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mercredi 11 mai 2016

Actualité littéraire

Écrire en artistes des Goncourt à Proust
Textes rassemblés et présentés par
Pierre-Jean Dufief et Gabrielle Melison-Hirchwald
Romantisme et Modernités N° 161
1 vol., 312 p., broché, 15 × 22 cm
ISBN 978-2-7453-2904-2
CHF 55 ht / 55 € ttc

vendredi 15 mai 2015

Actualité littéraire

L'intelligence des choses du Cœur. 
Essais: Deux ouvrages célèbrent l'amitié dans la vie et dans l’œuvre de Proust.
"Des amis, pas d'amitié": on connaît le mot cruel de Céleste Albaret  à propos de Marcel Proust. Proust qui avait affirmé, alors qu'il était plongé dans la Recherche: "Personne n'aimerait autant aimer d'amitié que moi, et je crois ne saurait mieux le faire." Oui, l'amitié fut bien la grande affaire de sa vie [....].
Saint-Loup, de Philippe Berthier, Éditions de Fallois, 192 p., 20 €.
Reynaldo Hahn, un éclectique en musique, collectif dirigé par Philippe Blay, Actes Sud/ Palazetto Bru Zane, 502 p., 55 €.
(Thierry Clermont, Le Figaro littéraire, jeudi 7 mai 2015, p. 6)

mardi 5 mai 2015

Actualité littéraire

Proust détective, la suite,
Pierre-Yves Leprince avait séduit de nombreux lecteurs avec Les Enquêtes de Monsieur Proust. La suite est déjà prête: Les nouvelles enquêtes de Monsieur Proust paraîtront le 21 mai chez Gallimard. A Paris, en 1907, Noël travaille pour une agence de détectives. Reclus dans sa chambre, Marcel Proust, futur romancier, se distrait en élucidant les faits divers de l'époque.
(Le Figaro littéraire, jeudi 23 avril 2015, p. 5)

lundi 23 mars 2015

Actualité littéraire

À l'occasion du salon du livre de Paris, le Figaro publie un sondage demandant aux français lequel de nos écrivains, (vivants ou morts) était le plus "populaire" (échantillon 1015 personnes les 11 et 12 mars. Bien que ce sondage ne vale pas tripette, comparer Maurice Leblanc à chateaubriand n'a aucun sens, Françoise Sagan à Corneille encore moins, voici un extrait du résultat:
Alphonse Daudet: 13/34; Gustave Flaubert: 16/34 (A part Madame Bovary, et encore, qui lit Flaubert?); Voltaire (vous avez bien lu: Voltaire) 19/34; Marcel Proust: 29/34; Céline: 30/34.
Voltaire plus lu que Simenon ou San Antonio! Ne riez pas. LOL s'abstenir.
(In le Figaro littéraire, jeudi 19 mars 2015, p. 7)

mardi 2 décembre 2014

Actualité littéraire

En livre audio,
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. L'intégrale lu par: André Dussolier, Lambert Wilson, Robin Renucci, Guillaume Gallienne, Denis Podalydès, Michel Lonsdale.
Coffret de 35 CD. 128 heures d'écoute.
Éditions Thélème.  225 €

mercredi 29 octobre 2014

Intermède

Bonheur de Proust. À chaque lecture, on ne saute pas les mêmes passages.
(Roland Barthes, cité par Isabelle Rüf, Le Temps (Genève), samedi culturel, 16 août 2014, p. 36)

lundi 20 octobre 2014

Actualité littéraire

Proust écrivain de la Première Guerre mondiale, sous la direction de Philippe Chardin et Nathalie Mauriac Dyer avec la collaboration de Yuji Murakami.
192 p. 15 x 23 cm.
20 €
2014, Éditions universitaires de Dijon

