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jeudi 3 décembre 2015

Journal du 3 décembre 1889

Vu, chez Rachilde, Trézenick, figure bien franche et sympathique. Il essaie, lui, l'ancien directeur de Lutèce de faire un journal qui soit lu de tous les lettrés. Tout le monde y vient donc!
Trézenik nous disait qu'aucun étudiant ne lisait Lutèce, ce petit journal qui faisait tant de tapage dans la grande presse.

jeudi 19 novembre 2015

Journal du 19 novembre 1889

Revu Rachilde, Mme Vallette: un corsage rouge, flamboyant, colliers au cou et au bras, colliers d'ambre. Les cheveux coupés à la garçon, et raides, et va comme je te peigne. Toujours des cils comme de gros et longs traits de plume à l'encre de Chine. Arrivent Dumur, Dubus. Le premier, toujours, colère, le second, neuf pour moi, mais, au bout d'un instant, vieux jeu. Je n'ai plus besoin d'avoir de l'esprit, et il m'est insupportable de retrouver celui que j'avais du temps du Zig-Zag. Dubus parle de gardes-malades qu'il a eues après un duel, je crois. Il n'avait qu'à dire: " Je suis blessé, venez." Elles venaient. Elles étaient une douzaine. Elles ont dû passer leur temps à l'épiler, car il a les lèvres et le menton blancs comme un élève du Conservatoire. Il se marie, on le marie.  Il est en procès avec son grand-père. Il pose, parle, interrompt,  dit des paradoxes vieux comme des cathédrales, ennuie, assomme, mais continue, a des théories sur la femme. Encore! Ce n'est donc pas fini d'avoir des théories sur la femme? Imbécile! tu fais comme les autres quand tu es sur une femme. Tu dis: je t'aime, je jouis, et tu lui bois sa salive simplement, comme un homme. A moins que tu ne sois pas un homme. 
Vallette arrive. On sent qu'il a un domicile. Il se tait suffisamment. Rachilde voit que je m'embête et me parle du bébé. Mais je m'embête tout de même, car j'ai en dégoût l'originalité de Dubus. Il me semble qu'on me fait manger quelque chose pour la millième fois.  C'est peut-être aussi le Chouberski, mais j'ai mal au coeur. On sonne.  C'est Louis Pilate de Brinn'Gaubast. Je me sauve. J'ai à peine le temps de voir une sorte de Méphisto élégant, et puis je crois n'avoir rien vu.
C'est toujours le procédé de Rachilde: faire croire aux autres qu'ils sont plus malin qu'elle. Elle dit: "Vous qui faites de l'art," En effet, ils en font, ils en font trop. Ils puent l'art, ces messieurs. Non! Assez! Plus d'art, que je me débarbouille en embrassant Marinon et Fantec!
Lu des vers de Dubus dans la Pléiade. Ce n'est pas mal, mais pourquoi être si vieux jeu, si épatant, si fastidieusement peu naturel!

vendredi 6 novembre 2015

Journal du 6 novembre 1894

Hier à l'Œuvre, Annabella ou Quel dommage que ce soit une prostituée! pièce de Ford, traduction de Maeterlinck, causerie de Marcel Schwob. Respiré tout de même une odeur de barbares. Mais ces incestueux parlent comme deux amants. L'inceste ne devrait être que  l'aboutissement tranquille de deux jeunesses. Si on acceptait l'inceste avec calme, le monde pourrait être refait. Rachilde furieuse parce que je trouve les acteurs au-dessous de tout. Courteline trouve que tous ces gens font bien du chichi. Léon Daudet prétend que toute l'humanité repose sur un fond louche. Maeterlinck se balance avec son air de charpentier arrivé et satisfait.  Le faune Mallarmé file avec douceur entre les couples et tremble d'être enfin compris. Le barbu Georges Hugo porte sur sa large poitrine l'étendard d'un nom illustre. Mme Willy, traînant la corde à puits de ses cheveux, regarde le doux Julia et éclate de rire. Bauër fait le taureau aussi petit que la grenouille, et mon ami Schwob, qui autrefois se rasait la tête jusqu'au sang, a maintenant sur le front un petit saule pleureur, noir, en cheveux plats, qui répond bien à l'état actuel de son âme triste.

