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samedi 17 janvier 2015

Journal du 17 janvier 1908

Sur le trottoir Donnay improvise une théorie contre les scrupules de l'écrivain. Aucun mot n'est juste.  Nous voulons dire avec des mots ce que les mots ne peuvent pas exprimer, incarner l'idée dans des syllabes. Puisque c'est impossible, puisque le mot vrai n'existe pas, allons de l'avant! Moins de scrupules. Écrivons nos  à-peu-près.
- Ou n'écrivons rien, dis-je.
- Mais la vie?
- Oui, il faut vivre. Il n'y a que des raisons de profits qui puissent nous pousser à l'écrire.

samedi 7 décembre 2013

Journal du 7 décembre 1905

Sacha. hier, aux Mathurins, Nono, trois actes qui sont une révélation. C'est du Guitry accouchant lui-même d'un auteur dramatique. 
De la jeunesse, de l'esprit, de l'audace, et jamais bête. Nous étions tous ravis et frappés.
La pièce, signée d'un Capus ou d'un Donnay, nous aurait paru bien, et Sacha aura d'étonnants succès.
Quelqu'un, Sée, je crois, ayant dit: "Sacha devrait collaborer avec Renard: ça lui ferait du bien", Franc-Nohain a dodeliné de la tête et a répondu:
- Je ne crois pas.

lundi 2 décembre 2013

Journal du 2 décembre 1901

Capus a mal au bras parce qu'il n'a pas pris ce matin sa leçon d'escrime. Il n'avoue pas qu'il soit complètement chauve, mais il reconnaît qu'il a les tempes toutes blanches.
Son succès lui permet de dire, avec autorité, d'un air profond, des choses absolument insignifiantes. Il prédit à Guitry qu'il débutera par trois fours à la Comédie-Française, excepté avec Donnay.