lundi 16 juillet 2012

Mélanges

Sans doute le snobisme, qui fait paraître raisonnable tout ce qu'il touche, n'a pas encore atteint (pour les Français du moins), et par là  préservé du ridicule, ces promenades esthétiques. Dites que vous allez à Bayreuth entendre un opéra de Wagner, à Amsterdam visiter une exposition de primitifs flamands, on regrettera de ne pouvoir vous accompagner. Mais si vous avouez que vous allez voir, à la pointe du Raz, une tempête, en Normandie, les pommiers en fleurs, à Amiens, une statue aimée de Ruskin, on ne pourra s'empêcher de sourire. Je n'en espère pas moins que vous irez à Amiens après m'avoir lu.
(Marcel Proust, Pastiches et mélanges, Mélanges, Pléiade, p. 71.)

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