dimanche 28 juin 2015

Journal du 28 juin 1890

A Vallette et Rachilde. "Un coeur de femme, de Bourget, c'est écrit comme un pensum avec une plume à trois becs. Je suis arrivé à la cent cinquantième page de mon Écornifleur, et je ne trouve plus rien à dire, mais, là, rien du tout, comme si mes personnages étaient morts. Vous faites de la psychologie de toilette, dans vos Furia-mode. Oui, on dirait, positivement que vous faites des tours de psychologie dans un chapeau gondole."

samedi 21 mars 2015

Journal du 21 mars 1890

Dit, hier soir, entre autres bêtises:
- La synthèse du naturalisme n'a pas été faite. Nous sommes à une époque de transition, et nous marchons au mysticisme et au socialisme.La Bruyère n'est pas une littérature, mais pourquoi? Si le roman avait eu de son temps la vogue qu'il a de nos jours, La Bruyère aurait mis ses Caractères en roman. Quel est l'homme  qui viendra recréer un monde? On comptait sur Rosny. Rosny  s'est et nous a trompé. Qui laissera une œuvre? On relira Madame Bovary, peut-être, et quelque chose de Balzac, mais quoi?
Du Plessys: La philosophie de Ghil? Mais Ghil confond Haeckel  et Hegel.
Vallette: Rachilde ne fait pas de pornographie. Ses livres manquent de phosphore. Elle ne fait pas titiller. Mendès ne fait pas titiller.
- Et vous, Rachilde, vous faites du sadisme, de la cruauté en amour.
Du Plessys: Raynaud est un enfant.
Marius André: Vous aimez le joli, moi, j'aime le grand. je suis encore un romantique. Ainsi, Péladan fait grand.  J'ai pris deux fois le cordon de sa sonnette sans oser le tirer. J'ai relu dix fois Monsieur de la Nouveauté. 
Rachilde: oh! Oh!
Vallette: Quand vous serez à la centième, vous nous payerez à dîner.
Rachilde: Samain doit avoir des coins redoutables. 
Vallette: Je vous connais par deux coins, vous, Renard...
J'avais peur de Barbey d'Aurevilly, à cause de Brummel, de Huysmans avec lequel j'ai passé une soirée en me demandant tout le temps: Se moque-t-il de moi? Mais je considère François Coppée comme un copain.

mardi 17 mars 2015

Journal du 17 mars 1897

Première représentation. Bon public. La salle débordait. Il y avait partout des gens debout.  Rachilde et Vallette se tenaient près de la rampe. Mayer est très sûr de lui. Il a travaillé la pièce toute la journée. Granier a les mains glacées. Comme toujours, elle fait sa prière avant d'entrer en scène. "Mon Dieu, faites-moi la grâce de bien jouer!"  le rideau se lève. On n'applaudit pas comme à la répétition générale. Oh! qu'ils mettent de temps à dire le premier mot! il me semble que ça ne va pas aussi bien qu'hier. Le gentil Capus me dit que ça va mieux. Parce que certains effets que j'attendais ne se renouvellent pas, je suis désolé, et les effets nouveaux ne me consolent pas. Et, cependant, tout porte, et mon nom, jeté par Meyer, est si bien reçu que je salue derrière le décor.
J'embrasse Granier qui rayonne. Elle et Mayer trouvent cette soirée meilleure que l'autre.
Souper aux Escholiers. Granier rit. Je fais de l'esprit et je tâche de rattraper mon succès que je crois avoir perdu.

mercredi 3 décembre 2014

Journal du 3 décembre 1889

Vu, chez Rachilde, Trézenik, figure bien franche et sympathique. Il essaie, lui, l'ancien directeur de Lutèce, de faire un journal qui soit lu de tous les lettrés. Tout le monde y vient donc!
Trézenik nous disait qu'aucun étudiant ne lisait Lutèce, ce petit journal qui faisait tant de tapage dans la grande presse.

