samedi 31 août 2013

Journal du 31 août 1901

Théâtre. Situation bien Dumaficelée.

Une famille d'arbres

Vente A166 Lot 600 - 21 September 2013 10:00
Les catalogues de Koller Zurich et des ventes Koller West ne sont momentanément disponibles qu'en allemand. Une traduction anglaise sera mise en ligne sous peu. Ces catalogues ne sont pas disponibles en français.
*Chavaz, Albert - Renard, Jules. Une famille d'arbres. Mit 8 kol. u. einer sign. Extrasuite von 9 (davon 1 in zwei Zuständen) Original-Aquatinten sowie 2 Original-Kupferdruckplatten von A. Chavaz. Lausanne, A. u. P. Gonin, 1984. Qu.-4°. 52 S., [2], [4] w. Bll. Lose Bogen u. Bll. sowie OKart.-Umschlag, zus. in OHPgt.-Mappe mit goldgepr. Rückentitel, Schuber. 
Eines von nur 8 mit Buchstaben bez. Exemplaren auf "japon nacré" mit einer sign. Suite u. 2 durchgestrichenen Kupferplatten (GA 160). Im Impressum vom Künstler und den Verlegern sign. - Mit einem Vorwort von Remy de Gourmont. - Die Aquatinten (19 x 27 cm) in feinsten Abdrucken mit Darstellungen von Bäumen. - Sehr schönes Exemplar in tadellosem, frischem Zustand. 

CHF 2 500.- / 4 000.- 
€ 2 080.- / 3 330.-

vendredi 30 août 2013

Journal du 30 août 1904

Je n'ai même plus envie de tuer.
Une caille, les ailes étendues sur sa demi-douzaine de petites.
Le "rollet" chante d'abord comme une perdrix rouge, mais il n'achève pas.
Un vieux chasseur d'Héry nous enseigne une caille pour nous détourner d'un lièvre.
L'étourneau perché sur le nez d'un bœuf s'y régale de pucerons.
Philippe tremble quand il me montre un lièvre au gîte. Je suis trop près. Plus loin, là.
L'ouverture, le matin. La lune était à notre gauche. C'est à sa clarté que j'ai armé mon fusil. Le soleil s'est levé; en s'y reprenant, il a bu le bain de vapeurs de la lune.

jeudi 29 août 2013

journal du 29 août 1889

Il a une grande répugnance pour tout ce qui est action banale dans la vie courante. Quand il n'a plus de timbres  et que, pris au dépourvu, il doit aller lui-même en acheter un au bureau de tabac, à côté du zinc, en face des œufs rangés qui reposent dans leur ceinture de fil de fer, c'est pour lui un grand supplice.

mercredi 28 août 2013

Journal du 28 août 1889

C'est désespérant: tout lire, et ne rien retenir! Car on ne retient rien. On a beau faire effort: tout échappe. Çà et là, quelques lambeaux demeurent, encore fragiles, comme ces flocons de fumée indiquant qu'un train a passé.

mardi 27 août 2013

Journal du 27 août 1904

- Je n'ai jamais vu un homme plus laid, me dit Marinette.
Il me demande pardon de se présenter dans cet état.
- Je suis couvert de mouches, dit-il.
Comme deux ou trois volent autour de lui, je crois qu'il a une maladie qui les attire; à la fin, j'ai compris qu'il s'agit de vésicatoires. Il m'expose son cas, et tout à coup, baisse la tête avec une affreuse grimace. Va t-il se trouver mal?
Mais il a des douleurs, la moitié du visage paralysée, et il faut que ça passe. Quand c'est passé, il reprend la parole. Il parle correctement. On voit qu'il n'a pas toujours été comme il est.
Il me raconte une histoire de bureau de tabac.
Blessé en 70 à la jambe gauche. Dans une petite boîte en carton, il a l'éclat d'obus et les drains de caoutchouc qu'on lui a mis à sa blessure. Demeure à Saint-Martin. Vient quelquefois à Chitry, chez sa sœur Marie-Louise, ancienne servante de curé, naturellement, qui lui fait bien sentir sa férule.
Il avait une recette de buraliste. Il a dû donner sa démission, victime d'un banquier qui s'amusait avec une demoiselle des Postes, jolie fille. Les yeux du bonhomme clignent de gloutonnerie.

lundi 26 août 2013

Journal du 26 août 1908

Je n'ai jamais pu me retenir de sauver une mouche prise dans une toile d'araignée.