vendredi 12 septembre 2014

Actualité littéraire

Le jeune homme et le peintre.
De lui, Cocteau avait dit: "Le seul portraitiste qui nous lègue les usages de son époque avec un talent pointu postimpressionniste." Lui, c'était Jacques-Émile Blanche, le peintre de la belle Époque, de ses mondaines et de ses artistes... Mais Blanche ne fut pas que cela. A jamais son nom reste lié à celui de Marcel Proust. Il a été en effet son premier portraitiste et son premier critique littéraire: Blanche était aussi doué pour la plume que pour le pinceau. [...] En 1913, Proust n'est aux yeux de tous qu'un mondain et un salonnard, méprisé par ses pairs en littérature. Du côté de chez Swann est ignoré. Blanche sera le premier à défendre le roman en prenant la plume, dans L’Écho de Paris.
C'est ce texte, ainsi que deux autres, inédits en volume, que nous retrouvons ici réunis.
Portraits de Marcel Proust en jeune homme, de Jacques-Émile Blanche, Bartillat, 128 P. 12 €.
(Thierry Clermont, Le Figaro littéraire, jeudi 4 septembre, p. 7)

lundi 16 juin 2014

Marcel Proust aux enchères

Vente Sotheby’s, Paris, 76 rue du Fg Saint-Honoré, 
19 juin 14 h 30.
Lors de laquelle seront mises en ventes des correspondances de Marcel Proust (mais aussi de son père et de sa mère) dont certaines inédites parmi lesquelles une lettre manuscrite autographe adressée à Reynaldo Hahn « à l’apogée de la passion » ou encore une autre adressée à Lucien Daudet au sujet de l’article que Proust écrivit dans l'Intransigeant à propos du livre de Lucien Daudet, Le Prince des cravates. Parmi tant d’autres…

vendredi 25 avril 2014

Jean Cocteau à propos de Marcel Proust

Extrait de l'anthologie du XXème siècle par la radio, "Entretiens avec Jean Cocteau", 30 janvier 1951 (INA, France Culture).

lundi 3 mars 2014

L'art au temps de Jules Renard

Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans  la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous voyons le monde se démultiplier, et, autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition,  plus différents les uns des autres que ceux qui roulent à l'infini, et, bien des siècles après que s’est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Vermeer, nous envoient encore leur rayon spécial."
(Marcel Proust, Le temps retrouvé, Folio classique, p. 202, et cité par Claude Arnaud, Proust contre Cocteau, p. 81.)

jeudi 30 janvier 2014

La lune au temps de Jules Renard

Parfois dans le ciel de l'après-midi passait la lune blanche comme une nuée, furtive, sans éclat, comme une actrice dont ce n'est pas l'heure de jouer et qui, de la salle, en toilette de ville, regarde un moment ses camarades, s'effaçant, ne voulant pas qu'on fasse attention à elle.
(Marcel Proust, quelque part dans À la recherche du temps perdu, cité par Jean-Paul et Raphaël Enthoven, Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, P. 131)

vendredi 24 janvier 2014

La mer au temps de Jules Renard

J'avais ouvert mes rideaux dans l'impatience de savoir quelle était la Mer qui jouait ce matin-là au bord du rivage, comme une Néréide. Car chacune de ces Mers ne restait jamais plus d'un jour. Le lendemain il y en avait une autre qui parfois lui ressemblait. Mais je ne vis jamais deux fois la même.
(Marcel Proust, quelque part dans À la recherche du temps perdu, cité par Jean-Paul et Raphaël Enthoven, Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, P. 298)

lundi 23 décembre 2013

La cote de Marcel Proust au zenith

L’exemplaire Du côté de chez Swann, offert à Lucien Daudet – le premier des cinq exemplaires Grasset, 1913, sur Japon impérial - s’est vendu le 18 décembre, chez Sotheby’s : 500 000 euros.