vendredi 7 novembre 2014

Les mouches au temps de Jules Renard

Mardi 11 février. -Voici de bien traits de l'amour des bêtes. Vallette et Rachilde n'ont pas seulement comme animaux la chatte qu'ils ont sauvée de l'eau il y a deux ou trois ans. Rachilde élève également sur des branches de mimosa deux coccinelles. Mlle Vallette a un escargot. Ils ont encore, dans leur salle à manger, une simple mouche fort bien apprivoisée, que les fenêtres ouvertes ne font pas du tout partir, qui vient manger dans leurs mains. Que de choses mystérieuses cela évoque. une simple mouche, s’apprivoiser ainsi, rester ainsi à demeure, venir ainsi manger tout comme une bête domestique. Nous le disions ensemble ce matin, Vallette et moi. À connaître ces choses, on arrive à ne plus oser marcher, de peur de tuer quelque chose. Je lui disais qu'à la campagne, j'ai vu quelquefois la route barrée d'un large ruban de fourmis qui traversaient, prenant mes précautions pour n'en écraser aucune.  De même pour les limaces, dans les sentiers des prés. Hélas! les voitures, les paysans?
(Paul Léautaud,  Journal littéraire, mardi 11 février 1908.)

vendredi 25 octobre 2013

Journal du 25 octobre 1887

Rachilde nous dit: "Au moins, moi, on peut me rendre cette justice: je ne déménage jamais. Après chaque saison de bains, on est sûr de me retrouver." Son éditeur ne veut pas la lâcher. C'est ça qui est original.

vendredi 1 mars 2013

Jules Renard critique littéraire

Le Roman en France pendant le XIXe siècle par Eugène Gilbert (Plon).
La plus amusante façon, je crois, de lire ce relevé de la littérature romanesque en France au XIXe siècle, c'est de parcourir la table, de choisir un nom et de se reporter au texte. A la fin, tout y passe, et, le livre feuilleté comme un album, il faut savoir gré à M. E. Gilbert :
1° D'admirer notre littérature, et d'aimer presque tous ses littérateurs. M. Gilbert n'a pas la dent dure. Il ne se fâche contre Rachilde, par exemple, qu'au nom de la morale. Ça ne froisse personne.
2° D'être souvent mieux informé que nous. Il cite comme des inséparables Lavedan, Gyp, Hervieu et M. Rabuson. Je connais les trois premiers, d'un bout à l'autre. Je piocherai le dernier.
3° De rester de bonne foi, quand il est moins bien informé. Et je suis sûr qu'il ne tardera guère à tirer Marcel Schwob « des cohortes de l'armée psychologique » pour le mettre à part, dans son cœur, très haut. De même, s'il avait lu Le et non La Vierge d'Alfred Vallette, ils lui accorderait une pleine page de gratitude.
4° De multiplier les divisions et les subdivisions, en sorte que chaque auteur classé, s'il se trouve mal du genre d'espèce auquel il appartient, sait ce qu'il doit écrire pour permuter.  
5° D'avoir osé, patiemment, cette minutieuse revue littéraire dont le détail échappe à nos critiques si riches d'idées générales qu'ils n'ont que faire d'idées personnelles.  
6° D'avoir parlé des « jeunes » qui n’avoue pas encore cinquante ans d'âge et vingt-cinq de service.
7° Et d'avoir cédé, dans sa conclusion, la parole à M. Marcel Prévost, ce qui laisse à tout le monde le droit de la reprendre, pour ne rien dire, d'ailleurs, de plus définitif.
(Jules Renard, Les Livres, Mercure de France, février 1896.)