Chateau de Villebon samedi 14 septembre

Le Château de Villebon accueillera dans sa cour, le samedi 14 septembre 2013 à 19h, une représentation exceptionnelle de la pièce de Jean Cocteau « L’aigle à 2 têtes ».
Places à 12€, demi-tarif pour les moins de 12 ans.
Renseignements sur le site du château et réservation sur le site de la compagnie théâtrale ou au 06 60 81 72 79.
Le Château de Villebon est situé à proximité d'Illiers-Combray près de Chartres.
C'est une occasion rare de visiter à Illiers la maison de la tante Léonie, ensuite le Château de Villebon pour terminer à 19h par la pièce de Jean Cocteau.

samedi 24 août 2013

Journal du 24 août 1889

Les écrivains qui n'aiment pas Victor Hugo me sont ennuyeux à lire, même quand ils n'en parlent pas.

vendredi 23 août 2013

mercredi 21 août 2013

Journal du 21 août 1905

Mougneau. Sa joie de déterrer, dans les cendres de sa maison, un vieux fer, un outil pas brûlé. Il n'a jamais eu de pareilles joies quand il l'habitait.

mardi 20 août 2013

Journal du 20 août 1889

Lu le Portier des chartreux. L'homme a besoin, parfois, de se vautrer comme un porc dans ces saletés bêtement écrites et physiologiquement ineptes.

lundi 19 août 2013

Journal du 19 août 1890

Trézenick tient beaucoup à faire ressortir que, si le Roquet prend ce que je lui envoie, c'est parce que cela n'est pas payé.

Hiramatsu

Au musée des impressionnistes de Giverny, vous pouvez voir jusqu'au 31 octobre la magnifique exposition 

HIRAMATSU
Le bassin aux nymphéas
Hommage à Claude Monet 
L'exposition réunit une trentaine d’œuvres du peintre japonais, Hiramatsu reiji (né à Tokyo en 1941), présentées pour la première fois en France et est complétée par une large sélection d'estampes japonaises de la collection Claude Monet et d’œuvres du maître de l'impressionnisme.
(L'achat d'un billet couplé avec la visite les jardins de Claude Monet permet d'entrer dans les jardins sans faire la queue.)
T.J.

dimanche 18 août 2013

Journal du 18 août 1893

Pourquoi nous lirions-nous entre jeunes? Nous n'avons rien à apprendre les uns des autres. Nous n'avons qu'à nous admirer de confiance, sans réserve.

samedi 17 août 2013

Journal du 17 août 1903

Le seul homme de Chitry qui veuille bien casser des pierres à la tâche. Trois ou quatre coups de masse sur celle qui est sous son sabot ne l'entament pas.
- Il y en a qui sont "malines" dit-il.
- Oui, mais vous êtes aussi malin qu'elles.
- Je suis malin, mais dans un autre sens.
- Vous avez pourtant une bonne réputation.
- Je me fâche souvent contre les pierres qui me résistent. Je crie tout haut. Ça me donne de la force, et je les réduis en poussière.

vendredi 16 août 2013

Journal du 16 août 1900

Dépêche du ministre Georges Leygues à Edmond Rostand, 13 août 1900, "M. Edmond Rostand, homme de lettres, 29 rue Alphonse de Neuville. Cher monsieur, Jules Renard, que vous avez bien voulu me recommander, aura sa croix. Il passera dans mon mouvement de l'exposition. Et vous, cher Monsieur, vous aurez demain la rosette d'officier de la Légion d'honneur. Je suis heureux que les hasards de la politique et de la vie me permettent de donner ce témoignage d'admiration à l'un des hommes qui honorent le plus les lettres françaises. Cordialement, vôtre. Georges Leygues."

France Culture: Le Théâtre de Jules Renard

Pour nos lecteurs qui n'ont pu écouter la conférence sur le théâtre de Jules Renard diffusée par France Culture le mercredi 14 août nous la mettons en ligne:
                        

jeudi 15 août 2013

Journal du 15 août 1894

Sur la plage, deux petits bonhommes se disputent une bêche. Ils la serrent de leur quatre mains et cherchent à se l’arracher. Ils vont se battre, mais, de force égale, ils se défient. Enfin, ils se décident à bêcher ensemble en tenant tous les deux la bêche, sans la lâcher.

mercredi 14 août 2013

Journal du 14 août 2013

La lune allonge sur la mer l'ombre des maisons. L'écume des vagues se brise aux dents de l'ombre. Le coup d'éventail lumineux d'un phare tournant.

Le théâtre de Jules Renard

France culture diffusera  ce soir mercredi 14 août à 21 heures:
Le Théâtre de Jules Renard, par Francis Ambrière. Retransmission d'une conférence donnée dans le cadre de l'université des annales. Une première diffusion fut donnée le 25 Février 1957.