jeudi 28 novembre 2013

La Madeleine d'or

Au menu du restaurant du Grand hôtel de Cabourg, l'heureux dîneur peut choisir comme dessert "l’intemporelle madeleine comme l'aimait Marcel Proust" (sic), 15€. Lorsque l'on sait que la madeleine n'a jamais existé et n'était qu'une modeste biscotte, on reste béât d'admiration devant la récupération culinaire de ce facétieux chef, virtuose du marketing gastronomique.
La ville de Cabourg n'est pas en reste, qui, le nom de Balbec étant en déshérence,  a pris de court d'éventuelles et passives postulantes pour s'intituler, officieusement il est vrai, Cabourg-Balbec à l'instar de sa consœur Illiers-Combray, celle-ci tout ce qu'il y a de plus officiellement.
Et cela au grand bonheur des chanceux proustiens venus assister à la remise de la Madeleine d'or, ce dernier samedi 23 novembre 2013.
Dans les salons du Grand hôtel, le Cercle littéraire de Cabourg-Balbec (sic) a remis au cours d'un dîner de gala éminemment sympathique et convivial la 7ème Madeleine d'or à Proust contre Cocteau, dernier ouvrage d'un non moins sympathique auteur, M. Claude Arnaud.
Et peu importe les approximations biographiques et littéraires, l'essentiel est que le gagnant soit la littérature, pour la grande joie des lecteurs.
Bientôt peut-être verrons-nous remettre par le maire de Barfleur, autre lieu d'accueil de Jules Renard et au nom plus poétique que Chitry-les-Mines, non pas au dernier buraliste survivant, mais au  renardien de l'année,  la Carotte de corail.
T.J.

lundi 25 novembre 2013

Les glaces au temps de Jules Renard

Mon Dieu, à l'hôtel Ritz je crains bien que vous ne trouviez des colonnes Vendôme de glace, de glace au chocolat ou à la framboise, et alors il en faut plusieurs pour que cela ait l'air de colonnes votives ou de pylônes élevés dans une allée à la gloire de la Fraîcheur. Ils font aussi des obélisques de framboise qui se dresseront de place en place dans le désert brûlant de ma soif et dont je ferai fondre le granit rose au fond de ma gorge qu'elles désaltéreront mieux que des oasis[...] Ces pics de glace du Ritz ont quelques fois l'air du mont Rose, et même, si la glace est au citron, je ne déteste pas qu'elle n'ait pas de forme monumentale, qu'elle soit irrégulière, abrupte, comme une montagne d'Elstir...
(Marcel Proust, quelque part dans À la recherche du temps perdu, cité par Jean-Paul et Raphaël Enthoven, Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, P. 271)

mercredi 6 novembre 2013

L'asperge au temps de Jules Renard

Mais mon ravissement  était devant les asperges, trempées d'outre-mer et de rose dont l'épi, finement pignoché de mauve et d'azur, se dégrade insensiblement jusqu'au pied - encore souillé pourtant du sol et de leur plant - par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s'étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d'aurore, en ces branches d'arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j'en avait mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum.
 (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie, Combray II)

mardi 29 octobre 2013

Actualité littéraire

Par quel mystère un écrivain mondain, snob, asthmatique et spécialisé dans l'exploration des sensations intimes a t-il pu devenir, en moins d'un siècle, l'objet d'un culte planétaire? Et par quel miracle une oeuvre née entre fumigations et murs de liège, dîners en ville, médisances, singularités sexuelles et cruauté sociale, " à la française" est-elle parvenue à parler, d'une même voix, au coeur d'un japonais, d'un américain, d'un iranien, d'un coréen?
Telle est bien, pourtant, la grandiose aventure de Marcel Proust qui - méconnu, illustre, adulé, commenté, psalmodié, adapté, traduit - aura, par son destin posthume, su enjamber la plupart des obstacles d'oubli ou de malentendus qui guettent les artistes disparus avant d'avoir assis leur réputation [...]
Tout individu qui, ayant sérieusement lu la Recherche, prétendra qu'il n'est pas chahuté de fond en comble devra être considéré soit comme une brute, soit comme un menteur... 
(Jean-Paul Enthoven, Le Monde hors série, Une vie, une oeuvre, Marcel Proust, novembre 2013.)

mercredi 23 octobre 2013

Actualité littéraire

Marcel Proust
Du côté de chez Swann, "Combray",  fac similé et transcription Gallimard
Tirage limité à 1200 exemplaires.
Parution 24 octobre 2013
Format: 46,5 x 32 cm

