dites de la mise en scène du Plaisir de Rompre. Guitry, vous le savez mieux que moi, est un merveilleux artiste. C'est encore un homme du goût le plus rare. Enfin c'est un ami, que j'aime beaucoup. Je vous assure qu'il n'a pas pu faire mieux. Vous avez failli voir le Plaisir de Rompre dans le calme d'un appartement de 7 à 8000 f. Entre ce luxe et notre petit décor, il n'y a rien: tout a brûlé!»... Il ne se plaint pas de la Comédie-Française, mais elle souffre encore de son incendie et de ses déménagements. Quant au reste de sa chronique, il le touche jusqu'à la confusion... «Et puis il m'arrive de me dire que je ne me foule guère, du moins au théâtre. Trois actes en cinq ans, même retravaillés à chaque reprise, c'est peu. Et tout de même Marivaux a cette supériorité de l'abondance. Je ne vous en voudrais donc pas, si vous attendiez autre chose et mieux pour écrire son nom à propos du mien. Je souhaite de justifier votre confiance, mais comme c'est long, trois actes, quand on a beaucoup de peine à en faire un!»

Lot n°279
Jules RENARD
L.A.S., Paris [1905], à Édouard Herriot 1 page in-8 à en-tête de la Mairie de Chitry-les-Mines. Il recommande à son collègue «maire de Lyon» M. Moncharmont, «qui pose sa candidature à la direction du Théâtre des Célestins. Par ses qualités d'administrateur et d'homme de théâtre, Mr Moncharmont est tout à fait digne de votre confiance»... Il signe : «Jules Renard auteur dramatique maire de Chitry (Nièvre)»
 
Étude ADER Jeudi 14 juin 2012 à 14h00 Autographes et manuscrits.

vendredi 1 juin 2012

Madame de Rorthays de Saint-Hilaire

Rachilde écrit à André Gide pour motiver son refus de communiquer sa correspondance avec Jules Renard: 
30 juin 1913
Je vous dois tout de même une plus ample explication mon cher Gide et je vais vous la donner tout-à-fait entre nous. Les lettres de Jules Renard que je possède sont presque toutes datées de sa prime jeunesse et du temps où il était l'amant de la vicomtesse de Rorthays de Saint-Hilaire, actrice de la Comédie-Française sous un pseudonyme que j'ai oublié. On ne peut pas faire passer ces lettres là sous les yeux de Mme Renard! De plus, la dame en question (qui vit toujours quoique beaucoup plus âgée que J. Renard) est l'héroïne du Plaisir de rompre...et a fait le mariage de Renard avec Mme Renard.
Voilà. Je les garde pour me rappeler les dates que je n'aurai plus en tête sans elles. On y voit un Jules Renard inquiet, torturé du désir d'arriver, faisant des vers assez médiocres... et un très spirituel anecdotier en herbe...
Rachilde
Le volume 13 des cahiers de l'association des Amis de Jules Renard révèle qui était cette Mme de Rorthays de Saint-Hilaire, alias Danièle Davyle, Danièle Davyle... la vraie, pages 76 à 90. Disponible auprès de amisjulesrenard@gmail.com

lundi 19 mars 2012

Journal du 19 mars 1902

Le Plaisir de rompre. Première représentation devant les abonnés. J'en vois un typique. Il a le cou maigre et flasque et le col trop grand, ce qui lui donne l'air "outrageusement décolleté". Il cause avec Sorel et Mayer et leur dit qu'il est heureux d'entendre cette petite piécette, qu'il espère que ce sera moins dur que les Burgraves. Oh! les Burgraves!
À côté d'elle Marinette a un vieux monsieur et une jeune femme qui écoute bouche bée: elle recevra peut-être des claques du vieux monsieur, qui est horripilé. Des mots le suffoquent. Il déchire le programme, le jette, le ramasse pour voir le titre de la pièce. Le nom de Jules Renard l'achève: qu'est-ce que c'est que tout ça?
Une réflexion: "Tiens? Elle va ouvrir sa porte elle-même!" 
Une autre, quand Mayer dit: "Je m'emplis les yeux...": "Il n'est pas difficile!" "À son âge, on n'a plus de petit nom." Tous les abonnés font: "Oh! Oh! Avec ça!.."
Certes, il y a tirage, mais la pièce intéresse même ceux qu'elle révolte. On ne se mouche, on ne tousse pas trop, et les belles dames ne songent pas trop vite à leurs cochers.
Mais Marinette ne croit plus à la Comédie-Française.

mercredi 25 janvier 2012

Le Plaisir de rompre en DVD

En 1973, Micheline Boudet et André Dussolier interprétèrent le Plaisir de rompre dans les rôles de Blanche et de Maurice.
On peut se procurer cette interprétation exceptionnelle, une des meilleures jamais réalisées, gravée sur DVD, sur le site de l'INA (Institut national de l'audiovisuel).

 
 Pour commander cliquez ici.

vendredi 20 janvier 2012

Une annonce

Mercredi 25, sur ce blog, je vous dirai comment vous procurer une brillante interprétation du Plaisir de rompre gravée sur DVD.