vendredi 15 février 2013

Jules Renard vu par Han Ryner 2/3

  Sur Jules Renard et sur Vigny
Suite d'hier.
Il n'est pas question de prendre pour argent comptant tout ce que peux écrire Jules Renard. Ni ce que peut, dans l'occasion, écrire Jules Renard révisionniste de Jules Renard, si l'on peut dire.  Mais que de souffrance se cache derrière l'aigreur ou le dépit. "Un auteur dont le livre vient de paraître est un pauvre con stupide" écrit-il le 19 novembre 1908 à Edmond Sée. Et, au même, le 4 février 1909, il donnera ce conseil: "N'oubliez pas que vous ne serez jugé que par des cons." Il y a une sacrée part de vérité tant dans l'observation que dans le conseil, si dans un cas comme dans l'autre il faut se garder de généraliser. Un des plus méchants coup de patte de Renard est celui-ci, du 7 juin 1902: "Il me ferait regretter de ne pas avoir été antisémite." Il, c'est son ex-ami Marcel Schwob. Lorsque Schwob mourra, en 1905, il n'assistera à ses obsèques que pour rencontrer des confrères. C'est poussé par le même conformisme étudié qu’en 1909 il se rendra à l'enterrement de Catulle Mendès, autre juif qu'en fait Jules Renard a toujours méprisé. À la mort de Mendès, écrasé par un train, il ne lui ménage aucune petite méchanceté. "Pourquoi sa mort m'attristerait-elle, confesse-t-il sans détour: je lui fus toujours indifférent."
Humaniste à l'ironie grinçante, voire perfide, Jules Renard ne voyait dans les foules qui iront au cinématographe qu'un public vulgaire. C'était bien vu, cette fois encore.
Mais avec son caractère tout renardien, trop de ses bons et grands amis (Tristan Bernard, Léon Blum, Alfred Capus, Léon Daudet, Lucien Descaves, Marguerite Moreno, Maurice Pottecher, Rachilde, Ernest Raynaud, Marcel Schwob...) se trouveront un jour ou l'autre reléguée à une place beaucoup moins intime. Car le rouquin est tout susceptibilité. Aux noms que nous venons de citer, il faudrait en ajouter quelques-uns, ainsi que ceux de Romain Coolus, Louis Dumur, Léo d'Orfer, et aussi les Rostand, Edmond, Rosemonde et Maurice. Le nivernais Jules Renard a bel et bien appartenu au Tout Paris littéraire.
(Han Ryner, Les Messages de Psychodore, n°53, novembre 1992)

lundi 11 février 2013

Journal du 11 février 1890

Chez Rachilde. M. Langlois le peintre, le fils d'Albert Wolf peut-être, si Albert Wolf a des fils. longueur de pieds, longueur de phrases, longueur de corps. Un pantalon un peu court, par exemple...
Charles Morice parle la tête dans son pantalon. Des guêtres sur ses souliers. Oh! ces guêtres! elles se soulèvent comme des visières, des visières à plis, de pauvres visières. un faux col sale, un gilet qui bâille par toutes ses boutonnières. Des cheveux pas coupés, une barbe rare, un monsieur mielleux et mauvais.
Il doit s'être brouillé avec Trézenick. Ils ne se sont pas vus depuis dix ans pour des raisons "inférieures à tous deux". Trouve Rod bête, Goncourt affamé de gloire et de considération, Méténier au-dessous de rien et les idées des autres mort-nées. A promis au Mercure des "Bouquets à Chloris" qui ne sont pas déjetés.

lundi 5 novembre 2012

Jules Renard vu par...

Maurice Rostand: son dur visage, taillé à coups de serpe, avait quelque chose d'un peu terrifiant.
Lui-même: Je suis carrément laid, parait-il... Il est certain que je marche sûrement vers une irrémédiable laideur.
Régis Gignoux: Le grand front convexe.
Henri Bataille: La tête en forme de haricot, et le double menton des oies vexées.
Léon-Paul Fargue: Son œil de rouge-gorge, son oreille de chasseur, et son nez de poil à gratter.
Marcel Boulenger: Mais son oeil rond et noir vous eût en même temps percé comme une balle de fusil.
Rachilde: Ce grand et robuste garçon, haut en couleur, avait des yeux en trous d'épingle dans un abat-jour; on devinait qu'un lampe brûlait derrière!
Lucien Descaves: ... Froid, boutonné, l’œil aigu, la barbe rissolée.
Edmond de Goncourt: ... Un garçon encore jeune, mais froid, sérieux, flegmatique, n'ayant pas aux bêtises qui se disent le rire de la jeunesse.
Camille Mauclair: Jules Renard... ne parlait guère, mais était toujours aux écoutes, pointilleux, susceptible, attentif et méfiant comme un lapin roux, dont il avait le continuel frémissement de bouche et d'oreille.
(In Léon Guichard, Renard, La Bibliothèque idéale, Gallimard, 1961, P. 9 et 10.)