Il s'agit des premières épreuves de Du côté de chez Swann (1913), qui présentent un intérêt capital parce que les additions manuscrites, que nous donnons en fac-similé et en transcription, doublent le volume du texte initial, selon Proust lui-même. Ce livre, qui est aussi un bel objet, permet donc d'assister au travail de la création. Le volume reproduit même les « paperoles » collées à la main qui s'ajoutent aux marges, elles-mêmes couvertes de modifications manuscrites : on a ainsi des dépliants qui peuvent atteindre une vingtaine de centimètres. Le texte obtenu sera d'ailleurs encore corrigé par Proust sur des épreuves ultérieures moins spectaculaires ; il comporte donc lui-même une part d'inédit : ce qui n'a pas été retenu dans le texte définitif. Le volume se limite à la première partie de Du côté de chez Swann, « Combray », c'est-à dire l'enfance du héros. Le lecteur et le collectionneur se trouveront face à un objet tout à fait inédit : à la fois imprimé et manuscrit, avec des dimensions insolites (40 x 60 cm), puisque ce sont celles de ce qu'on appelait « placards », c'est-à-dire une feuille comportant 8 pages d'un volume futur (il y a 29 placards, soit une centaine de pages en grand format dans la première édition Grasset). On y donne aussi les additions manuscrites en reproduisant leur forme matérielle même, quelle qu'elle soit, par exemple des dépliants de surfaces et de couleurs différentes. Pour l'agrément de la lecture et la facilité de la compréhension, on trouvera aussi la transcription imprimée de toutes les additions manuscrites de Proust. Lorsque ces épreuves ne comportent pas la version définitive d'un mot ou d'une phrase (puisqu'il s'agit d'un état intermédiaire du texte), celle-ci est signalée dans la transcription (par une référence à l'édition Pléiade). C'est la première fois que ces épreuves sont publiées, à l'identique (avec toutes les additions manuscrites) et qu'une transcription en est donnée. Le volume est publié dans le cadre de la célébration par Gallimard du centenaire de la première publication de Du côté de chez Swann en 1913. Tiré à 1 200 exemplaires, tous numérotés, le volume ne sera pas réimprimé. L'ouvrage, publié en partenariat avec la Fondation Martin Bodmer, a bénéficié du mécénat de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent et du Conseil général d'Eure-et-Loir. Il s'adresse aux admirateurs de Proust, qui sont légion dans le monde entier, aux lecteurs curieux de découvrir la création en devenir, aux collectionneurs, de même qu'aux érudits spécialistes de l'étude des manuscrits et aux institutions. L'édition (introduction et transcription) est assurée par Charles Méla, professeur à l'Université de Genève et directeur de la Fondation Bodmer qui possède ce précieux document.

lundi 9 septembre 2013

Les odeurs au temps de Jules Renard

Le beau temps, cette nuit-là, fit un bond en avant, comme un thermomètre monte à la chaleur. Quand je m'éveillai, de mon lit par ces matins tôt levés du printemps, j'entendais les tramways cheminer, à travers les parfums, dans l'air auquel la chaleur se mélangeait de plus en plus jusqu'à ce qu'il arrivât à la solidification et à la densité de midi. Plus frais au contraire dans ma chambre, quand l'air onctueux avait achever d'y vernir et d'y isoler l'odeur du lavabo, l'odeur de l'armoire, l'odeur du canapé, rien qu'à la netteté avec laquelle, verticales et debout, elles se tenaient en tranches superposées et distinctes, dans un clair-obscur nacré qui ajoutait un glacé plus doux au reflet des rideaux et des fauteuils de satin bleu, je me voyais, non par un simple caprice de mon imagination, mais parce que c'était effectivement possible, suivant dans quelque quartier neuf de la banlieue, pareil à celui où à Balbec habitait Bloch, les rue aveuglées de soleil et voyant non les fades boucheries et la blanche pierre de taille, mais la salle à manger où je pourrais arriver tout à l'heure et les odeurs que j'y trouverais en arrivant, l'odeur du compotier de cerises et d'abricots, du cidre, du fromage de gruyère, tenues en suspens dans la lumineuse congélation de l'ombre qu'elles veinent délicatement comme l'intérieur d'une agate, tandis que les portes-couteaux en verre prismatique y irisent des arcs-en-ciel ou piquent ça et là sur la toile cirée des ocellures de paon.
Comme un vent qui s'enfle par une progression régulière, j'entendis avec joie une automobile sous la fenêtre. Je sentis son odeur de pétrole. 
(Marcel Proust, La Prisonnière, Folio classique, p. 395.)