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jeudi 17 octobre 2013

Les adieux à la scène de Trintignant

Jean-Louis Trintignant faisait mercredi soir 9 octobre, à Vannes, ses adieux à la scène. Au début, avant qu'un seul mot ait été prononcé, qu'une seule note ait éclos, l'acteur a cité Jules Renard: " le chrétien qui va se noyer, s'il joint les mains pour prier, il coule."
(Pierre Vavasseur, Aujourd’hui en France, jeudi 10 octobre 2013)

lundi 7 octobre 2013

lundi 9 janvier 2012

Jules Renard vu par Jean-Louis Trintignant 2/2

Il y a une grande lucidité aussi dans ce Journal et même parfois de la cruauté. Renard est méchant quand il s'y met..
Jean-Louis Trintignant: Il a cet esprit à la fois cynique et tendre, acide et poétique. Il écrit par exemple: " Je connais des femmes laides qui sont quand même enceintes", c'est très méchant. Ou encore: "Un coyant en train de se noyer, s'il joint les mains pour prier, il coule". Mais il écrit avec une grande lucidité et en toute franchise ce qui est rare. C'est peut-être un signe de vieillissement, mais je trouve qu'on vit une époque où le mensonge est partout. Tout le monde ment, c'est devenu la chose la plus naturelle du monde. Cela dit le Journal de Jules Renard ne contient pas que des traits brillants ou spirituels. Il y a ce passage où il raconte le suicide de son père, et là ce n'est pas drôle du tout. Mais c'est écrit avec une simplicité, une vigueur telle que j'ai eu envie de rendre compte de cela sur scène. Tenez, encore un mot, sachant qu'il savait qu'il n'en avait plus pour longtemps à vivre - il est mort à 46 ans-, on a demandé à Jules Renard s'il désirait que l'on dise quelque chose à son enterrement, c'est une époque où l'on faisait beaucoup de discours. Il a rétorqué: " Parlez si vous voulez, moi je ne vous répondrai pas". C'est drôle et en même temps c'est tragique, c'est la mort.

(Interview accordée à l'occasion de la lecture du Journal de Jules Renard au Théâtre du Rond-Point du 14 mars au 19 avril 2008, publiée par www.visiteursdusoir.com)

dimanche 8 janvier 2012

Jules Renard vu par Jean-Louis Trintignant 1/2

Cela fait-il longtemps que vous pratiquez le Journal de Jules Renard?
Jean-Louis Trintignant: Oui, on peut le dire. C'est un livre auquel je suis très attaché. Le genre d'ouvrage qu'on lit d'une seule traite - il y a plus de 1000 pages - Il y a dans ces notations quotidiennes de Jules Renard un humour un peu désespéré mais quand même assez tendre. Il est parfois cynique aussi. Il parle de lui, de ses rapports avec les gens, de son écriture, mais tout cela reste modeste car il a trop d'humour pour être prétentieux. le Journal, c'est un fourre-tout dans lequel on peut mettre ce qu'on veut. J'aime beaucoup cette forme littéraire parce qu'elle est très ouverte. Moi-même j'ai essayé d'écrire mon journal de 50 à 51 ans, mais ce n'était pas bien. Le Journal de Jules Renard a été publié après sa mort. C'est sa femme qui a apporté le manuscrit à l'éditeur, elle en avait coupé environ un tiers parce que c'étaient des passages qui lui déplaisaient.
Suite de l'interview demain.

(Interview accordée à l'occasion de la lecture donnée au Théâtre du Rond-Point du 14 mars au 19 avril 2008, publiée par www.visiteursdusoir.com).