dimanche 10 juin 2012

Jules Renard vu par le docteur Renault

Extrait d'une lettre où le docteur Renault
répond au docteur Tixier, et proteste contre le "paysan parvenu" qu'aurait été Renard, selon Rachilde.
"Renard n'avait rien d'un paysan, ni rien d'un parvenu... C'était un grand anxieux, toujours malheureux, difficile pour lui-même, très indulgent pour ses amis... Un de nos amis communs me disait que Renard n'avait pas compris sa mère très probablement parce qu'il lui ressemblait trop. 
Une de ses dernières lettres, où il reconnait lui-même son erreur d'appréciation, confirme à mes yeux cette opinion d'un condisciple de la pension Rigal, un peu plus jeune que nous.
Vous me dites que Vallette le considérait comme un richard-radin: il n'était ni l'un ni l'autre."
(Extrait publié par Léon Guichard, Dans la vigne de Jules Renard)

vendredi 1 juin 2012

Madame de Rorthays de Saint-Hilaire

Rachilde écrit à André Gide pour motiver son refus de communiquer sa correspondance avec Jules Renard: 
30 juin 1913
Je vous dois tout de même une plus ample explication mon cher Gide et je vais vous la donner tout-à-fait entre nous. Les lettres de Jules Renard que je possède sont presque toutes datées de sa prime jeunesse et du temps où il était l'amant de la vicomtesse de Rorthays de Saint-Hilaire, actrice de la Comédie-Française sous un pseudonyme que j'ai oublié. On ne peut pas faire passer ces lettres là sous les yeux de Mme Renard! De plus, la dame en question (qui vit toujours quoique beaucoup plus âgée que J. Renard) est l'héroïne du Plaisir de rompre...et a fait le mariage de Renard avec Mme Renard.
Voilà. Je les garde pour me rappeler les dates que je n'aurai plus en tête sans elles. On y voit un Jules Renard inquiet, torturé du désir d'arriver, faisant des vers assez médiocres... et un très spirituel anecdotier en herbe...
Rachilde
Le volume 13 des cahiers de l'association des Amis de Jules Renard révèle qui était cette Mme de Rorthays de Saint-Hilaire, alias Danièle Davyle, Danièle Davyle... la vraie, pages 76 à 90. Disponible auprès de amisjulesrenard@gmail.com

lundi 30 avril 2012

"L'Ombre d'Oscar Wilde" au Théâtre du Nord-Ouest

Le procès d'Oscar Wilde jugé par les écrivains français  
"Octave Mirbeau reçoit chez lui Frank Harris, Laurent Tailhade, André Gide, Jules Renard, Edmond de Goncourt, Rachilde, pour organiser la défense de l'auteur de Dorian Gray. Au travers de ces échanges, on découvre en filigrane un portrait d'Oscar Wilde, écrivain controversé, haï par certains, adulé par d'autres. Texte de défense, texte engagé mais aussi texte de réflexion littéraire, cette pièce de théâtre se caractérise par des dialogues percutants, et replace le procès dans le contexte d'une morale victorienne rigide. Un nouveau regard donc, sur les hommes de lettres, leurs engagements intellectuels et privés, mais aussi sur " une affaire qui les aura divisés et surtout, aura mis en lumière, la limite de leur humanité dès que le sensuel risque d'éclabousser leur confort familial et social – d'une certaine façon... " 
De Lou Ferreira.           Théâtre du Nord-Ouest à partir du mardi 1er mai 2012.

mercredi 21 mars 2012

Jules Renard vu par Rachilde

Tous les jeudis le salon de notre collaborateur et ami Jules Renard est le salon le plus littéraire de Paris.
La charmante maîtresse de maison reçoit avec une délicieuse simplicité l'élite de la littérature d'avant-garde. Madame Vallette/Rachilde et M. Alfred Vallette directeur du Mercure, Léo Trezenick, auteur de la Confession d'un fou, Ernest Raynaud le poète de Chairs profanes, le chevalier Maurice du Plessis, auteur de quinze sonnets, jamais les mêmes! le peintre connu M. Béron; l'éclairé amateur d'art M. Clément et la poétesse Madame Barra y viennent souvent ainsi que beaucoup d'autres artistes. Chaque fois notre ami P. Marius André cherche à convertir Jules Renard aux charmes de la musique et chante un morceau de son inépuisable répertoire sur les Romances sans paroles de Verlaine.
Signé: La Hygne (alias Rachilde), La Caravane, 6 avril 1890.