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Édit:  Vous pouvez réécouter l'émission ici : Le théâtre de Jules Renard

mardi 13 août 2013

Journal du 13 août 1904

Maman. Une grande comédienne à qui la vie n'a donné à jouer que des pannes. Baissée dans le jardin, elle nous aperçoit, et reste baissée, et prépare en dessous ses lamentations.

lundi 12 août 2013

Journal du 12 août 1888

Au Grand Bois, après déjeuner. Assis sur un pin au-dessus d'un ruisseau qui court dans une écorce. Des bouteilles se rafraîchissent dans l'eau. Des brindilles s'y trempent, comme ayant soif. L'eau se précipite, blanche avec des flaques claires, glaciales, qui font presque mal à force de fraicheur. Mon gros bébé se penche sur mon épaule pour voir ce que j'écris. Je l'embrasse, et c'est délicieux.

dimanche 11 août 2013

Journal du 11 août 1897

- On a huit jours pour répondre à une lettre.
- Oh! pas quand cette lettre est une demande d'argent.

samedi 10 août 2013

Journal du 10 août 1904

Leurs âmes noires comme des puits. Quand c'est bien calme, on voit une étoile au fond: c'est rare.

vendredi 9 août 2013

Journal du 9 août 1902

Cousine Nanette, toujours en ébullition. Nous affectons de ne pas nous saluer, et de nous parler sèchement. 
Elle m'appelle "monsieur".
- Faut-il qu'il vous dise "madame"? demande Marinette.
- Mais je suis une dame! dit-elle.
- Elle a raison, dis-je, de m'appeler "monsieur". Elle devrait même m’appeler "monsieur le Président" comme elle a fait l'autre jour, à cause de ma décoration, disait-elle, qu'elle trouve jolie. Et il faut qu'elle en prenne l'habitude et qu'elle la garde.
Mon ton de voix l'inquiète.
- Comme on se parle! dit-elle à une femme qui est là. On croirait que nous sommes fâchés.
- Nous n'en sommes pas si loin, dis-je en m'éloignant;
Mais elle bout: c'est peut-être moi qui ai dit à M. Combes de chasser les deux sœurs de Chitry.

mardi 6 août 2013

Journal du 6 août 1904

Il faut entendre maman parler du "vice"!
- J'ai eu mes défauts, j'en ai encore, mais j'ai toujours eu le droit de marcher la tête haute.
Oui, mais papa cocu aurait peut-être été plus heureux.

lundi 5 août 2013

Journal du 5 octobre 1895

Le matin au travail. Brumes d'abord, quelquefois impénétrables. Et, peu à peu, il fait clair. C'est comme un petit soleil qui s'élève lentement dans le cerveau.

Journal du 5 août 1899

Monsieur le curé est venu me voir. Je me suis dit: "Il ne va toujours pas me manger!" Maigre, vouté, minable. Un accent de terroir. On sent tout de suite l'ennemi borné. Il accorde qu'on puisse avoir des qualités sans aller à la messe, qu'on peut être entre Dieu et le diable, mais tout de suite:
- L'épreuve ramène à Dieu. On en est quitte pour prier pour les égarés. Rien n'empêche de les voir.
Il parle de sa conscience comme d'un rond de cuir où il serait solidement assis. Je voudrais lui tendre la main, mais j'y sens du plomb. Il vient me voir parce qu'un curé doit voir tout le monde, et il me fait l'éloge de ma mère: il tombe bien!
Un front étroit, comme martelé sur l'enclume de la foi.
Il trouve que les paysans ne travaillent pas.
- Ils n'en sont pas plus heureux, dis-je.
Sa soutane, luisante, ressemble un peu à une peau de serpent par endroits trop large.

dimanche 4 août 2013

Journal du 4 août 1887

Entre Ronsard et André Chénier (et encore, André Chénier!...) on cherche en vain un poète. Je ne dis pas: un rimeur, un versificateur, un aligneur de mots, mais un poète. Pas un! appelons poésie une création par l'image et le rêve.

samedi 3 août 2013

vendredi 2 août 2013

Journal du 2 août 1893

Il me dit:
- Ah! monsieur, j'ai connu un homme rouge, rouge, presque aussi rouge que vous!

jeudi 1 août 2013

Journal du 1er août 1889

Boulouloum, tu te diras bien des fois: " Il me semble que je fais faire un auteur étonnant."Il n'y a que ce qu'on fait qui n'est jamais étonnant.

Actualité renardienne

France culture diffusera le mercredi 14 août à 21 heures:
Le théâtre de Jules Renard, par Francis Ambrière, conférence donnée dans le cadre de l'université des annales, première diffusion sur la chaîne nationale le 25 Février 1957.
Que devient-on et qui devient-on lorsque l’on est né des amours sans amour d’un père voltairien et anticlérical et d’une mère bigote, très influencée par les prêtres et très peu maternelle (en tout cas avec l’enfant que vous êtes) ? Souhaite-t-on atteindre la gloire-fût-elle un deuil éclatant…etc…comme chacun sait- pour ne plus se sentir blessé, une fois devenu adulte, par une mère encore jugée toxique ?
Oui, que devient-on ? Écrivain, par exemple ? Et l’on écrit Poil de carotte ? Et l’on ne veut pas être un écrivain « parfait », parce que l’on juge le parfait toujours un peu médiocre ? Et alors on se dit que l’on est un écrivain que « seul le goût de la perfection empêche d’être grand » ?
Nous, plus d’un siècle plus tard, nous savons que Jules Renard est un « grand » écrivain, et pas seulement par son Journal.

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Édit:  Vous pouvez réécouter l'émission ici : Le théâtre de Jules Renard